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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1807403

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1807403

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1807403
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantATLANTIC JURIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 3 août 2018, sous le n° 1807403, M. C D et M. B E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Commequiers a rejeté leur recours gracieux formé contre l'arrêté du 5 février 2018 autorisant la société JFV 85 à construire une serre de production de 31 840 m² sur les parcelles cadastrées A 1880, A 1882, A 1888, A 1889, A 1895, A 1911, A 428, A 430, A 438, A 439, A 440, A 441, A 442, A 445 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Commequiers une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est intervenu en méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;

- il est intervenu en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-26 de ce code ;

- il méconnait l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article A4 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A6 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A11 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A12 de ce règlement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, la commune de Commequiers, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, la société JFV du 85, représentée par Me Contant, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 3 août 2018, sous le n° 1807404, M. C D et M. B E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Commequiers a rejeté leur recours gracieux formé contre l'arrêté du 5 février 2018 autorisant la société Serres de Riez à construire une serre de production de 28 980 m² sur les parcelles cadastrées A 1880, A 1882, A 1888, A 1889, A 1895, A 1911, A 428, A 430, A 438, A 439, A 440, A 441, A 442, A 445 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Commequiers une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est intervenu en méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;

- il est intervenu en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-26 de ce code ;

- il méconnait l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article A4 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A6 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A11 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A12 de ce règlement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, la commune de Commequiers, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, la société Serres de Riez, représentée par Me Contant, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

III. Par une requête enregistrée le 3 août 2018, sous le n° 1807405, M. C D et M. B E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Commequiers a rejeté leur recours gracieux formé contre l'arrêté du 5 février 2018 autorisant la société Every day à construire une serre de production de 30 458,65 m² sur les parcelles cadastrées A 1880, A 1882, A 1888, A 1889, A 1895, A 1911, A 428, A 430, A 438, A 439, A 440, A 441, A 442, A 445 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Commequiers une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est intervenu en méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;

- il est intervenu en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-26 de ce code ;

- il méconnait l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article A4 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A6 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A11 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A12 de ce règlement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, la commune de Commequiers, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, la société Every day, représentée par Me Contant, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

IV. Par une requête enregistrée le 3 août 2018, sous le n° 1807406, M. C D et M. B E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Commequiers a rejeté leur recours gracieux formé contre l'arrêté du 5 février 2018 autorisant la société Serres de l'Aujouère à construire une serre de production de 33 178,65 m² sur les parcelles cadastrées A 1880, A 1882, A 1888, A 1889, A 1895, A 1911, A 428, A 430, A 438, A 439, A 440, A 441, A 442, A 445 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Commequiers une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est intervenu en méconnaissance de l'article R. 123-19 du code de l'environnement ;

- il est intervenu en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 111-26 de ce code ;

- il méconnait l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article A4 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A6 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A11 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A12 de ce règlement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2021, la commune de Commequiers, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, la société Serres de l'Aujouère, représentée par Me Contant, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

V. Par une requête et des mémoires enregistrés, sous le n° 1902287, les 1er mars et 10 octobre 2019 et le 9 décembre 2021, l'association Collectif pour la tranquillité et la vie rurale, M. C D et M. B E, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Commequiers a rejeté leur recours gracieux formé contre l'arrêté du 26 octobre 2018 autorisant la SCI de l'Aujouère à construire un bâtiment comprenant des locaux sociaux et une zone de stockage, sur les parcelles cadastrées A 1880, A 1882, A 1888, A 1889, A 1895, A 1911, A 428, A 430, A 438, A 439, A 440, A 441, A 442, A 445 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Commequiers une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est intervenu en méconnaissance de l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme ;

- il est intervenu en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-8 et R. 431-10 de ce code ;

- il méconnait l'article L. 421-6 de ce code;

- il méconnait l'article R. 111-2 de ce code ;

- il méconnait le titre IV du plan local d'urbanisme, ainsi que les articles 123.1.5 et 121-1 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article A3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article A4 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A11 de ce règlement ;

- il méconnait l'article A12 de ce règlement ;

- il méconnait les articles L. 121-1-1 et L. 122-1 du code de l'environnement ;

- il méconnait l'article R. 122-8 de ce code.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2019, 16 juillet 2021, et 27 janvier 2022, la commune de Commequiers, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour l'association requérante de justifier de la capacité de son président à agir en justice en son nom, et faute pour les requérants de justifier d'un des titres mentionnés à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et d'un intérêt à agir ;

- les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code de l'environnement sont irrecevables, en vertu de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;

- les autres moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 et 23 décembre 2021, la SCI de l'Aujouère, représentée par Me Contant, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute d'une part, pour l'association requérante de justifier de la capacité de son président à agir en justice en son nom et de son intérêt à agir, et faute, d'autre part, pour les requérants de justifier d'un des titres mentionnés à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés pour les requérants ne sont pas fondés.

