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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1901593

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1901593

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1901593
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 février 2019, le 11 juin 2019, le 19 juin 2019 et le 13 octobre 2021, M. H C, M. I F, la SCI Voltaire 1744 et l'association Nantes Patrimoine, représentés par Me Lefèvre, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2018 par lequel la maire de Nantes a accordé au département de la Loire-Atlantique un permis de construire pour la rénovation et l'extension du musée Dobrée ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Nantes une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté disposait d'une délégation de signature régulière lui donnant compétence ;

- le permis a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas justifié que le signataire de la demande de permis de construire était compétent pour demander une telle autorisation pour le compte du département de la Loire-Atlantique ;

- le permis a été délivré en méconnaissance des dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code compte tenu de l'insuffisance du dossier de permis de construire ;

- le permis a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article L. 621-30 du code de l'urbanisme dès lors que sa délivrance était subordonnée à l'accord préalable de l'architecte des bâtiments de France ;

- le permis méconnaît dispositions de l'article R. 425-15 du code de l'urbanisme en ce qu'il procède à la scission artificielle des trois bâtiments et à un classement en ERP de troisième catégorie ;

- le permis méconnaît les dispositions de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme en portant atteinte aux espaces boisés classés au sud-est de la parcelle ;

- le permis méconnaît les dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme ;

- le permis a été délivré en violation des articles UA 1 et UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme (exhaussement et affouillement) ;

- le permis a été délivré en violation des articles UA 1 et UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme (patrimoine nantais) ;

- le permis a été délivré en violation de l'article UA 8 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le permis a été délivré en violation de l'article UA 11.6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le permis a été délivré en violation de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le permis a été délivré en violation de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le permis a été délivré en violation de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le permis a été pris sur le fondement d'un plan local d'urbanisme illégal dès lors que le classement du musée Dobrée en zone UA est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- en s'abstenant de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire alors que la construction projetée est de nature à compromettre l'exécution du plan local d'urbanisme métropolitain, la maire de Nantes a commis une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 avril 2019 et le 15 avril 2021, la commune de Nantes, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés le 15 avril 2019 et le 1er avril 2021, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Chatel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Me Diversay, substituant Me Lefèvre, avocat de M. C, de M. F, de la SCI Voltaire 1744 et de l'association Nantes Patrimoine, en présence de M. F.

- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Nantes ;

- et les observations de Me Chatel, avocat du département de la Loire-Atlantique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 13 décembre 2018, la maire de Nantes a délivré au département de la Loire-Atlantique un permis de construire, modifié par un arrêté du 17 juin 2019, en vue de la rénovation du musée départemental Dobrée et de certains de ses bâtiments, situés sur la parcelle cadastré section HM n°1 au 18 rue Voltaire à Nantes, classé en zone UA par le règlement du plan local d'urbanisme alors applicable. M. C, M. F, la SCI Voltaire 1744 et l'association Nantes Patrimoine demandent au tribunal l'annulation de ce permis de construire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le signataire de l'arrêté attaqué :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 17 novembre 2017, la maire de Nantes a donné délégation à M. A D, deuxième adjoint et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les autorisations en matière de droit des sols. Cet arrêté de délégation a été régulièrement transmis en préfecture et publié. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.

En ce qui concerne le signataire de la demande de permis de construire :

3. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux (). ". En vertu du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis de construire comporte l'attestation du demandeur qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. Il résulte des dispositions de ces articles R. 423-1 et R. 431-35 du code de l'urbanisme que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.

4. En l'espèce, la demande de permis de construire a été signée par M. G, directeur général des services du département de la Loire-Atlantique, qui a attesté " avoir qualité pour demander la présente autorisation ". Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 18 décembre 2015, régulièrement publié et dont les mentions attestent du caractère exécutoire, M. G disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer une telle demande. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la demande de permis de construire manque en fait.

En ce qui concerne la complétude du dossier de demande de permis de construire :

5. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 31-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". L'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () e) le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ".

