jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1812268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 décembre 2018 et 23 septembre 2020, M. C B, représenté par Me Lefèvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2017 par lequel la directrice du centre Enfance Familles du département de la Loire-Atlantique l'a placé en maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2017, ensemble la décision du 8 janvier 2018 par laquelle elle a rejeté son recours gracieux à l'encontre de cet arrêté ;
2°) de lui enjoindre de le placer en maladie professionnelle à compter du 15 novembre 2017, avec toutes les conséquences juridiques qui en découlent, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge du centre départemental Enfance Familles (A) la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté et la décision contestées sont entachés d'un défaut de motivation ;
- ils sont entachés d'un vice de forme qui l'a privé d'une garantie en raison de l'absence de rapport du médecin du travail sur l'analyse du poste de travail, pourtant obligatoire dès lors qu'était en cause la question de l'imputabilité au service et alors que ne sont pas établies les tentatives infructueuses de l'administration pour recruter un médecin du travail ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit dès lors que l'article 41, 2° de la loi du 9 janvier 1986 n'évoque pas la consolidation dans la prise en charge des arrêts et des soins jusqu'à la reprise du service au titre d'un accident de service ;
- il ne sera pas fait droit à la demande de substitution de motif dès lors que son reclassement est indifférent au litige et que les deux expertises médicales sont contradictoires sur l'imputabilité au service de son état de santé, entachant ainsi d'une erreur d'appréciation les décisions attaquées qui s'y réfèrent.
Par des mémoires en défense enregistrés les 2 juin 2020 et 3 novembre 2020, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Maudet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- le tribunal pourra substituer au motif tiré de la consolidation de l'état de santé de M. B le motif tiré de l'absence de lien direct et certain avec l'accident de service des troubles à compter de cette date.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lefèvre, représentant M. B, et celles de Me Maudet, représentant le département de la Loire-Atlantique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 juin 2016, M. B, moniteur éducateur titulaire au centre départemental Enfance Familles (A) de la Loire-Atlantique, a été placé en congé pour accident imputable au service à compter du 29 septembre 2014. Par un avis du 19 juin 2017, la commission de réforme a fixé la date de consolidation de son état de santé au 14 novembre 2016. Par un nouvel avis du 14 septembre 2017, elle a confirmé cette date de consolidation et préconisé la prise en charge des arrêts de travail et des soins jusqu'à la reprise sur un poste adapté. Par un arrêté du 2 novembre 2017, M. B a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2017. Par des courriers des 25 novembre et 20 décembre 2017, il a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par une décision du 8 janvier 2018, la directrice du A a rejeté le recours de M. B. Ce dernier été affecté par une note du 23 octobre 2018 du service des ressources humaines sur un poste d'agent d'entretien restauration dans des collèges de l'agglomération nantaise à compter du 5 novembre 2018 dans le cadre d'un reclassement professionnel. Par un arrêté du 6 décembre 2018, il a été placé en position de détachement auprès du conseil départemental de la Loire-Atlantique pour une durée d'un an à compter du 1er décembre 2018. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 2 novembre 2017 et de la décision du 8 janvier 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () ". Lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice des dispositions de cet article est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain avec l'accident de service. Le droit, prévu par ces dispositions, de conserver l'intégralité du traitement est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.
3. Il ressort de l'arrêté attaqué du 2 novembre 2017 et de la décision du 8 janvier 2018 que M. B a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2017 au motif que son état de santé a été consolidé au 14 novembre 2016, sans que son employeur recherche si l'état de santé de l'intéressé postérieurement à cette date, qui le mettait dans l'impossibilité d'accomplir ses fonctions, était imputable directement et au moins en partie à l'accident de service. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que cet arrêté est entaché d'une erreur de droit.
4. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
5. Il est vrai que, pour établir que l'arrêté litigieux était légal, le département de la Loire-Atlantique invoque, dans son mémoire en défense communiqué à M. B, un autre motif, tiré de l'absence de lien direct et certain avec l'accident de service des troubles de M. B à compter de la date de consolidation de son état de santé.
6. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des conclusions des experts médicaux des 10 novembre 2016 et 24 mai 2017, que M. B était dans l'incapacité de reprendre ses fonctions au sein du A et qu'eu égard à sa pathologie, une reprise sur son poste, malgré une consolidation fixée au 14 novembre 2016, était susceptible d'entraîner une nouvelle dépression. Alors que des démarches de reclassement professionnel avaient été menées dès 2016, M. B n'a obtenu le bénéfice d'un tel reclassement qu'à compter du 5 novembre 2018. Ainsi que l'a préconisé à bon droit la commission de réforme dans son avis du 14 décembre 2017, les soins et arrêts de travail de M. B, dont l'impossibilité d'accomplir son service est en lien direct avec l'accident de service subi au sein du CEDF, doivent être également regardés comme étant en lien direct avec ce dernier jusqu'à son reclassement sur un poste adapté. Dans ces conditions, le bénéfice des dispositions précitées du 2e alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 ne pouvant lui être légalement refusé du 15 novembre 2017 au 4 novembre 2018, le nouveau motif proposé n'est pas de nature à fonder légalement la décision. Il n'y a, dès lors, pas lieu de procéder à la substitution demandée.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation des arrêté et décision contestés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, le département de la Loire-Atlantique est tenu de placer M. B en congé de maladie imputable à son accident de service et de prendre en charge les soins en lien direct avec cet accident jusqu'au reclassement de l'intéressé, soit du 15 novembre 2017 au 4 novembre 2018. Il y a lieu d'enjoindre au département d'y procéder. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par M. B.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au département de la Loire-Atlantique une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Loire-Atlantique une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 novembre 2017 par lequel la directrice du A a placé M. B en maladie ordinaire à compter du 15 novembre 2017 et la décision du 8 janvier 2018 par laquelle elle a rejeté son recours gracieux à l'encontre de cet arrêté sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au département de la Loire-Atlantique de placer M. B en congé de maladie imputable à son accident de service et de prendre en charge ses soins en lien direct avec cet accident au titre de la période allant du 15 novembre 2017 au 4 novembre 2018.
Article 3 : Le département de la Loire-Atlantique versera à M. B une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
H. DLa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026