vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1805271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LANDRY |
Vu la procédure suivante :
I, Par une requête enregistrée sous le n° 1805271 le 9 juin 2018, M. B A, représenté par Me Landry, demande au Tribunal d'annuler la décision du 10 avril 2018 par laquelle le directeur général du centre hospitalier du Mans l'a suspendu à titre conservatoire de ses fonctions à effet au 11 avril 2018 pour une durée maximale de quatre mois.
Il soutient que :
- les faits de harcèlement qui lui sont reprochés relèvent de l'invention et de la dénaturation des faits ;
- l'administration a pris sa décision sans procéder à une enquête interne, sans se préoccuper de ses états de service, alors que la bonne marche du service n'était pas mise en cause, et sans disposer de preuve pour attester de la vraisemblance des plaintes de l'agent à son encontre ni établir une urgence et une gravité suffisamment caractérisées ;
- l'administration aurait pu envisager des solutions alternatives à celle mise en œuvre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2020, le centre hospitalier du Mans, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens présentés pour établir l'illégalité de sa décision de suspension n'est fondé, les faits apparaissant suffisamment fondés et graves.
Une ordonnance du 1er septembre 2020 a clos l'instruction au 1er octobre 2020 à 12h00.
II, Par une requête enregistrée sous le n° 1807893 le 23 août 2018, M. B A, représenté par Me Landry, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2018 par laquelle le directeur général du centre hospitalier du Mans a prononcé à son encontre une exclusion temporaire de fonction de neuf mois dont six mois avec sursis ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier du Mans de le réintégrer dans ses fonctions et son emploi avec reconstitution de carrière et de notation et tous les attributs s'y rapportant ou en étant l'accessoire ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Mans une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en ce que, au cours de la séance du conseil de discipline du 28 juin 2018 il a été présenté des documents à charge sans qu'ils lui aient été lus ou communiqués préalablement portant ainsi atteinte aux garanties disciplinaires et aux droits de la défense ;
- les dispositions de l'article 9 du décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ont été méconnues en ce que l'autorité disciplinaire a prononcé une sanction sans informer le conseil de discipline, lequel n'avait pas trouvé d'accord sur les propositions qui lui étaient soumises, des motifs de sa décision ;
- l'administration n'a pas motivé sa décision qui ne comporte aucun élément précis et caractérisé susceptible de constituer le fondement d'une sanction en méconnaissance de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- la décision repose sur des faits qui ne sont pas matériellement établis, et sur une appréciation erronée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2020, le centre hospitalier du Mans, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens présentés pour établir l'illégalité de sa décision de sanctionner cet agent eu égard aux faits révélés n'est fondé, les faits apparaissant suffisamment fondés et graves et la sanction restant proportionnée au regard desdits faits.
Une ordonnance du 1er septembre 2020 a clos l'instruction au 1er octobre 2020 à 12h00.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Dubus, rapporteure publique,
- et les observations de Me Klein, substituant Me Lesné, représentant le centre hospitalier du Mans.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, entré en qualité d'agent des services hospitaliers auxiliaires au centre hospitalier du Mans en 1983 a été titularisé dans le corps des aides-soignants. Il a été affecté au mois de mars 2000 au sein du centre hospitalier composée de trois agents. Par un courrier du 25 mars 2018, l'agent féminin travaillant dans le service a informé la directrice des ressources humaines que depuis son arrivée au sein elle était victime de propos déplacés de la part de M. A et de harcèlement moral. Au cours d'un entretien avec le directeur des ressources humaines, le 30 mars suivant, l'intéressée a expliqué subir de nombreux propos inappropriés, dévalorisants et sexistes de la part de M. A, subir des moqueries, devoir réaliser certaines tâches seules sans l'aide de ses collègues ou encore être volontairement écartée de certaines missions. Elle a également précisé se sentir menacée physiquement par l'intéressé. Par une décision du 10 avril 2018, M. A a été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée maximale de quatre mois. La direction de l'établissement a saisi le conseil de discipline d'une demande de mise à la retraite d'office de M. A. A l'issue de sa séance du 11 juin 2018, le conseil de discipline a demandé qu'une enquête complémentaire soit menée et, au terme d'une seconde réunion le 28 juin 2018, n'est pas parvenu à trouver un accord sur une sanction. Par une décision du 29 juin 2018 le directeur du centre hospitalier du Mans a infligé à M. A une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de neuf mois dont six mois avec sursis. Par les présentes requêtes, M. A demande l'annulation des décisions du 10 avril 2018 le suspendant de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée maximale de quatre mois et du 29 juin 2018 portant sanction d'exclusion temporaire de fonctions de neuf mois dont six mois avec sursis.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°1805271 et n° 1807893, présentées pour M. A, concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 avril 2018 :
3. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. () ".
