LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1803434

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1803434

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1803434
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLEDUC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 16 avril 2018 sous le n° 1803434, M. et Mme C A, représentés en dernier lieu par Me de Larminat, demandent au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des majorations correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les dépenses de travaux qu'ils ont exposées dans le cadre de l'acquisition de trois lots dans un immeuble sis au 14, rue Scribe à Nantes (Loire-Atlantique) sous le régime de la vente d'immeuble à rénover, au sens de l'article L. 262-1 du code de la construction et de l'habitation, ont la nature de dépenses exposées pour l'acquisition ou la conservation du revenu foncier au sens des dispositions du I de l'article 31 et de l'article 156 du code général des impôts, le service ne pouvant se fonder à ce titre sur les dispositions, subsidiaires, de l'article 13 du même code ; cette interprétation de la loi fiscale est au demeurant conforme à la jurisprudence ;

- l'administration fiscale ne saurait leur opposer sa propre doctrine pour fonder les impositions litigieuses ;

- ils justifient en leur principe et en leur quantum des dépenses de travaux exposées, déductibles de leur revenu global au titre des déficits fonciers ;

- ils sont fondés à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, des prises de position formelles des services des impôts aux particuliers de Montpellier 1 et de Bayonne-Adour par réponses respectives des 4 juin 2012 et 25 mars 2013 à des demandes formées par des notaires en ce qui concerne la déductibilité des sommes afférentes à des travaux réalisés dans le cadre de contrats de ventes d'immeubles à rénover.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2018, le directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

II°) Par une requête enregistrée le 19 août 2019 sous le n° 1909099, M. et Mme C A, représentés en dernier lieu par Me de Larminat, demandent au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 et des cotisations supplémentaires de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus mis à leur charge au titre de l'année 2016, ainsi que des majorations correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les dépenses de travaux qu'ils ont exposées dans le cadre de l'acquisition de trois lots dans un immeuble sis au 14, rue Scribe à Nantes (Loire-Atlantique) sous le régime de la vente d'immeuble à rénover, au sens de l'article L. 262-1 du code de la construction et de l'habitation, ont la nature de dépenses exposées pour l'acquisition ou la conservation du revenu foncier au sens des dispositions du I de l'article 31 et de l'article 156 du code général des impôts, le service ne pouvant se fonder à ce titre sur les dispositions, subsidiaires, de l'article 13 du même code ; cette interprétation de la loi fiscale est au demeurant conforme à la jurisprudence ;

- l'administration fiscale ne saurait leur opposer sa propre doctrine pour fonder les impositions litigieuses ;

- ils justifient en leur principe et en leur quantum des dépenses de travaux exposées, déductibles de leur revenu global au titre des déficits fonciers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Livenais, président-rapporteur ;

- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 1803434 et 1909099, introduites par les mêmes requérants, présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a ainsi lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

2. M. et Mme A ont acquis le 28 décembre 2012 auprès de la société Techniques et Bâtiments, dans le cadre d'une vente d'immeuble à rénover au sens de l'article L. 262-1 du code de la construction et de l'habitation, trois lots au quatrième étage d'un immeuble situé 14 rue Scribe, à Nantes, représentant 1 389 de 10 000 millièmes de la copropriété constituée par l'immeuble. Le prix total de cette acquisition se décomposait, d'une part en une somme de

121 712 euros correspondant à l'acquisition de l'existant, payée en une seule fois par les intéressés et d'autre part, en une somme de 226 038 euros correspondant à la réalisation des travaux permettant de les rendre de nouveaux propres à l'habitation. Cette dernière somme a été réglée par M. et Mme B sur le fondement d'appels de fonds successifs, d'un montant de 75 346 euros les 29 décembre 2012 et 18 décembre 2013, de

25 000 euros le 24 juillet 2014, de 28 000 euros le 6 octobre 2014 et de 15 851, 60 euros le 12 février 2015. M. et Mme A ont entendu déduire les sommes correspondant au règlement de ces appels de fonds de leurs revenus fonciers au titre des années 2013, 2014 et 2015, générant ainsi des déficits fonciers imputés sur leur revenu global, un tel déficit foncier reportable étant en outre déduit du revenu global des intéressés au titre de l'année 2016. Toutefois, l'administration fiscale, par deux propositions de rectification des 2 mai 2016 et 18 avril 2018, a remis en cause la déductibilité de ces charges et déficits fonciers du revenu global de M. et Mme A au titre, respectivement, des années 2013 et 2014 et des années 2015 et 2016, et leur a consécutivement notifié, d'une part des rehaussements d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013 et 2014 et d'autre part, des rehaussements d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016 ainsi, au titre de cette seule année 2016, que des rectifications en matière de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. L'ensemble de ces impositions supplémentaires et des majorations correspondantes ayant été maintenu par le service à l'issue de la procédure contradictoire, M. et Mme A demandent au tribunal, d'une part, aux termes de leur requête n° 1803434, la décharge des impositions supplémentaires mises à leur charge au titre des années 2013 et 2014 et d'autre part, aux termes de leur requête n° 1909099, la décharge des impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016.

