mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1810689 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | VERITE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés le 12 novembre 2018 et le 24 mai 2019, Mme B A, représentée par Me Rolland, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2018 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie " à Ballots (Mayenne) l'a reconnue apte à son poste de travail à compter du 31 octobre 2015 et l'a placée en position de maladie ordinaire du 31 octobre 2015 au 30 octobre 2016, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 22 juillet 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie " la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 22 juin 2018 est entachée d'un défaut de motivation ;
- les avis du comité médical départemental et du comité médical supérieur des 28 février et 3 mars 2018 sont insuffisamment motivés ou irréguliers dès lors qu'ils ont été rendus sans qu'il ne soit procédé à son examen médical ;
- la décision du 22 juin 2018 est entachée d'une incompétence négative ; l'administration s'est estimée liée par les avis rendus par le comité médical départemental et le comité médical supérieur.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires respectivement enregistrés le 27 février 2019 et le 17 novembre 2022, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie ", représenté par Me Vérité, conclut au rejet de la requête et demande à ce que le versement de la somme de 1 500 euros soit mis à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- les conclusions de Mme Dubus, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Vérité, représentant l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie ".
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, aide-soignante titulaire, exerce ses fonctions au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " La Closeraie " à Ballots (Mayenne). Par courrier du 12 décembre 2016, Mme A a demandé à être placée en position de congé de longue maladie à compter du 31 octobre 2015. Par un avis du 10 janvier 2017, le comité médical départemental s'est prononcé en faveur d'un tel placement. Par décision du 16 janvier 2017 de la directrice de l'EHPAD, Mme A a été placée en congé de longue maladie du 31 octobre 2015 au 18 avril 2017. Toutefois, par un avis du 28 février 2017, le comité médical supérieur, saisi d'un avis du comité médical départemental du 5 juillet 2016 s'étant prononcé en faveur de l'aptitude de Mme A à ses fonctions dans un autre établissement mais de son inaptitude à de telles fonctions au sein de l'EHPAD, a au contraire déclaré Mme A apte à son poste. Le comité médical départemental a alors, par avis du 13 février 2018, notamment annulé ses avis susmentionnés du 5 juillet 2016 et du 10 janvier 2017 et s'est également déclaré en faveur de l'aptitude de l'intéressée à son poste.
2. Par une décision du 12 mars 2018, la directrice de l'EHPAD a placé Mme A en congé de maladie ordinaire du 31 octobre 2015 au 30 octobre 2016 et l'a déclarée apte à son poste de travail à compter du 31 octobre 2015. Après la formation, par l'intéressée, d'un recours gracieux contre cette décision, et par une décision du 22 juin 2018, la directrice de l'EHPAD a retiré, pour une irrégularité de forme, la décision du 12 mars 2018, a placé Mme A en congé de maladie ordinaire du 31 octobre 2015 au 30 octobre 2016 et l'a déclarée apte à son poste de travail à compter du 31 octobre 2015. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette dernière décision, ainsi que l'annulation de la décision implicite par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes a rejeté son recours gracieux contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité compétente sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois de la fonction publique hospitalière, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie et de la réintégration à l'issue de ces congés. Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : () 2. L'octroi des congés de longue maladie et de longue durée ;() Les comités médicaux peuvent recourir au concours d'experts pris hors de leur formation. Ces experts doivent être choisis sur la liste des médecins agréés du département, prévue à l'article 1er du décret du 14 mars 1986 susvisé et, à défaut, sur la liste des médecins agréés d'autres départements. Les experts donnent leur avis par écrit ou sont entendus par le comité médical. Par ailleurs, aux termes de l'article 24 du même décret : " Pour obtenir un congé de longue maladie ou de longue durée, le fonctionnaire en activité, ou son représentant, doit adresser à l'autorité ayant le pouvoir de nomination une demande appuyée d'un certificat du médecin traitant spécifiant qu'il peut bénéficier des dispositions du 3° ou du 4° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. Le médecin traitant adresse directement au secrétaire du comité médical compétent un résumé de ses observations et les pièces justificatives dont la production peut être prescrite par les dispositions de l'arrêté ministériel prévu à l'article 49 du décret du 14 mars 1986 susvisé, Au vu de ces pièces, le secrétaire du comité médical fait procéder à une contre-visite du demandeur par un médecin agréé, le cas échéant spécialiste. Le dossier est ensuite soumis au comité médical compétent. () En cas de contestation par cette autorité ou par l'intéressé, l'avis du comité médical est soumis au comité médical supérieur. ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative ne peut accorder un congé de longue maladie qu'après contre-visite du demandeur et avis du comité médical.
4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.
5. Il n'est pas contesté que Mme A a adressé à l'EHPAD, par courrier susmentionné du 12 décembre 2016, une demande de placement en congé de longue maladie à compter du 31 octobre 2015. Il est par ailleurs constant que cette demande a été acceptée par son employeur, après avis favorable du comité médical départemental du 10 janvier 2017 et par décision du 16 janvier 2017, avant de lui être refusée par la décision attaquée du 22 juin 2018 qui l'a placée en congé de maladie ordinaire du 31 octobre 2015 au 30 octobre 2016. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait fait l'objet d'une contre-visite par un médecin agréé désigné par le comité médical avant que son dossier ne soit soumis à ce comité, qui, par un avis du 13 février 2018, a annulé son avis du 10 janvier 2017 et s'est prononcé en facteur de l'aptitude de Mme A à son poste. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors que l'avis du comité médical départemental du 13 février 2018 n'a pas été précédé de son examen médical.
6. Il résulte de ce qui précède que l'absence d'examen médical de la requérante, lors duquel elle aurait pu faire valoir des éléments médicaux relatifs à sa situation avant que son dossier ne soit soumis à l'appréciation du comité médical, a été de nature, en l'espèce, à la priver d'une garantie.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 22 juin 2018, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 20 juillet 2018, doivent être annulées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par l'EHPAD " La Closeraie " au titre des frais exposés par ce dernier et non compris dans les dépens. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EHPAD " La Closeraie " le versement à Mme A d'une somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 juin 2018 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie " a reconnu Mme A apte à son poste de travail à compter du 31 octobre 2015 et l'a placée en position de maladie ordinaire du 31 octobre 2015 au 30 octobre 2016, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 20 juillet 2018, sont annulées.
Article 2 : L'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie " versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Closeraie ".
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. C
La greffière
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026