6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. D'une part, si les requérants font état de ce que le plan de masse ne comportait pas d'indication sur les bandes de constructibilité principale et secondaire, aucune disposition n'en imposait la mention sur un tel pan, alors même que la surface de la bande de constructibilité secondaire est mentionnée dans la notice architecturale du projet. D'autre part, une comparaison des différents plans de coupe entre l'existant et le projet permet d'apprécier la variation des hauteurs du terrain. Si le plan de masse du projet n'indique pas le niveau du terrain naturel, celui-ci est indiqué sur les plans de coupe produits de façon suffisamment claire pour apprécier le respect des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, le dossier comporte des éléments suffisants, notamment une présentation du projet en trois dimensions faisant apparaître les constructions et démolitions prévues, sur les éléments, notamment le pignon ouest du manoir Jean V, devant être démolis. Enfin, si les requérants font valoir que le projet ne signalerait ni les arbres présents sur le terrain d'assiette ni les plantations à conserver sur la parcelle, le dossier de demande de permis de construire comporte des plans de l'existant et des aménagements paysagers envisagés ainsi qu'une notice faisant mention de la végétation existante et des plantations et aménagements extérieurs prévus, ainsi que des mesures de préservation des espaces boisés classés existants. Compte tenu des documents produits, la maire de Nantes a, ce faisant, disposé des éléments utiles pour porter une appréciation en toute connaissance de cause sur le projet qui lui était soumis. Par suite, les dispositions précitées du code de l'urbanisme n'ont pas été méconnues.

8. Alors que l'étude de sécurité mentionnée au i) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme n'est exigible qu'en cas de travaux et aménagements portant sur des établissement recevant du public de deuxième catégorie, ayant pour effet soit d'augmenter de plus de 10 % l'emprise au sol soit de modifier les accès à la voie publique, il ressort des pièces du dossier que les bâtiments en cause constituent des établissements de troisième catégorie, de sorte que ce document n'avait pas à être joint à la demande de permis de construire. En outre, l'attestation du respect de la réglementation thermique mentionnée au j) de l'article R. 431-16 n'avait pas à être produite, en application de l'article 1er de l'arrêté du 28 décembre 2012 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments autres que ceux concernés par l'article 2 du décret du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des constructions, qui exclut de cette obligation les " bâtiments ou parties de bâtiment qui, en raison de contraintes spécifiques liées à leur usage, doivent garantir des conditions particulières de température, d'hygrométrie ou de qualité de l'air, et nécessitant de ce fait des règles particulières ", au nombre desquels figurent les musées et salles d'exposition. Par suite, le dossier de demande de permis de construire était régulièrement constitué.

En ce qui concerne la consultation de l'architecte des bâtiments de France :

9. Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine, dans sa rédaction issue de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords (). / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31 (). / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 du présent code ". Enfin, aux termes du I de l'article L. 632-2 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées () ". L'article R. 425-1 du code de l'urbanisme prévoit, de même, que, lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées.

10. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause.

11. Il ressort des pièces du dossier qu'il existe une covisibilité entre le site du musée Dobrée et la plateforme de l'ancien observatoire de la marine accessible au public, située à moins de cinq cent mètres de ce site. Si l'avis de l'architecte des Bâtiments de France émis le 3 décembre 2018 n'avait pas pris en compte cette covisibilité, il ressort des pièces du dossier que par un nouvel avis du 17 juin 2019, l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord au projet en prenant en compte cette covisibilité avec l'ancien observatoire de la marine. Sur la base de cet avis un permis de construire modificatif a été délivré le 17 juin 2019. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, M. D était bien compétent, compte tenu de ce qui a été dit au point 2, pour signer ce permis de construire modificatif. De même, M. G a pu valablement présenter cette demande de permis de construire modificatif. Ainsi, le permis de construire modificatif délivré au département de la Loire-Atlantique a eu pour effet de régulariser le permis initial et le moyen tiré du caractère irrégulier de la consultation de l'architecte des Bâtiments de France ne peut, dans ces conditions, qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité du classement en zone UA de la parcelle cadastrée HM n°1 :

12. Si les requérants soutiennent que le classement du site du musée Dobrée en zone UA du plan d'urbanisme de la commune de Nantes alors applicable serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, ce moyen, qui ne s'accompagne pas d'une critique des dispositions du permis de construire au regard des dispositions du précédent document d'urbanisme qui serait remis en vigueur, doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la protection des espaces boisés classés :

13. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. / () ".

14. D'une part, il ressort du plan de masse existant, du plan et de la notice des aménagements paysagers, comme de l'avis favorable du service des espaces verts et de l'environnement du 14 novembre 2018 que les périmètres des espaces boisés classés sont entièrement conservés, qu'aucun arbre n'est supprimé, et que les sols de ces espaces seront valorisés, notamment par un parvis jardiné de fleurs basses et de sous-bois. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'aménagement d'une rampe en dalles béton drainantes pour l'accès principal au site depuis la place Jean V, dont la largeur à l'entrée n'excède pas celle de l'existant et qui aboutit sur un espace déjà artificialisé, serait susceptible de compromettre la conservation des arbres dans les espaces boisés classés, en particulier leur développement racinaire. Dans ces conditions, en délivrant le permis sollicité, la maire de Nantes n'a pas méconnu l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la réglementation applicable aux établissements recevant du public :