Vu les pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Lellouch, rapporteure publique,

- les observations de Me Diversay, avocate des requérants, celles de Me Tertrais, représentant la commune de Commequiers, et celles de Me Lebechnech, représentant les sociétés bénéficiaires des permis de construire contestés.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 1807403, 1807404, 1807405, 1807406 et 1902287 présentées pour MM. D et E et l'association Collectif pour la tranquillité et la vie rurale, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions en annulation :

2. Par quatre arrêtés du 5 février 2018, les sociétés JFV 85, Serres de Riez, Every day et Serres de l'Aujouère ont respectivement été autorisées à construire quatre serres de production de légumes hors-sol, d'environ 30 000 m² chacune, sur une quinzaine de parcelles situées au lieu-dit de l'Aujouère représentant une superficie totale de 263 058 m². Par un arrêté du 26 octobre 2018, la SCI de l'Aujouère a été autorisée à construire un bâtiment comprenant des locaux sociaux et une zone de stockage sur le même terrain d'assiette. Par les présentes requêtes, MM. D et E demandent l'annulation de ces cinq arrêtés et de la décision implicite ayant rejeté leurs recours gracieux et l'association Collectif pour la tranquillité et la vie rurale demande l'annulation de l'arrêté du 26 octobre 2018 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux.

3. En vertu de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. "

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que si le terrain d'assiette des constructions autorisées est situé à proximité immédiate du hameau de l'Aujouère, les parcelles dont M. D est propriétaire en sont séparées par une route, ainsi que plusieurs parcelles et constructions. Plusieurs parcelles et deux séries de haies arborées séparent également ce terrain de la propriété de M. E distante d'environ 200 mètres du point le plus proche du projet autorisé. Contrairement à ce qu'ils soutiennent, les intéressés ne sont, dès lors, pas fondés à se prévaloir de la qualité de voisin immédiat. Si les requérants invoquent l'impact visuel du projet sur leur propriété, le constat d'huissier qu'ils produisent au soutien de leurs écritures s'avère imprécis sur la visibilité du projet et ne permet pas de situer l'endroit à partir duquel les photographies annexées ont été prises. Il ressort, en outre, des pièces du dossier qu'un autre constat d'huissier produit en défense indique que seule la parcelle 1882 sera visible depuis la propriété de M. D, parcelle qui ne supportera pas de constructions mais uniquement des plantations de haies arbustives destinées à occulter les serres. Les requérants invoquent également les nuisances liées au trafic routier, en se bornant, toutefois, à affirmer que le projet va générer des passages de véhicules, sans apporter la moindre précision sur le trafic généré par les constructions autorisées, alors que la défense fait valoir que ce trafic sera limité et que l'accès au projet se fera par la RD 82 et n'impliquera donc pas d'emprunter la route traversant le hameau de l'Aujouère. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, MM. D et E ne peuvent être regardés comme établissant que les constructions autorisées seraient susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens et, par suite, comme justifiant d'un intérêt à agir contre les permis de construire attaqués.

6. D'autre part, conformément à l'article 2 de ses statuts, l'association requérante a pour objet social de " Promouvoir le respect des droits des riverains en termes de tranquillité et de conservation du patrimoine en milieu rural ; - Lutter contre les risques, pollutions et nuisances susceptibles d'impacter la sécurité et la santé des habitants, le cadre de vie, les espaces naturels avoisinants ou la propriété des riverains ; - Mutualiser les connaissances et les moyens de défense des intérêts collectifs et/ou individuels y compris en ayant recours aux procédures de droit ". A l'appui de sa requête, elle se borne, toutefois, à soutenir que le bâtiment autorisé par l'arrêté du 26 octobre 2018 aura nécessairement des répercussions sur la tranquillité des riverains et sur les espaces naturels avoisinants sans apporter la moindre précision sur les caractéristiques de ce bâtiment et de son lieu d'implantation. Ainsi, elle n'établit pas l'existence d'un risque d'atteinte aux intérêts qu'elle entend défendre en vertu de ses statuts. L'association requérante ne peut, dès lors, être regardée comme justifiant d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre le permis de construire attaqué.

7. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être accueillies et que les conclusions en annulation présentées pour les requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées pour les requérants sur ce fondement. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces derniers le versement à la commune de Commequiers ainsi qu'aux sociétés JFV du 85, Serres de Riez, Every day, Serres de l'Aujouère et à la SCI de l'Aujouère des sommes demandées au titre de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes présentées pour MM. D et E ainsi que l'association Collectif pour la tranquillité et la vie rurale sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées pour la commune de Commequiers ainsi que les sociétés JFV du 85, Serres de Riez, Every day, Serres de l'Aujouère et la SCI de l'Aujouère au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, représentant unique des requérants, à la commune de Commequiers, à la société JFV du 85, à la société Serres de Riez, à la société Every day, à la société Serres de l'Aujouère et à la SCI de l'Aujouère.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rouland-Boyer, présidente,

Mme Le Lay, première conseillère,

Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 juillet 2022.

La rapporteure,

Y. A

La présidente,

H. ROULAND-BOYER

La greffière,

A.-L. LE GOUALLEC

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°1807403, 1807404, 1807405, 1807406, 1902287

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