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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2600619

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600619

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600619
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGAYET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de M. A... concernant le refus implicite de la commission de médiation de l'Isère de reconnaître sa demande de logement comme prioritaire et urgente. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le requérant n'établissant pas le caractère inadapté de son logement actuel pour son épouse handicapée, desservi par un ascenseur. La décision s'appuie sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative. M. A... a néanmoins été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 janvier 2026 et le 17 février 2026, M. B... A... , représenté par Me Gayet, demande au juge des référés :

1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite du 19 septembre 2025 par laquelle la commission de médiation de l’Isère a refusé de reconnaitre comme prioritaire et urgente sa demande de logement et la décision implicite du 21 décembre 2025 par laquelle la commission de médication a rejeté sa demande de communication de motifs, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

3°) d’enjoindre à la commission de médiation de réexaminer sa demande de logement dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :
la condition d’urgence est remplie dès lors que son logement actuel est inadapté au handicap de son épouse ;
la décision implicite est illégale en l’absence de réponse de l’administration à da demande de communication de motifs.


Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2026, la préfète de l’Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la condition d’urgence n’est pas remplie, le requérant n’établissant pas le caractère inadapté de son logement actuel.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 janvier 2026 sous le numéro 2600613 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Wyss pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 18 février 2026 à 14h30.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Grimont, greffière d’audience, ont été entendus :
le rapport de M. Wyss, juge des référés ;
les observations de Me Gayet, avocat de M. A....

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l’aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».

2. En raison de l’urgence, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) » et aux termes de l'article L. 522-1 du code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. (...) ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ».

4. Il résulte de ces dispositions que la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.

5. Il résulte de l’instruction que si l’épouse de M. A... est reconnue en situation de handicap à 80 % et ne peut monter les escaliers, leur appartement est desservi par un ascenseur. Si cet ascenseur peut tomber en panne, Mme A... n’est pas isolée et aucune précision n’est apportée sur la fréquence et la durée de ces pannes. Par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner si le requérant fait état d’un moyen sérieux, la condition d’urgence n’est pas remplie et la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.



O R D O N N E :

Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Gayet et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.


Fait à Grenoble, le 20 février 2026.


Le juge des référés,




J. P. WYSS
La greffière,




A.A. GRIMONT




La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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