15. Les articles L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation et L. 425-3 du code de l'urbanisme prévoient que le permis de construire tient lieu d'autorisation pour les établissements recevant du public dès lors que cette décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité compétente. L'article L. 114-1 du code de l'urbanisme prévoit que les projets d'aménagement et la réalisation des équipements collectifs et des programmes de construction qui, par leur importance, leur localisation ou leurs caractéristiques propres peuvent avoir des incidences sur la protection des personnes et des biens contre les menaces et les agressions, font l'objet d'une étude préalable de sécurité publique permettant d'en apprécier les conséquences. L'article R. 114-1 du même code soumet à cette étude notamment la création, dans une agglomération de plus de 100 000 habitants au sens du recensement général de la population, d'un établissement recevant du public de deuxième catégorie, définie par l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation comme pouvant accueillir de 701 à 1500 personnes. Le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public, approuvé par arrêté du 25 juin 1980, définit, à ses articles GN 3, CO 8 et CO 10, les conditions de distance et d'isolement entre bâtiments et les mesures de résistance au feu de leurs façades permettant de les regarder comme constituant des établissements recevant du public qui sont distincts.

16. Compte tenu notamment du sas d'isolement existant en sous-sol dans la circulation reliant, d'une part, le palais Dobrée, éloigné de plus de huit mètres et comportant des évacuations distincts, et, d'autre part, l'ensemble constitué du manoir Jean V et du bâtiment Voltaire, ces deux ensembles constituent des établissements recevant du public distincts, d'une capacité d'accueil n'excédant pas 700 personnes et qui relèvent chacun de la troisième catégorie, définie par l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation comme pouvant accueillir de 301 à 700 personnes. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la maire de la commune de Nantes aurait, en délivrant le permis attaqué pour la construction d'établissements recevant du public de deuxième catégorie, méconnu les dispositions de l'article L. 114-1 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne les dispositions de l'article UA 1 relatives aux affouillements et exhaussements de terrain :

17. L'article UA 1 du règlement du PLU alors applicable dispose que sont interdits " les affouillements et exhaussements du sol tendant à modifier le relief général du terrain, sauf s'ils sont nécessaire à la réalisation d'ouvrages d'infrastructures ". Ces prescriptions doivent s'entendre comme ne concernant que les installations et travaux divers non soumis à la réglementation du permis de construire et comme n'étant donc pas applicables aux travaux de mise en état des terrains d'assiette des bâtiments, comme autres ouvrages dont la construction fait l'objet d'un tel permis, qui tient alors compte des affouillements et exhaussements de terrain que prévoit le projet autorisé. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ces dispositions.

En ce qui concerne les dispositions de l'article UA 8 du règlement du plan local d'urbanisme :

18. Aux termes de l'article UA 8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Nantes, la " règle générale " est que " la distance séparant deux constructions édifiées sur un même terrain doit être soit nulle soit au moins égale à la hauteur " hors tout " effective en tout point de la construction la plus haute, avec un minimum de 4 mètres ". En vertu des " dispositions particulières " du même article, " un retrait différent peut être admis lorsqu'il s'agit de projet d'extension d'une construction existante à la date d'approbation du PLU, implantée différemment de la règle définie ci-dessus. Dans ce cas, le projet peut être conçu dans le prolongement des murs de la construction existante et dans le respect du retrait existant ".

19. Il ressort des pièces du dossier que le projet de rénovation du musée Dobrée comporte notamment une extension du manoir Jean V dans son prolongement, la construction d'un auvent sur le bâtiment Voltaire et la construction d'une liaison fonctionnelle, réunissant en un seul ensemble cette extension et le bâtiment Voltaire au rez-de-chaussée et en sous-sol, de façon à constituer un espace commun d'accueil et de circulation du public. Dans ces conditions, l'exigence tenant au respect d'une distance minimale entre ces deux bâtiments ne peut trouver à s'appliquer. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du l'article UA 8 du plan local d'urbanisme est inopérant.

En ce qui concerne les dispositions de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme :

20. L'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit, à son point 1.6, que : " Pour les constructions nécessaires aux services publics et collectifs / Le nombre de places de stationnement à réaliser est déterminé en tenant compte : / de leur destination ; / du taux et du rythme de leur fréquentation ; / de leur situation géographique au regard des transports en commun et des parcs publics de stationnement existants ou en projet à proximité ", et à son point 3 que : " Pour les travaux () d'extension d'une construction existante à la date d'approbation du PLU, le nombre de places exigé résulte de la différence entre : / le nombre de places qui serait exigé sur la base du PLU pour la destination de la construction avant l'opération ; / le nombre de places qui serait exigé sur la base du PLU pour la destination de la construction après l'opération ".

21. Le projet emporte une diminution du nombre de places de stationnement par rapport à l'existant. Toutefois, quand bien même la réhabilitation du musée entraînera une hausse notable de sa fréquentation, le site du musée Dobrée, situé à proximité de plusieurs parkings publics, est convenablement desservi par un réseau dense de transports publics. Dans ces conditions, en prévoyant la suppression de 9 places par rapport à l'existant, la maire de Nantes n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne les dispositions de l'article UA 13.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme :

22. L'article UA 13.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que : " Au moins 25 % de la superficie du terrain d'assiette du projet située dans la bande constructible secondaire doivent être en pleine terre ". Selon la définition donnée par ce règlement : " La bande de constructibilité principale dans les zones où elle est prévue par le règlement est unique et correspond à la portion du terrain d'assiette bordant toutes les emprises publiques et voies ou les marges de recul. Le terrain non compris dans la bande de constructibilité principale, y compris le terrain situé dans la marge de recul constituent la bande de constructibilité secondaire ". Aux termes de l'article UA 6.2 de ce règlement : " A la limite de l'emprise publique ou de la voie, est substituée, une marge de recul correspondant à : () la limite de protection d'un espace boisé classé ". Enfin, selon la définition donnée par ce règlement : " un espace non construit peut être qualifié de " pleine terre " si son revêtement est perméable ; sur une profondeur de 10 mètres de profondeur à compter de sa surface, il ne comporte que le passage éventuel de réseaux (électricité, téléphone, internet, eaux potables, usées, pluviales) ; il doit pouvoir recevoir des plantations. Les aires de stationnement et leurs accès sont exclus des surfaces de pleine terre ".

23. Il résulte de ces dispositions que les espaces en pleine terre compris dans les marges de recul et en particulier, en l'espèce, compris dans les limites de protection des espaces boisés classés en limite de la voie publique, sont à prendre en compte pour apprécier le respect des dispositions de l'article UA 13.1.3 précitées. Or, il ressort de la notice du projet que la surface de pleine terre de 1 848 m2 constitue 69% de la surface, de 2 686 m2,de la bande de constructibilité secondaire. Si les requérants contestent la sincérité de ce calcul, en faisant état de ce que la surface de la bande de constructibilité secondaire serait seulement de 1 650 m2, ils ne justifient pas de l'exactitude de cette contenance et en particulier de ce qu'elle aurait pris en compte dans ce calcul la surface des bandes de recul elles-mêmes, et par suite n'apportent pas d'élément de nature à remettre sérieusement en cause les mentions de la notice du projet sur ce point. Par suite, l'arrêté attaqué ne méconnaît pas les dispositions de l'article UA 13.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions des articles UA 1, UA 2, relatives à la protection du patrimoine nantais du règlement du plan local d'urbanisme :

24. D'une part, aux termes de l'article UA 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans toute la zone, sont interdites () 6. la démolition ou la modification de certains éléments du "patrimoine nantais" () ainsi que la construction d'éléments supplémentaires, à l'exception des cas prévus à l'article 2 () ". L'article UA 2 de ce règlement prévoit que : " Sont admises () / 6. la démolition ou la modification de certains éléments identifiés au titre du L. 151-19 du Code de l'Urbanisme figurant au plan de zonage (cf. légende du règlement pièce n°5.2.3) : / - pour les " patrimoines nantais " et " petits patrimoines " lorsqu'il apparaît qu'elles ne portent pas atteinte à la valeur de ce patrimoine ; () / - pour l'ensemble des catégories : " patrimoines nantais ", " petits patrimoines " et des " séquences urbaines remarquables de type 1 et de type 2 " lorsqu'il apparaît qu'elles sont rendues nécessaires pour assurer la sécurité des usagers, la salubrité des locaux, ou encore la mise en valeur de l'ensemble des éléments du terrain d'assiette ".

25. Il est constant que le musée Dobrée est identifié comme " patrimoine nantais ". Le projet litigieux prévoit des démolitions d'ampleur limitée, pour y construire un monte-charge, dans le palais Dobrée, dont les éléments patrimoniaux tels que par exemple les vitraux et les grilles de fer forgé, seront dans la mesure du possible conservés. Il est également prévu une extension au manoir Jean V, en prolongement de l'existant, qui entraînera le percement du pignon ouest du manoir et la construction d'un volume aéré de façades structurées de lames d'acier oxydé, matériau qui sera rappelé par l'auvent métallique du bâtiment Voltaire, par l'abord de la rampe à l'extérieur et par une incision dans le jardin central, de façon à créer une unité architecturale au sein du musée caractérisé en l'état par différents ensembles existants hétérogènes. Ces travaux, en accroissant les volumes d'exposition et en créant une circulation du public lisible et dans de meilleures conditions, créent un parcours de visite cohérent permettant de mettre en valeur l'exposition des collections ainsi que des expositions temporaires. Dans ces conditions, en estimant que le projet ne porte pas atteinte à la valeur des éléments patrimoniaux du musée Dobrée et est rendu nécessaire pour assurer " la mise en valeur de l'ensemble des éléments du terrain d'assiette ", la maire de Nantes n'a pas commis d'erreur d'appréciation. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les articles UA 1 et UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions des articles UA 11.1, UA 11.3 et UA 11.6 du règlement du plan local d'urbanisme :

26. Aux termes de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " () Conformément à l'article R-111-27 du code de l'urbanisme, la situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions, leur aspect extérieur doivent être adaptés au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". L'article UA 11.3 de ce règlement précise que, pour les constructions nouvelles : " () L'innovation et la qualité architecturale guideront le renouvellement de la ville sur elle-même. () Ce principe s'applique en particulier lorsqu'il s'agit de garantir des raccordements cohérents du volume des constructions projetées avec celui des constructions existantes, dans des secteurs à caractère patrimonial (abord de monuments historiques, patrimoine nantais, séquences urbaines remarquables, zones UAp, UBp). Dans ces secteurs, les constructions nouvelles devront tenir compte des caractéristiques marquantes des édifices avoisinants. " Enfin, aux termes de l'article UA 11.6 de ce règlement : " Eléments identifiés au plan de zonage et définis au chapitre 1-C du présent règlement, par les termes : " patrimoine nantais " (). / Tous les travaux affectant des ouvrages faisant l'objet d'une protection particulière () doivent préserver et mettre en valeur les éléments caractéristiques dudit patrimoine (). Dans ce cadre, toute intervention concernant des patrimoines nantais () doit : () renoncer à la pose d'éléments extérieurs incompatibles avec le caractère de l'édifice ".

27. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.

28. Alors que le musée Dobrée est composé de bâtiments d'époques et de styles architecturaux disparates, l'extension du manoir Jean V et la construction d'un bâtiment de liaison de style contemporain, dont les parti-pris architecturaux ont été retenus à l'issue d'un concours d'architecture et avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, si elles présentent un caractère résolument contemporain par leur volume transparent persienné, font appel à des matériaux dont la texture et les oxydations rappellent ceux du bâti existant qui sera également restauré. En outre, la réhabilitation du bâtiment Voltaire et, en particulier, la pose d'un auvent métallique, permet de mettre en valeur les lignes verticales de ce bâtiment, rappelant et contrastant avec les lames d'acier verticales sur la façade sud de l'extension du manoir Jean V. Dans ces conditions, les dispositions précitées des articles UA 11.1, UA 11.3 et UA 11.6 du règlement du plan local d'urbanisme n'ont pas été méconnues.

En ce qui concerne l'absence de sursis à statuer :

29. Si les requérants font valoir, d'une part, que la délivrance du permis de construire sollicité compromettait l'exécution du plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) en cours d'élaboration à la date de la décision litigieuse, ils ne justifient pas en quoi le projet méconnaîtrait le classement du musée Dobrée comme site remarquable du patrimoine nantais, ce site le demeurant en tout état de cause à l'issue de l'entrée en vigueur de ce plan local d'urbanisme intercommunal et les travaux autorisés par le permis de construire attaqué n'ayant pas pour effet de priver ce site de l'intérêt justifiant un tel classement. D'autre part, ils soutiennent que le projet méconnaîtrait le projet d'article B.2.3 du plan local d'urbanisme métropolitain aux termes duquel " le percement de nouvelles ouvertures peut être autorisé dès lors qu'il respecte la composition des façades ". A supposer même que le percement du pignon ouest du manoir Jean V vers l'extension prévue méconnaîtrait ces dispositions, au regard de l'échelle du PLUm et de ses enjeux, en estimant que le projet n'était pas de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme, la maire de Nantes n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

30. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le département de la Loire-Atlantique, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire attaqué.

Sur les frais liés au litige :

31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune ou du département de la Loire-Atlantique à ce titre. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge des requérants une somme à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C, de M. F, de la SCI Voltaire 1744 et de l'association Nantes Patrimoine est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nantes et le département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H C, représentant unique des requérants, à la commune de Nantes et au département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. B de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.

La rapporteure,

S. E

Le président,

A. B DE BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°1901593

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