jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1811682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | FORCINAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2018, M. B A, représenté par Me Cao, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 octobre 2018 par lequel le maire de Changé l'a placé en congé de maladie ordinaire du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Changé de reconnaître comme maladie professionnelle imputable au service la pathologie dont il a été atteint du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Changé une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la pathologie dont il a été atteint du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018 est au moins pour partie en lien avec l'accident de service du 4 octobre 2017 ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2019, la commune de Changé, représenté par Me Forcinal conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'une expertise médicale soit ordonnée et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sainquain-Rigollé,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Me Forcinal, avocat de la commune de Changé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 octobre 2018, le maire de Changé a placé en congé pour accident de service du 4 octobre au 20 décembre 2017 M. A, employé de la collectivité depuis 1998, nommé technicien depuis le 1er juin 2018 et responsable du service " bâtiments communaux " depuis juin 2014. Par l'arrêté attaqué du même jour, il l'a placé en congé de maladie ordinaire du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; (). Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
3. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Le droit, prévu par les dispositions citées au point 2, d'un fonctionnaire territorial en congé de maladie à conserver l'intégralité de son traitement en cas de maladie provenant d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions. L'existence d'un état antérieur ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état détermine à lui seul l'incapacité professionnelle de l'intéressé.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'en dépit des confusions terminologiques que comportent les arrêtés du 8 octobre 2018, l'imputabilité au service de l'accident du 4 octobre 2017 subi par M. A sur son lieu de travail et pendant son service a été reconnue par la commune de Changé suivant l'avis favorable à une telle reconnaissance rendu par la commission de réforme le 27 septembre 2018. Si la commune semble se prévaloir dans son mémoire en défense d'une faute personnelle de son agent lors de cet accident, la décision reconnaissant l'imputabilité au service de cet accident, dont l'illégalité n'est en tout état de cause pas démontrée, ne peut plus être retirée après l'expiration du délai de quatre mois rappelé au point 2.
5. D'autre part, la commune de Changé a refusé de reconnaître comme étant en lien avec l'accident de service du 4 octobre 2017 les arrêts de travail de M. A après le 21 décembre 2017 au motif qu'à compter de cette date, la pathologie préexistante dont il est affecté évolue pour son propre compte et n'est plus liée à cet accident. Il ressort des pièces du dossier que M. A souffre d'une pathologie de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite depuis une dizaine d'années et a été victime d'un accident domestique le 13 avril 2017 entraînant notamment une entorse acromio-claviculaire droite traitée par un traitement antalgique et fonctionnel et des douleurs et gênes au niveau de l'épaule droite. Une IRM effectuée le 30 juin 2017 a révélé une rupture transfixiante de l'insertion antérieure du tendon supra-épineux à hauteur de l'intervalle des rotateurs, une désinsertion transversale des fibres profondes du sous-scapulaire avec une subluxation médiale du long biceps ainsi qu'une arthropathie dégénérative acromio-claviculaire. M. A a pu reprendre le travail malgré ces douleurs, la commune de Changé ne contestant pas que le médecin du travail l'a estimé en septembre 2017 apte à exercer l'ensemble de ses tâches impliquant notamment des rotations de l'épaule. Il ressort des deux expertises médicales que la chute intervenue le 4 octobre 2017, dans le cadre de son travail, a aggravé la pathologie relative à la coiffe des rotateurs dont était atteint le requérant, créant une impotence définitive alors que son état antérieur n'aurait conduit qu'à une impotence temporaire. Si l'un des experts médicaux indique, sans davantage de précision, que l'intervention chirurgicale subie par M. A le 21 décembre 2017 a été programmée antérieurement à la chute du 4 octobre 2017, il ressort à l'inverse du certificat médical du chirurgien du 14 avril 2018 que seule l'aggravation de la rupture de la coiffe des rotateurs induite par cette chute " a fait poser une indication opératoire ". Dans ces conditions, la pathologie mettant M. A dans l'impossibilité d'accomplir son service, antérieurement et postérieurement au 21 décembre 2017, est en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'accident de service du 4 octobre 2017.
6. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 4 et 5 qu'en refusant de reconnaître comme étant en lien avec l'accident de service du 4 octobre 2017 les arrêts de travail de M. A à compter du 21 décembre 2017, la commune de Changé a commis une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 8 octobre 2018 par lequel le maire de Changé l'a placé en congé de maladie ordinaire du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement que M. A soit placé en congé de maladie imputable au service du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Changé d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Changé demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Changé une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 octobre 2018 par lequel le maire de Changé a placé M. A en congé de maladie ordinaire du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018 est annulé.
Article 2 :Il est enjoint à la commune de Changé de placer en congé de maladie imputable au service du 21 décembre 2017 au 30 juin 2018 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 :La commune versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Changé.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
H. SAINQUAIN-RIGOLLÉ
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026