Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600506

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600506
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCORTÉS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, était saisi d’une demande de liquidation d’astreinte pour inexécution d’une ordonnance du 12 juin 2025 enjoignant à la préfète de l’Isère de préciser les modalités du parcours de sortie de prostitution de Mme C.... Le juge des référés a constaté que la préfète avait, avant même l’ordonnance, défini ces modalités pour six mois, puis les avait renouvelées, sans en informer le tribunal. En application de l’article L. 911-7 du code de justice administrative, il a estimé qu’il n’y avait pas lieu de liquider l’astreinte, l’injonction ayant été exécutée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2505146 du 12 juin 2025, le juge des référés a enjoint à la préfète de l'Isère de préciser les modalités du parcours de sortie de prostitution de Mme A... D... C... dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification de cette ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Une nouvelle procédure a été ouverte le 19 janvier 2026 sous le n° 2600506 aux fins de vérifier l’exécution de cette ordonnance.

Vu :
la décision du président du tribunal désignant M. B..., magistrat honoraire, comme juge des référés ;
l’ordonnance n° 2505146 du 12 juin 2025;
les autres pièces du dossier ;
le code de justice administrative.


Les parties, régulièrement convoquées à l’audience publique du 5 février 2026 à 10 heures 10, ne s’y sont pas présentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 911-7 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. (…) Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ».

Par une ordonnance n° 2505146 du 12 juin 2025, le juge des référés avait enjoint à la préfète de l'Isère de préciser les modalités du parcours de sortie de prostitution de Mme C... sous quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Le 2 juin 2025, la préfète de l'Isère avait précisé les modalités de sortie du parcours de prostitution de Mme C... pour une durée de six mois, sans porter cette décision à la connaissance du tribunal. Elle a renouvelé cette décision le 16 décembre 2025. Dès lors, il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte fixée par l’ordonnance n° 2505146.


O R D O N N E


Article 1er :
Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2505146.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D... C..., à Me Cortés et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.




Fait à Grenoble, le 5 février 2026.



Le juge des référés,

C. B...
Le greffier,

G. Morand



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.