4. En premier lieu, les décisions de suspension prononcées, sur le fondement des dispositions précitées, sont des mesures conservatoires, prises dans le souci de préserver le bon fonctionnement du service public hospitalier. Eu égard aux buts ainsi poursuivis cette suspension ne revêt pas le caractère d'une mesure prise en considération de la personne au sens des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la mesure qu'il attaque aurait dû être précédée d'une procédure contradictoire, notamment d'une enquête interne visant à établir la réalité des faits et les risques pour le bon fonctionnement du service dès ce stade de la procédure.
5. En deuxième lieu, la suspension prise sur le fondement des dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 peut être prononcée lorsque les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité. Eu égard à la nature de l'acte de suspension prévu par ces mêmes dispositions et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition de légalité tenant au caractère vraisemblable de certains faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.
6. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 25 mars 2018, l'agent féminin travaillant dans le service a informé la directrice des ressources humaines que depuis son arrivée elle était victime de propos déplacés de la part de M. A et de harcèlement moral. Au cours d'un entretien avec le directeur des ressources humaines le 30 mars suivant, l'intéressée a expliqué subir de nombreux propos inappropriés, dévalorisants et sexistes de la part de M. A, subir des moqueries, devoir réaliser certaines tâches seules sans l'aide de ses collègues ou encore être volontairement écartée de certaines missions et, dans toutes ces hypothèses, a cité des faits concrets et circonstanciés comme le rapporte son audition du 30 mars 2018 par sa hiérarchie. Elle a également précisé se sentir menacée physiquement par l'intéressé en lui prêtant des propos selon lesquels il pourrait devenir violent à son encontre et s'en prendre à son intégrité physique. Par ailleurs, si M. A soutient que la mesure contestée n'était pas justifiée par une situation d'urgence, la continuité du service n'étant pas menacée, une telle condition n'est pas prévue par les dispositions précitées. Dans ces conditions, le directeur du centre hospitalier du Mans a pu, à bon droit, en l'état des éléments portés alors à sa connaissance, estimer que les faits imputés à M. A revêtaient, à cette date, un caractère suffisant de gravité et de vraisemblance justifiant la mesure conservatoire de suspension en litige dans l'intérêt du service eu égard au risque de recours à la violence ci-dessus évoqués. Enfin, la circonstance que le directeur du centre hospitalier n'a pas envisagé une solution alternative à la décision de suspension, comme une autre organisation du service ou une nouvelle affectation des agents, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 10 avril 2018 le suspendant à titre conservatoire de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 29 juin 2018 :
8. L'article 2 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière dispose que :
" Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline quinze jours au moins avant la date de la réunion de ce conseil, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Il peut, devant le conseil de discipline, présenter des observations écrites ou
orales, citer des témoins et se faire assister par un ou plusieurs défenseurs de son choix ".
9. En premier lieu, il ressort du compte rendu de la séance du 28 juin 2018, que l'agent qui s'était plainte de harcèlement de la part de l'intéressé, entendue en qualité de témoin par le conseil de discipline, a été invitée non pas à communiquer les impressions des textos échangés avec une de ses collègues mais seulement à en lire les passages qu'elle a estimé être importants pour l'affaire alors que le requérant était présent lors de cette audition et qu'il a pu longuement apporter ses observations à la suite de la lecture des échanges de textos et interroger leur destinataire par la suite. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la sanction aurait été prise à la suite d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire, doit être écarté.
