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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2601448

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2601448

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2601448
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBON-JULIEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a mis fin à une suspension d'exécution d'une autorisation d'urbanisme. La société TDF avait obtenu la levée de la suspension, initialement prononcée pour vice de hauteur de clôture, après avoir régularisé ce point par un arrêté modificatif. Le juge a rejeté les autres moyens d'illégalité soulevés par un riverain, estimant qu'ils ne créaient pas un doute sérieux sur la légalité de l'autorisation, et a appliqué les articles L. 521-4 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 février et 11 mars 2026, la société TDF, représentée par Me Bon-Julien, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, de mettre fin à la mesure de suspension prononcée par l’ordonnance n° 2512135 du 22 décembre 2025.

Elle fait valoir que le vice relevé par le juge des référés a été régularisé par une déclaration préalable modificative.

Par un mémoire enregistré le 6 mars 2025, la commune d'Eloise, représentée par Me Dursent, s’associe à la demande de levée de suspension.

Par un mémoire enregistré le 10 mars 2026, Mme D... C..., représentée par Me Dermenghem, conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire de la société TDF et de la commune d’Eloise à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
l’article 1 du plan local d'urbanisme applicable en zone N est méconnu, l’implantation n’étant pas justifiée par des impératifs techniques de fonctionnement du service ;
l’article 3.4 de ce règlement relatif à l’implantation par rapport aux limites séparatives est méconnu ;
le projet n’aurait pu être autorisé qu’en étant assorti de prescriptions relatives à la période d’exécution des travaux, en application de l’article R. 111-26 du code de l'urbanisme.

Vu :
la décision de la présidente du tribunal désignant M. A..., magistrat honoraire, comme juge des référés ;
l’ordonnance n° 2512135 du 22 décembre 2025 ;
les autres pièces du dossier ;
le code de l'urbanisme ;
le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience publique du 12 mars 2026 à 10 heures 15 au cours de laquelle ont été entendus Me Bon-Julien pour la société TDF et Me Dursent pour la commune d’Eloise.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».

Par une ordonnance n° 2512135 du 22 décembre 2025, le juge des référés a suspendu l’exécution de la décision de non-opposition à déclaration préalable délivrée le 21 janvier 2025 par le maire d’Eloise à la société TDF. A la suite de la délivrance d’un arrêté de non-opposition modificatif le 9 février 2026, la société TDF demande la levée de la suspension prononcée par cette ordonnance.

La décision du juge des référés était motivée par la méconnaissance de l’article 4-3 du règlement applicable à la zone N qui limite à 1,60 mètre la hauteur des clôtures, alors que la clôture du projet avait une hauteur de 2 mètres. L’arrêté modificatif du 9 février 2026 réduisant cette hauteur à celle admise par le règlement, l’illégalité ayant motivé la suspension d’exécution a été purgée ce que, du reste, ne conteste pas Mme C....

En revanche, Mme C... persiste à soutenir que les articles 1 et 3.4 du plan local d'urbanisme applicable en zone N sont méconnus. Toutefois, ces moyens ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté du 21 janvier 2025. De même, si la requérante soutient désormais que le projet ne pouvait être autorisé sans être assorti de prescriptions relatives à la période d’exécution des travaux, en application de l’article R. 111-26 du code de l'urbanisme, ce moyen ne présente pas le caractère sérieux faisant obstacle à la demande de levée de suspension.

Dans ces conditions, il y a lieu de mettre fin à la suspension d’exécution décidée par l’ordonnance du 22 décembre 2025.

Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de Mme C... dirigées contre la société TDF et la commune d'Eloise qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance.




O R D O N N E


Article 1er :
Il est mis fin à la suspension d’exécution décidée par l’ordonnance de référé n° 2512135 du 22 décembre 2025.

Article 2 :
Les conclusions de Mme C... présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée à la société TDF, à la commune d'Eloise et à Mme D... C....
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Thonon-les-Bains.




Fait à Grenoble, le 17 mars 2026.


Le juge des référés,

C. A...
Le greffier,

M. B...



La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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