lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1901314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 février 2019 et le 3 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Tertrais, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique du 3 décembre 2018 portant rejet de la réclamation préalable ;
2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge à hauteur de 27 448 euros au titre de l'année 2014 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 10 avril 2018 ne lui a pas été régulièrement notifiée, le privant ainsi des garanties accordées au contribuable dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire et notamment de la possibilité de se faire assister d'un conseil, de disposer d'un délai prorogé pour répondre à la proposition de rectification ;
- l'administration n'a pas organisé de débat contradictoire avant la mise en recouvrement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux ;
- les rappels ne sont pas suffisamment motivés ;
- l'administration fiscale ne pouvait, par la proposition de rectification du 16 novembre 2017, contrôler deux fois le même impôt pour une même période d'imposition ;
- l'irrégularité de l'avis de mise en recouvrement du 31 mai 2017 entraîne celle de la procédure d'imposition.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2019, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant l'annulation de la décision de rejet rendue par la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique du 3 décembre 2018 portant rejet de la réclamation préalable, qui n'est pas détachable de la procédure d'imposition, sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Lacaze, substituant Me Tertrais, avocat de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C exerce une activité de loueur en meublé avec prestations para-hôtelières à Challans (Vendée), dans le cadre de laquelle il a acquis un ensemble immobilier constitué de quatre appartements sur le territoire de la commune de L'Aiguillon-sur-Vie (Vendée) qu'il met en location par l'intermédiaire de la société de Gestion Patrimoine Loisir. A la suite d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a notifié à M. C, par proposition de rectification du 10 avril 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2014. Ces rappels de taxe ont été mis en recouvrement à hauteur de 29 780 euros par avis du 31 mai 2017. En l'absence de paiement de la part du contribuable, l'administration fiscale a mis en demeure l'intéressé, par courrier du 29 juin 2017, de s'acquitter des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. M. C a alors contesté les rappels litigieux en faisant valoir qu'il n'avait pas été destinataire de la proposition de rectification ni de l'avis de mise en recouvrement. Par courrier du 2 octobre 2017, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux à raison d'une erreur relative à la période d'imposition entachant l'avis de mise en recouvrement du 31 mai 2017. L'administration fiscale a, par la suite, notifié à M. C, le 16 novembre 2017, une nouvelle proposition de rectification afférente aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée portant sur l'année 2014 et l'a informé par courrier du 22 novembre 2017 que cette proposition de rectification du 16 novembre 2017 annulait et remplaçait la précédente proposition de rectification du 10 avril 2017. Par une réponse aux observations du contribuable du 23 avril 2018, l'administration fiscale a maintenu les rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux en les ramenant toutefois à hauteur de 27 448 euros. Ces rappels ont été mis en recouvrement par avis du 31 octobre 2018. La réclamation contentieuse de M. C du 29 novembre 2018 tendant à la décharge de ces rappels de taxe a été rejetée par décision du 3 décembre 2018. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 3 décembre 2018 et la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :
2. La décision du 3 décembre 2018 par laquelle l'administration fiscale a rejeté la réclamation préalable présentée par M. C tendant au dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels il a été assujetti au titre de l'année 2014 a eu pour seul effet de lier le contentieux à cet égard, et n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions litigieuses :
3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. (). Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée. ". Aux termes de l'article L. 169 du même livre : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. (). ".
4. Il résulte des dispositions du livre des procédures fiscales relatives tant à la procédure de redressement contradictoire qu'aux procédures d'imposition d'office, notamment de celles des articles L. 57 et suivants et de l'article L. 69 de ce livre, qu'après avoir prononcé le dégrèvement d'une imposition, l'administration ne peut établir, sur les mêmes bases, une nouvelle imposition sans avoir préalablement informé le contribuable de la persistance de son intention de l'imposer. Aucune disposition du code général des impôts ne fait obstacle à ce que l'administration, après avoir reconnu, à la suite notamment d'une réclamation contentieuse du contribuable, l'irrégularité de la procédure de redressement suivie, reprenne cette procédure dans la seule mesure nécessaire à sa régularisation et dans le délai imparti par l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, afin de parvenir à la fixation de l'imposition dans des conditions régulières, cette faculté ne lui étant cependant ouverte qu'autant qu'elle a expressément constaté l'irrégularité de la première procédure en notifiant le dégrèvement de l'imposition précédente.
5. D'une part, il résulte de l'instruction que par courrier du 2 octobre 2017, l'administration fiscale a procédé au dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis en recouvrement par l'avis de mise en recouvrement du 31 mai 2017 en raison d'une erreur matérielle contenue dans cet avis. Par courriers des 16 novembre 2017 et 22 novembre 2017, l'administration fiscale a, d'une part, notifié à M. C son intention de rectifier les bases imposables à la taxe sur la valeur ajoutée sur l'année 2014 et d'autre part, informé le contribuable de ce que la proposition de rectification du 16 novembre 2017 annulait et remplaçait celle du 10 avril 2017. Par suite, c'est sans irrégularité que l'administration a pu procéder à l'imposition, selon la procédure de rectification contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée litigieux à compter du 16 novembre 2017.
6. D'autre part, et dès lors que l'administration a entendu, après avoir constaté l'irrégularité de la procédure, reprendre celle-ci après en avoir purgé l'irrégularité, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait fait l'objet d'une nouvelle procédure d'imposition pour un même impôt au titre d'une même période au sens de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales.
7. En deuxième lieu, et pour les mêmes raisons que celles énoncées ci-dessus, les griefs formulés par M. C, tirés de ce que la procédure d'imposition serait viciée à raison de l'irrégularité de la notification de la proposition de notification du 10 avril 2017, le privant ainsi des garanties accordées au contribuable dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire et notamment de la possibilité de se faire assister d'un conseil, de disposer d'un délai prorogé pour répondre à la proposition de rectification, de l'insuffisance de motivation des rappels, de l'absence d'organisation d'un débat contradictoire et des conséquences de l'irrégularité de l'avis de mise en recouvrement du 31 mai 2017 sur la procédure d'imposition, sont inopérants dès lors qu'ils sont dirigés contre une procédure qui a été abandonnée par l'administration fiscale.
8. En troisième lieu, la proposition de rectification du 16 novembre 2017 a été régulièrement notifiée à l'intéressé, permettant l'engagement d'un débat contradictoire dans un délai permettant au requérant de s'entourer d'un conseil et de formuler des observations, ainsi qu'il l'a fait par courriers des 25 et 29 novembre 2017 et de solliciter un délai supplémentaire. En outre, en répondant aux observations du contribuable et à sa réclamation contentieuse, l'administration a organisé un débat suffisamment contradictoire.
9. En quatrième et dernier lieu, la proposition de rectification du 16 novembre 2017 comme la décision de rejet de la réclamation préalable du 3 décembre 2018 sont suffisamment motivées. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition serait irrégulière.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des impositions litigieuses présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026