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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1901974

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1901974

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1901974
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2019, Mme D C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 8 janvier 2019 par laquelle le maire de Saint-Herblain a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de M. A survenu le 14 septembre 2018.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que le malaise dont a été victime M. A le 14 septembre 2018 est un accident imputable au service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2020, la commune de Saint- Herblain, représentée par Me Poput, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé. Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beyls, rapporteure,

- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,

-

- et les observations de Me Mercier, substituant Me Poput, avocat de la commune de Saint-Herblain.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, attaché au sein de la commune de Saint-Herblain, exerçait les fonctions de directeur des affaires culturelles. Le 14 septembre 2018, à l'occasion du festival

" Jours de fête " organisé par le service culturel de la commune de Saint-Herblain, M. A a été victime d'un malaise sur les lieux de la manifestation, alors qu'il était en service. Il a été pris en charge par le centre hospitalier universitaire de Nantes, où il est resté inconscient jusqu'à son décès, le 16 octobre 2018. Le 17 septembre 2018, Mme D C, sa compagne, a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet accident. Lors de sa séance du 20 décembre 2018, la commission départementale de réforme a rendu un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet accident. Par une décision du 8 janvier 2019, dont Mme C demande l'annulation, le maire de Saint-Herblain a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident.

2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neufs mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise en retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite () ".

3. Un accident survenu sur le lieu ou dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière les détachant du service, le caractère d'une maladie ou d'un accident imputable au service. Toutefois, s'agissant des malaises, accidents cardiaques ou vasculaires cérébraux qui sont au nombre de ces circonstances particulières, il y a lieu, par exception, de rechercher s'il existe un lien direct entre cet accident et les conditions d'exécution du service. Il appartient au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel évènement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été victime d'un malaise le 14 septembre 2018 lors d'une manifestation culturelle organisée par la commune de Saint-Herblain dont il était le directeur des affaires culturelles, soit sur son lieu de travail et pendant ses horaires de service. Pour démontrer l'existence d'un lien direct entre les conditions d'exécution du service et cet accident, Mme C fait valoir que le service de M. A a été concerné par des suppressions de postes et des restrictions budgétaires durant les années précédant son malaise. Toutefois, elle n'assortit cette allégation d'aucun élément permettant d'établir ce lien de causalité. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme a, dans son avis défavorable du 20 décembre 2018, estimé que le malaise dont a été victime M. A était lié à une pathologie détachable du service. Ainsi, en dépit de la concomitance du malaise dont a été

1.

victime M. A avec son activité professionnelle, la requérante ne démontre aucun lien direct entre le service et l'accident. Dans ces conditions, le maire de Saint-Herblain n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par M. A le 14 septembre 2018.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de Saint- Herblain.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président, Mme Beyls, conseillère,

M. Huet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

La rapporteure,

M. BEYLS

Le président,

T. GIRAUD

Le greffier,

G. VIEL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, Le greffier,

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