mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1902027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GAUDRE COEUR-UNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 février 2019 et le 23 novembre 2020, Mme B, représentée par Me Gaudré Coeur-uni, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception d'un montant de 6 191,06 euros émis à son encontre le 8 octobre 2018 par la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire, ainsi que la décision du 7 janvier 2019 par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a maintenu le recouvrement de cette somme ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 6 191,06 euros ;
3°) de surseoir à statuer dans l'attente des décisions du tribunal des affaires de sécurité sociale et du tribunal du contentieux de l'incapacité ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- le titre de perception attaqué est entaché d'un défaut de signature ;
- il est entaché d'un défaut de motivation, les bases de liquidation mentionnées étant erronées ;
- il est entaché d'illégalité, dès lors que le recteur s'est fondé, pour lui réclamer la somme litigieuse, sur le refus de prise en charge de ses arrêts de travail au titre de la maladie professionnelle par la caisse primaire d'assurance maladie, alors qu'elle a contesté ce refus devant le tribunal du contentieux de l'incapacité et le tribunal des affaires de sécurité sociale.
Par un mémoire enregistré le 14 mars 2019, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire fait valoir qu'elle ne peut être appelée dans cette affaire qu'en qualité d'observateur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2020, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- dès lors que le titre de perception litigieux a pour objet la répétition de prestations versées en application du code de la sécurité sociale, le contentieux de l'opposition au titre de perception relève de la compétence de la juridiction judiciaire ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mars 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de M. Jégard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat du 7 septembre 2017, Mme B a été engagée en tant que professeure d'anglais pour l'année scolaire 2017-2018, avant d'être affectée au sein du lycée Robert Buron à Laval. La requérante a été placée en congé de maladie du 20 janvier au 31 août 2018, terme de son contrat. Le 8 octobre 2018, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a émis à son encontre un titre de perception d'un montant de 6 191,06 euros. Mme B a formé un recours contre ce titre de perception par un courrier reçu par l'administration le 21 novembre 2018, rejeté par le recteur de l'académie de Nantes le 7 janvier 2019 et par la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire le 21 janvier 2019. Par sa requête, Mme B demande l'annulation du titre de perception du 8 octobre 2018, ainsi que de la décision du recteur de l'académie de Nantes du 7 janvier 2019.
Sur l'exception d'incompétence :
2. Le présent litige porte sur le recouvrement, par l'administration, d'un trop-perçu de rémunération versé à un agent contractuel de droit public. La juridiction administrative est, par suite, compétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
5. En l'espèce, si le titre de perception contesté n'est pas matériellement signé, il indique toutefois les nom, prénom et qualité de son auteur, M. A C, l'administration justifiant en outre que l'état récapitulatif des créances pour mise en recouvrement, émis le 8 octobre 2018 et revêtu de la formule exécutoire, comporte la signature de ce dernier. Par suite, le moyen tiré du défaut de signature de la décision attaquée doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Aux termes de l'article 112 de ce décret : " Les ordres de recouvrer relatifs aux autres recettes comprennent : / 1° Les titres de perception mentionnés à l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales ; () ". Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir. ".
7. En application de ces dispositions, une collectivité publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle s'est fondée pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
8. En l'espèce, le titre de perception attaqué indique de façon suffisamment précise les bases et éléments de calcul déterminant le montant des indus mis à la charge de la requérante, de sorte qu'il est suffisamment motivé.
9. En troisième lieu, Mme B soutient que les bases de liquidation mentionnées dans le titre de perception litigieux sont erronées, dès lors que le total des sommes à recouvrer ne correspond pas à la somme de 6 191,06 euros qui y figure, mais à une somme de 6 861,06 euros.
10. La directrice régionale des finances publiques fait toutefois valoir sans être contestée que la somme de 6 861,06 euros mentionnée par la requérante s'explique par l'ajout au principal, d'un montant de 6 191,06 euros, d'une majoration pour frais de recouvrement. Mme B n'est par suite pas fondée à soutenir que les bases de liquidation indiquées dans le titre de perception sont erronées.
11. En quatrième lieu, l'article 2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat dispose : " La réglementation du régime général de sécurité sociale ainsi que celle relative aux accidents du travail et aux maladies professionnelles sont applicables, sauf dispositions contraires, aux agents contractuels visés à l'article 1er du présent décret. Les agents contractuels : / 1° Sont, dans tous les cas, affiliés aux caisses primaires d'assurance maladie pour bénéficier des assurances maladie, maternité, invalidité et décès et de la couverture du congé de paternité ; / 2° Sont affiliés aux caisses primaires d'assurance maladie pour les risques accidents du travail et maladies professionnelles s'ils sont recrutés ou employés à temps incomplet ou sur des contrats à durée déterminée d'une durée inférieure à un an ; dans les autres cas, les prestations dues au titre de la législation sur les accidents du travail et maladies professionnelles sont servies par l'administration employeur ; / () / Les prestations en espèces versées par les caisses de sécurité sociale en matière de maladie, maternité, paternité, adoption, invalidité, accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que les pensions de vieillesse allouées en cas d'inaptitude au travail sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par l'administration durant les congés prévus aux articles 12 à 15. () ".
12. Il résulte de ces dispositions que les prestations versées par la caisse primaire d'assurance maladie qu'a perçues Mme B pendant son congé de maladie doivent être déduites du plein puis du demi traitement qui lui ont été versés par l'administration en application de l'article 12 du décret du 17 janvier 1986 et qu'elle ne conteste pas avoir perçus.
13. Toutefois, aux termes de l'article 14 de ce même décret : " L'agent contractuel en activité bénéficie, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, d'un congé pendant toute la période d'incapacité de travail précédant soit la guérison complète, soit la consolidation de la blessure, soit le décès. / Dans cette situation, nonobstant les dispositions de l'article L. 433-2 du livre IV du code de la sécurité sociale, les indemnités journalières sont portées par l'administration au montant du plein traitement : / -pendant un mois dès leur entrée en fonctions ; / -pendant deux mois après deux ans de services ; / -pendant trois mois après trois ans de services. / A l'expiration de la période de rémunération à plein traitement, l'intéressé bénéficie des indemnités journalières prévues dans le code susvisé qui sont servies : / -soit par l'administration pour les agents recrutés ou employés à temps complet ou sur des contrats d'une durée supérieure à un an ; / -soit par la caisse primaire de sécurité sociale dans les autres cas. ".
14. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B a formé, le 22 octobre 2018, un recours devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Mayenne contre la décision du 30 mai 2018 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de la Mayenne a refusé de prendre en charge sa maladie au titre d'un tableau des maladies professionnelles. La qualification de la maladie de Mme B est susceptible d'avoir une influence sur le montant, voire sur l'existence de la créance de l'administration à son égard. Il n'appartient toutefois qu'à l'autorité judiciaire de trancher cette question.
15. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu pour le tribunal administratif de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge de Mme B jusqu'à ce que la juridiction compétente se soit prononcée sur le recours de l'intéressée contre la décision du 30 mai 2018 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de la Mayenne a refusé de prendre en charge sa maladie au titre d'un tableau des maladies professionnelles.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge de la requête de Mme B, jusqu'à ce que le pôle social du tribunal judiciaire de Laval se soit prononcé sur le recours de la requérante contre la décision du 30 mai 2018 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de la Mayenne a refusé de prendre en charge sa maladie au titre d'un tableau des maladies professionnelles.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Tiger-Winterhalter, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
L. E
La présidente,
N. TIGER-WINTERHALTERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026