10. En deuxième lieu, la décision contestée du 29 juin 2018 vise
les dispositions législatives et règlementaires applicables à la situation du requérant.
De plus, la sanction contestée vise les pièces et témoignages ayant conduit à l'engagement
d'une procédure disciplinaire et notamment le courrier de dénonciation de l'agent concernée le 25 mars 2018, son témoignage du 30 mars 2018 ainsi que les avis recueillis dans le cadre de l'enquête administrative. Par ailleurs, la décision mentionne que la sanction en litige est fondée sur les comportements apparentés à des agissements sexistes, à du harcèlement sexuel et moral ainsi qu'aux pratiques non conformes aux obligations de travail de M. A. Eu égard au caractère détaillé du procès-verbal du conseil de discipline dont l'intéressé a effectivement eu copie et auquel renvoie la décision en litige, l'intéressé a été à même de comprendre les circonstances de droit et de fait à l'origine de sa sanction. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée ne peut donc être qu'écarté.
11. En troisième lieu, l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 dispose que " Si aucune des propositions soumises au conseil de discipline n'obtient l'accord de la majorité des membres présents, son président en informe l'autorité ayant pouvoir disciplinaire. Si cette autorité prononce une sanction, elle doit informer le conseil des motifs qui l'ont conduite à prononcer celle-ci ".
12. En l'espèce, lors de sa séance du 28 juin 2018, les membres du conseil de discipline ne sont pas parvenus à obtenir une majorité des voix sur l'une des sanctions mises aux voix. Malgré cet avis et l'absence de majorité recueillie, le centre hospitalier du Mans a prononcé
à l'encontre de M. A une sanction d'exclusion temporaire des fonctions. Si l'autorité disciplinaire n'a effectivement pas informé les membres du conseil de discipline des motifs l'ayant conduit au prononcé de cette sanction, il ressort des pièces du dossier qu'il a cependant, informé l'ensemble des membres du conseil de discipline du choix de la sanction prononcée à l'encontre de l'intéressé. Au demeurant, la méconnaissance des dispositions de l'article 9 précité intervenant après le prononcé de la sanction litigieuse, n'a pu avoir d'incidence sur le choix de la sanction et n'a pas privé le requérant d'une garantie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 ter de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les faits : a) Soit de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante ; b) Soit assimilés au harcèlement sexuel, consistant en toute forme de pression grave, même non répétée, exercée dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers. " () Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou enjoint de procéder aux faits de harcèlement sexuel mentionnés aux trois premiers alinéas. ". Il résulte de cette disposition que des propos, ou des comportements à connotation sexuelle, répétés ou même, lorsqu'ils atteignent un certain degré de gravité, non répétés, tenus dans le cadre ou à l'occasion du service, non désirés par celui ou celle qui en est le destinataire et ayant pour objet ou pour effet soit de porter atteinte à sa dignité, soit, notamment lorsqu'ils sont le fait d'un supérieur hiérarchique ou d'une personne qu'elle pense susceptible d'avoir une influence sur ses conditions de travail ou le déroulement de sa carrière, de créer à l'encontre de la victime, une situation intimidante, hostile ou offensante sont constitutifs de harcèlement sexuel et, comme tels, passibles d'une sanction disciplinaire. Aux termes de l'article 25 de la même loi, alors en vigueur : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. () Le fonctionnaire traite de façon égale toutes les personnes et respecte leur liberté de conscience et leur dignité. "
14. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
15. Pour prononcer la sanction disciplinaire contestée, le centre hospitalier du Mans a considéré que M. A avait effectivement eu des comportements apparentés à des agissements sexistes, à du harcèlement sexuel et moral et s'était aussi livré à des pratiques non conformes aux obligations de travail. Il ressort des pièces du dossier que l'agent féminin a été en congé de maladie pour syndrome anxio-dépressif lié à du harcèlement au travail depuis le 3 mars 2018 jusqu'à la fin du mois décembre 2018 avec de courtes périodes de reprises, ce qui n'accrédite pas les allégations du requérant quant à la volonté de la victime de monter des accusations mensongères à son encontre pour pouvoir obtenir un poste à temps plein et chercher à l'évincer du service alors qu'un poste à temps complet pouvait être créé par la fusion du temps partiel de l'agent féminin et d'un autre temps partiel vacant au moment des faits. En outre, le témoignage, au cours du conseil de discipline, d'une autre collègue travaillant au brancardage confirme que l'intéressé est adepte des plaisanteries à tout le moins graveleuses et a été entendu proférer à plusieurs reprises des propos dévalorisant et très vulgaires envers les femmes en général et l'agent concernée en particulier. Par ailleurs, le témoignage d'une aide-soignante confirme le comportement peu respectueux de l'intéressé envers les femmes accréditant aussi le fait qu'il ait tenté de cantonner l'agent féminin du service dans des tâches " de femmes ", comme le ménage. Il ressort de ce même témoignage que M. A a indiqué, de manière très grossière, dans ses discussions avec des collègues brancardiers que sa collègue n'était dotée que d'attraits physiques limités allant jusqu'à dénigrer publiquement celle-ci, alors qu'elle partait faire du sport sur sa pause déjeuner, en soutenant que ces efforts ne changeraient rien à sa silhouette désignée vulgairement comme disgracieuse. L'ensemble de ces témoignages rendent plausibles les propos tenus par le requérant à l'égard de sa collègue féminine en dehors de toute présence ou en présence de collègues qui n'ont pas souhaité témoigner ou allèguent ne plus se souvenir des propos tenus dans ces occasions, pourtant très détaillées par la victime lors de son témoignage au cours du conseil de discipline, lui-même corroboré par la confrontation entre M. A et sa victime lorsque celle-ci a évoqué l'exhibition au cours de leur service d'une photo de lui en maillot de bain quand il était jeune, mettant en valeur ses attributs sexuels que l'intéressé n'a pas voulu produire en cours de séance bien qu'il la conserve dans son portefeuille. Par ailleurs, il ressort du témoignage d'un brancardier, que M. A a téléphoné au domicile de l'agent féminin pour l'accuser de ne pas bien faire son travail et que par des facilités accordées par les brancardiers, il avait l'habitude de se faire faire véhiculer gratuitement y compris pour ramener du matériel à son domicile. Si M. A produit une pétition de soutien qui a circulé le 12 avril 2018, il est établi par les témoignages précités que l'ancienneté du requérant dans le service lui permettait de disposer de tout un réseau de relations disposées à l'appuyer. Ainsi les témoignages de collègues ou de relations extérieures parmi les fonctionnaires de police, les sociétés funéraires ou les thanatopracteurs, produits en nombre, ne se rapportent jamais au comportement de M. A en présence de la victime. A l'inverse, il ressort des pièces du dossier que le requérant, du fait notamment de son ancienneté, a pu bénéficié de soutiens ainsi que le montre le fait qu'au cours des débats du conseil de discipline du 28 juin 2018 il a été rapporté qu'un représentant du personnel avait suggéré, entre les deux séances dudit conseil de discipline, à un agent de reconsidérer son témoignage à charge contre M. A. Par suite, en estimant que ces faits reprochés au requérant étaient établis et constituaient des fautes de nature à justifier une sanction, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire n'a pas entaché sa décision d'erreur de fait et ne les a pas inexactement qualifiés. Eu égard à la nature de ces faits, l'autorité disciplinaire n'a pas, en l'espèce, pris une sanction disproportionnée.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 29 juin 2018 prononçant à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonction d'une durée de neuf mois dont six mois avec sursis doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier du Mans de le réintégrer dans ses fonctions et son emploi avec reconstitution de carrière et de notation et tous les attributs s'y rapportant ou en étant l'accessoire, doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier du Mans, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. A de la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il convient de mettre à la charge de M. A la somme globale de 1 000 euros à verser au centre hospitalier du Mans au titre de ces mêmes dispositions au titre des deux instances.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : M. A versera la somme globale de 1 000 (mille) euros au centre hospitalier du Mans au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des deux instances.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier du Mans.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Beaufumé, première conseillère.
Rendu publique par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
Le rapporteur,
B. C
La présidente,
M. D
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1805271, 1807893
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026