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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1806317

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1806317

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1806317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12eme chambre
Avocat requérantSCP CADORET-TOUSSAINT DENIS SAINT NAZAIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 juillet 2018, 29 octobre 2018 et 12 mai 2021, Mme B A, représentée par Me Bailleux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions implicites de rejet résultant du silence gardé par la commune de Piriac-sur-Mer sur ses demandes tendant, d'une part, à ce que la commune lui remette une attestation de prise en charge des frais médicaux liés à sa maladie imputable au service, et d'autre part, à ce qu'elle prenne les mesures nécessaires à la régularisation de sa carrière ;

2°) d'enjoindre à la commune, d'une part, de prendre une nouvelle décision aux fins de prise en charge des frais médicaux, et d'autre part, de régulariser sa carrière dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner la commune de Piriac-sur-Mer à lui verser, d'une part, la somme de 646,59 euros en réparation du préjudice matériel qu'elle estime avoir subi en raison du défaut de prise en charge de ses frais médicaux, et d'autre part, la somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral qu'elle estime avoir subi du fait de la résistance abusive de la commune à régulariser sa situation ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Piriac-sur-Mer le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande tendant à la régularisation de sa carrière a été satisfaite ;

- la commune, qui a reconnu l'imputabilité au service de sa maladie par un arrêté du 20 mai 2014, était tenue de lui délivrer une attestation de prise en charge de ses frais médicaux au titre de la maladie professionnelle ;

- elle sollicite le remboursement des frais restés à sa charge au titre des consultations médicales liées à sa maladie imputable au service ;

- le retard mis par la commune à régulariser sa situation et la résistance abusive de cette dernière lui ont causé un préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2020, la commune de Piriac-sur-Mer, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme A lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a produit un mémoire le 21 septembre 2018, qui n'a pas été communiqué, par lequel elle conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses précédentes écritures.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés, d'une part, de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune a refusé de remettre à Mme A une attestation de prise en charge des frais médicaux liés à sa maladie imputable au service sont devenues sans objet dès lors qu'elle s'est vu remettre cette attestation le 9 avril 2019, et d'autre part, de ce que les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de décision prise par la commune sur une demande d'indemnisation préalablement formée devant elle.

Par un mémoire du 22 septembre 2023, Mme A, représentée par Me Bailleux, a présenté ses observations sur ces moyens d'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cordrie,

- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,

- les observations de Me Bailleux, représentant Mme A, et celles de Me Couetoux du Tertre, substituant Me Marchand, représentant la commune de Piriac-sur-Mer.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A est éducatrice de jeunes enfants employée par commune de Piriac-sur-Mer. Le 26 avril 2013, elle a présenté une demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa maladie, à laquelle la commune a fait droit par arrêté du 20 mai 2014, fixant le début de la maladie imputable au service au 10 octobre 2012. La commune n'ayant pas, à la suite de cette reconnaissance, transmis à Mme A d'attestation de prise en charge des frais médicaux liés à sa maladie imputable au service, Mme A, par courrier du 16 mars 2018 reçu par la commune le 20 mars 2018, a sollicité la délivrance de cette attestation. Par ce même courrier, Mme A a également mis en demeure la commune de prendre les actes de gestion nécessaires pour régulariser sa situation administrative et financière au regard des dispositions statutaires régissant le cadre d'emplois des éducateurs de jeunes enfants. Le silence gardé par la commune sur ces demandes a fait naître deux décisions implicites de rejet dont Mme A a demandé l'annulation. Elle demande également l'indemnisation de ses préjudices matériel et moral.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de régularisation de la carrière de Mme A :

2. Dans son mémoire enregistré le 12 mai 2021, Mme A a indiqué qu'elle considérait sa demande de régularisation de sa carrière comme satisfaite. Ce faisant, la requérante doit être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant cette demande. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de délivrance d'une attestation de prise en charge des frais médicaux :

3. Il ressort du mémoire produit par Mme A le 12 mai 2021 que la commune de Piriac-sur-Mer lui a transmis, le 9 avril 2019, postérieurement à l'introduction de la requête, une attestation de prise en charge des frais médicaux liés à sa maladie imputable au service mentionnant le 10 octobre 2012 comme date de début de cette maladie. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune a refusé de lui délivrer cette attestation sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".

5. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a présenté à la commune de Piriac-sur-Mer aucune demande indemnitaire préalable. En particulier, son courrier du 16 mars 2018, dans lequel elle s'est bornée à mettre en demeure la commune de lui délivrer une attestation de prise en charge de ses frais médicaux et de régulariser sa situation administrative et financière, ne saurait être regardé comme une demande à caractère indemnitaire. Par suite, si Mme A est fondée, dès lors que sa maladie a été reconnue imputable au service par arrêté du 20 mai 2014, à obtenir le remboursement des sommes déjà exposées du fait de cette maladie et restées à sa charge, les conclusions indemnitaires présentées dans le cadre de la présente instance sont irrecevables, le contentieux n'étant pas lié. Elles ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

6. Le présent jugement n'appelant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de la commune de Piriac-sur-Mer le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

8. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à la charge de Mme A une somme au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte à Mme A du désistement de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune de Piriac-sur-Mer a refusé de procéder à la régularisation de sa carrière.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune de Piriac-sur-Mer a refusé de délivrer à Mme A une attestation de prise en charge des frais médicaux liés à sa maladie imputable au service.

Article 3 : La commune de Piriac-sur-Mer versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Piriac-sur Mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Piriac-sur-Mer.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Gourmelon, présidente,

Mme Milin, première conseillère,

M. Cordrie, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

Le rapporteur,

A. CORDRIE

La présidente,

V. GOURMELONLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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