Sur l'application de la loi fiscale :

3. D'une part, aux termes de l'article 13 du code général des impôts : " Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu ". Et l'article 28 du même code dispose que : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Enfin, l'article 31 du même code dispose que " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; / () / b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement () ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-1 du code de la construction et de l'habitation, relatif aux ventes d'immeubles à rénover : " Toute personne qui vend un immeuble bâti ou une partie d'immeuble bâti, à usage d'habitation ou à usage professionnel et d'habitation, ou destiné après travaux à l'un de ces usages, qui s'engage, dans un délai déterminé par le contrat, à réaliser, directement ou indirectement, des travaux sur cet immeuble ou cette partie d'immeuble et qui perçoit des sommes d'argent de l'acquéreur avant la livraison des travaux doit conclure avec l'acquéreur un contrat soumis aux dispositions du présent chapitre. / Le vendeur transfère immédiatement à l'acquéreur ses droits sur le sol ainsi que la propriété des constructions existantes. Les ouvrages à venir deviennent la propriété de l'acquéreur au fur et à mesure de leur exécution. L'acquéreur est tenu d'en payer le prix à mesure de l'avancement des travaux. / Les dispositions du présent chapitre ne s'appliquent pas aux travaux d'agrandissement ou de restructuration complète de l'immeuble, assimilables à une reconstruction. / () ".

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées du code général des impôts et du code de la construction et de l'habitation ainsi que des termes du contrat de vente d'immeuble à rénover que l'acquéreur n'acquiert un droit de propriété sur les ouvrages qu'à compter de l'achèvement des travaux y afférents. Ainsi, les travaux réalisés antérieurement au transfert de propriété doivent s'analyser comme un élément du prix d'acquisition de l'immeuble, constitutif de dépenses en capital, et non comme une dépense exposée en vue de l'acquisition ou de la conservation d'un revenu pour l'application de l'article 31 du code général des impôts. Par suite, les sommes exposées par M. et Mme A au titre des divers appels de fonds pour travaux émis par la société Techniques et Bâtiments ne peuvent être considérés comme des charges déductibles des revenus fonciers. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration fiscale, qui s'est fondée pour ce faire sur la loi fiscale et n'a pas fait application de sa propre doctrine, a remis en cause la déduction des sommes litigieuses du revenu foncier des intéressés et l'existence consécutive des déficits fonciers imputés par M. et Me A sur leur revenu imposable au titre des années 2013, 2014, 2015 et 2016.

Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :

6. Aux termes de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable :1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi () ". Seuls peuvent se prévaloir de cette disposition les contribuables qui se trouvent dans la situation de fait sur laquelle l'appréciation invoquée a été portée, ainsi que les contribuables qui ont participé à l'acte ou à l'opération qui a donné naissance à cette situation, sans que les autres contribuables ne puissent utilement invoquer une rupture à leur détriment du principe d'égalité.

7. M. et Mme B entendent se prévaloir des termes des réponses apportées, respectivement le 4 juin 2012 et le 25 mars 2013, par des agents ayant au moins de grade de contrôleur principal des services des impôts des particuliers de Montpellier 1 et de Bayonne-Adour à des demandes formées par des notaires dans le cadre de la procédure de rescrit particulier prévue par les 2° à 8° de l'article L. 80 B. Toutefois, ces réponses qui, au demeurant, ne concluent pas formellement à la déductibilité par principe des sommes versées en paiement de travaux exécutés dans le cadre d'une vente d'immeuble à rénover, ne concernent pas l'opération réalisée par M. et Mme A et n'ont pas trait à leur situation de fait, quand bien même l'administration fiscale se serait prononcée à ces occasions sur des situations analogues à la leur. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, de l'interprétation de la loi fiscale proposée par ces deux documents pour contester le bien-fondé des impositions litigieuses.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des impositions litigieuses et des majorations correspondantes des requêtes de M. et Mme A ne peuvent qu'être rejetées, ainsi par voie de conséquence que leurs demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du livre des procédures fiscales.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

Mme Rosemberg, première conseillère,

Mme Thierry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.

Le président-rapporteur,

Y. LIVENAIS

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

V. ROSEMBERG

Le greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, 1909099

lt/ell

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions