mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1902267 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DUBOURG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 mars 2019, le 2 septembre 2020 et le 14 février 2022, M. B A C, représenté par Me Dubourg, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 janvier 2019 par laquelle le président de l'Université de Nantes a refusé de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle et de mettre en œuvre le protocole d'accord transactionnel conclu le 13 décembre 2017 ;
2°) d'enjoindre à l'Université de Nantes de prendre toute mesure de nature à remplir ses obligations au titre de la protection fonctionnelle et à faire cesser sa souffrance au travail, notamment de lui permettre d'exercer ses missions de manière sereine et sans entrave ;
3°) d'enjoindre à l'Université de Nantes de respecter l'accord transactionnel conclu le 13 décembre 2017 ;
4°) de condamner l'Université de Nantes à lui verser une somme de 50 000 euros à titre de dommages et intérêts, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
5°) de condamner l'Université de Nantes à lui verser une somme de 4 938,56 euros à compter de l'année universitaire 2020-2021, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle méconnaît les dispositions des articles 6, 6 quinquies et 11 de la loi du 13 juillet 1983, tout comme l'obligation de sécurité de résultat définie par l'article L. 4121-1 du code du travail, applicable à la fonction publique en vertu du protocole d'accord du 22 octobre 2013 ;
- les faits de harcèlement moral et de discrimination commis à son encontre étant caractérisés, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en refusant de prendre des mesures visant à faire cesser ces agissements et de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
- en s'abstenant de mettre en place l'accord transactionnel conclu le 13 décembre 2017, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ; l'Université ne saurait en outre se prévaloir d'une prétendue inexécution du contrat par l'autre partie pour s'exonérer de ses obligations ;
- ces fautes, qui se sont poursuivies postérieurement à la décision du 3 janvier 2019 litigieuse, lui ont causé plusieurs préjudices : une dégradation de son état de santé, de ses conditions de travail, un préjudice moral, un préjudice financier et l'obligation d'engager une seconde procédure devant le tribunal ;
- la responsabilité sans faute de l'Université de Nantes est engagée en raison de son obligation de résultat quant à la sécurité physique et mentale de ses agents, et du préjudice anormal et spécial qu'il a subi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2020, l'Université de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. A C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2022.
Un mémoire présenté par M. A C a été enregistré le 31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubourg, représentant M. A C, et de Mme E, représentant l'université de Nantes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est maître de conférences en anglais au sein de l'unité de formation et de recherche (UFR) " Langues et littératures étrangères " de l'Université de Nantes, depuis le 1er octobre 1996. Par un courrier du 6 janvier 2017, M. A C a demandé à l'université le bénéfice de la protection fonctionnelle, estimant qu'il était victime d'agissements à caractère discriminatoire. Par une décision du 14 mars 2017, contestée par M. A C devant le tribunal, l'Université de Nantes a rejeté sa demande. Un accord transactionnel de médiation ayant été signé par l'université et le requérant, ce dernier s'est désisté de la procédure qu'il avait introduite devant le tribunal par un mémoire en désistement du 13 mars 2018. Par un courrier du 3 septembre 2018, l'université a indiqué à M. A C qu'elle n'était pas en mesure de mettre en œuvre cet accord transactionnel, en raison du non-respect par l'intéressé de ses engagements. Par un courrier du 15 novembre 2018, M. A C a de nouveau sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle, ainsi que le versement de dommages et intérêts. Ses demandes ont été rejetées par une décision du 3 janvier 2019 du président de l'Université de Nantes. Par sa requête, M. A C demande l'annulation de cette décision, ainsi que la condamnation de l'Université de Nantes à la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne le harcèlement moral :
2. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article L. 133-3 de ce code : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un agent public en raison du fait que celui-ci : / 1° A subi ou refusé de subir les faits de harcèlement sexuel mentionnés à l'article L. 133-1, y compris, dans le cas mentionné au 1° de cet article, si les propos ou comportements n'ont pas été répétés, ou les agissements de harcèlement moral mentionnés à l'article L. 133-2 ; / 2° A formulé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces faits ou agissements ; / 3° Ou bien parce qu'il a témoigné de tels faits ou agissements ou qu'il les a relatés. Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou enjoint de procéder à ces faits ou agissements. ".
3. Il résulte de ces dispositions que le harcèlement moral est constitué, indépendamment de l'intention de son auteur, dès lors que sont caractérisés des agissements répétés ayant pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte aux droits et à la dignité de l'agent, d'altérer sa santé ou de compromettre son avenir professionnel.
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.
6. M. A C soutient d'une part, pour faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre, qu'il a fait l'objet d'insultes, de discriminations et de comportements vexatoires de la part de certains de ses collègues. S'il résulte de l'instruction que le requérant a eu une vive altercation avec un autre maître de conférences de son UFR, ce dernier ayant proféré à son encontre des insultes, des remarques racistes ainsi que des menaces, ces faits présentent un caractère ancien puisqu'ils datent de l'année 2000, ainsi d'ailleurs que le rapport circonstancié de ces faits, rédigé par la responsable de la section d'anglais de l'Université de Nantes. Le requérant fait également valoir qu'il aurait été victime d'insultes personnelles insinuant qu'il était violent avec son épouse, qu'une de ses collègues aurait éteint la lumière alors qu'il était dans la pièce et qu'elle l'avait vu, sans d'ailleurs le saluer, et que des intrusions dans son bureau se seraient soldées par des actes de vandalisme et le dépôt de tracts. Il ne produit toutefois aucun élément susceptible de faire présumer l'existence de tels faits. M. A C soutient, en outre, que ses collègues s'ingèrent dans son travail d'enseignant. Si le requérant se prévaut, à l'appui de ses dires, du courriel d'une collègue du 3 mai 2019 lui signalant, " au cas où cette information [lui] semblerait utile ", le cas de deux étudiantes inquiètes de réussir à atteindre le niveau d'exigence demandé, ainsi que d'un message du directeur du département d'études anglaises de l'UFR en date du 8 juillet 2019 lui demandant de réfléchir aux " avantages apportés par une alternative " à l'étude d'un roman comportant des scènes sensibles et incommodantes pour des élèves de licence, ces seuls éléments ne peuvent toutefois suffire à en justifier. M. A C fait également valoir que ses collègues auraient remis en cause la notation d'une de ses élèves à un examen, en dehors de la procédure prévue par l'administration, mais ne produit aucun élément à l'appui de cette allégation. Par ailleurs, si M. A C se plaint de l'attitude de ses collègues à son encontre, il résulte de l'instruction que ce dernier a pu s'emporter avec virulence et de façon inappropriée contre certains d'entre eux, le président de l'université lui ayant d'ailleurs rappelé, au cours d'un entretien le 23 décembre 2015 et dans un courrier à son attention daté du 14 décembre 2016, son devoir de modération " suite à la multiplication de courriels quasiment diffamatoires à l'encontre de plusieurs enseignants chercheurs ".
7. D'autre part, M. A C fait valoir que les difficultés ou incidents rencontrés avec les étudiants sont systématiquement retenus en sa défaveur par l'université, favorisant ainsi un climat d'impunité ayant conduit à sa décrédibilisation. Il résulte de l'instruction qu'en dépit de ses compétentes professionnelles reconnues, M. A C détient une part de responsabilité dans la récurrence des conflits avec les étudiants, ayant à plusieurs reprises tenu à leur encontre des propos déplacés ou disproportionnés, par exemple, en 2016, en refusant à une étudiante malentendante l'enregistrement de son cours, mais également par le truchement de plusieurs courriels adressés collectivement aux étudiants, leur indiquant que " le bavardage excessif et prolongé en cours comme en TD est interdit par la loi et les règlements car c'est un phénomène qui porte atteinte aux droits fondamentaux du fonctionnaire chargé de l'espace pédagogique ", que " la prochaine fois, dès que je constate la présence de bavardage, j'estimerai que les conditions ne sont pas réunies pour que j'effectue ma mission dans la dignité et le respect de mes droits : je quitterai la salle sans aucun avertissement ", ou qu'il n'acceptera aucune interruption de son intervention durant le cours magistral. Par ailleurs, si M. A C se prévaut d'une absence générale de soutien de sa hiérarchie, il résulte toutefois de l'instruction que l'Université de Nantes lui a accordé, par une décision du 9 avril 2020, le bénéfice de la protection fonctionnelle, un graffiti insultant et menaçant à son encontre ayant été inscrit sur un mur de l'université.
8. De même, M. A C allègue, au titre de la dégradation de ses conditions de travail, que l'université a contribué à la dégradation de son état de santé, dès lors qu'il a exercé une partie de ses fonctions dans des locaux exigus et mal ventilés, entraînant ainsi une infection pulmonaire et une pleurésie, et que des surveillances lourdes d'examens lui ont été confiées en dépit de ses fragilités. Il résulte toutefois de l'instruction que, saisi de cette question par le requérant, le service hygiène et sécurité de l'université a procédé à une étude de la qualité de l'air dans les salles d'enseignement, avant d'élaborer un rapport à ce sujet le 31 janvier 2019. En outre, si M. A C produit le certificat d'un oto-rhino-laryngologue à la date du 17 octobre 2018, indiquant que l'intéressé a souffert à plusieurs reprises d'épisodes de rhinosinusites depuis 2012, il ne résulte pas de l'instruction que ces épisodes seraient liés à l'exercice de ses fonctions, ce document indiquant simplement que " l'ensemble de ces éléments est en faveur d'une fragilité des voies aériennes supérieures le rendant sensible aux variations de température et d'humidité ". Par ailleurs, le requérant ne conteste pas les dires de l'Université de Nantes selon lesquels il aurait été reçu par le médecin de prévention en mars 2018, qui lui aurait par la suite proposé un aménagement de son temps de travail pour la surveillance des examens, qu'il n'a finalement pas assurée en raison d'un congé de maladie.
9. Enfin, si une technicienne de l'université apportant son concours au requérant pour la réalisation d'un projet a dû cesser sa collaboration avec lui en raison de son temps partiel et d'autres priorités, selon les dires du doyen du l'Université dans un courrier adressé au requérant le 1er mars 2018, et si M. A C n'a pas été autorisé à effectuer des heures complémentaires au titre de l'année universitaire 2020-2021, ce refus était fondé, ainsi qu'il résulte des termes du courrier du président de l'Université de Nantes du 3 juin 2020 à son attention, sur son état de fragilité, et sur la circonstance que le cours de " creative writing " a été supprimé en 2020 en raison de la pénurie d'enseignants. Ainsi, les éléments invoqués par le requérant ne sauraient faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral ou de discrimination à son encontre, pas plus que le fait que la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'arrêt de travail du 2 au 29 mars 2020 a fait l'objet d'un rejet de l'administration, la commission de réforme ayant estimé, pour émettre un avis défavorable à cette reconnaissance lors de sa séance du 18 février 2021, qu'il n'y avait pas de pathologie identifiable.
En ce qui concerne la mise en place de l'accord transactionnel conclu le 13 décembre 2017
10. D'une part, aux termes de l'article 2044 du code civil : " La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître ". Aux termes de l'article L. 423-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Ainsi que le prévoit l'article 2044 du code civil et sous réserve qu'elle porte sur un objet licite et contienne des concessions réciproques et équilibrées, il peut être recouru à une transaction pour terminer une contestation née ou prévenir une contestation à naître avec l'administration. La transaction est formalisée par un contrat écrit. ".
11. Il résulte de ces dispositions que l'administration peut, afin de prévenir ou d'éteindre un litige, légalement conclure avec un particulier un protocole transactionnel, sous réserve de la licéité de l'objet de ce dernier, de l'existence de concessions réciproques et équilibrées entre les parties et du respect de l'ordre public.
12. Une transaction est, en principe, un contrat de nature civile et son homologation comme les litiges nés de son exécution relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire, hormis le cas où elle a pour objet le règlement ou la prévention de différends pour le jugement desquels la juridiction administrative est principalement compétente.
13. En l'espèce, l'accord transactionnel signé entre le président de l'Université de Nantes et M. A C le 13 décembre 2017 faisait suite à une médiation engagée sur le fondement de l'article L. 213-5 du code de justice administrative et avait pour objet de régler un différend résultant du refus de l'Université de Nantes d'accorder à M. A C le bénéfice de la protection fonctionnelle, de sorte que la juridiction administrative est compétente pour connaître du présent litige, né de l'inexécution de cet accord.
14. D'autre part, il résulte des principes qui régissent l'exécution des contrats qu'une partie peut refuser d'exécuter son obligation, alors même que celle-ci est exigible, si l'autre n'exécute pas la sienne et si cette inexécution est suffisamment grave.
15. L'Université de Nantes ne conteste pas ne pas avoir mis en place, ainsi qu'elle s'y était engagée dans l'article 2 de l'accord transactionnel, un dispositif de médiation entre le requérant et la direction de l'UFR des langues et cultures étrangères. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A C n'a pas non plus respecté l'engagement qu'il avait pris, figurant à l'article 3 de l'accord, consistant à modérer ses propos et son comportement, ce dernier ayant notamment transmis un courriel inadapté aux étudiants préparant l'agrégation peu de temps après la signature de l'accord, le 10 février 2018. L'absence d'exécution des articles 2 et 3 de l'accord transactionnel résultant d'un défaut d'exécution des deux parties, M. A C n'est pas fondé à soutenir que l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en s'abstenant de mettre en place la médiation prévue par l'article 2 de cet accord.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l'administration :
16. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 8, il ne résulte pas de l'instruction que les épisodes de rhinosinusites dont M. A C souffre depuis l'année 2012 sont liés à l'exercice de ses fonctions. En outre, le requérant n'établit pas avoir souffert, ainsi qu'il l'allègue, d'une infection pulmonaire et d'une pleurésie.
17. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête menée au mois de juillet 2021 par un prestataire extérieur au sein de la faculté des langues et des cultures étrangères à la suite de tensions sociales importantes, que le " collectif de travail " des enseignants était alors en situation de " grande souffrance ", et que, par ailleurs, M. A C a consulté une psychiatre à compter du mois de février 2020 pour une " anxiété exacerbée " concomitante avec l'inscription insultante et menaçante dont il a fait l'objet sur un mur de la faculté. Toutefois, le requérant n'établit pas, par les éléments médicaux qu'il produit, que ses problèmes de santé revêtiraient en tout état de cause un caractère de gravité tel que la responsabilité sans faute de l'Université de Nantes s'en trouverait engagée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
18. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version en vigueur : " () IV.-La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ".
19. Aux termes de l'article 23 de cette loi : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail. ".
20. Et aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent : 1° Des actions de prévention des risques professionnels y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; 2° Des actions d'information et de formation ; 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes. " Aux termes de l'article L.4121-2 du même code : " L'employeur met en œuvre les mesures prévues à l'article L. 4121-1 sur le fondement des principes généraux de prévention suivants : 1° Eviter les risques ; 2° Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3° Combattre les risques à la source () ".
21. En l'espèce, l'existence d'un harcèlement moral, sur lequel était exclusivement fondée la demande de protection fonctionnelle, n'étant pas caractérisée, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'Université de Nantes n'était pas tenue d'accorder à M. A C la protection fonctionnelle prévue par les dispositions précitées de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983. De même, eu égard à ce qui a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration aurait manqué à ses obligations tendant à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la sécurité physique et mentale des travailleurs sous sa responsabilité, notamment dans le cadre de la prévention du risque général lié au harcèlement moral, de sorte que les dispositions de l'article L. 4121-1 du code du travail n'ont pas été méconnues. Par suite, M. A C n'est pas fondé à soutenir que la décision du 3 janvier 2019 lui refusant le bénéfice de cette protection est entachée d'erreur de droit.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par M. A C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme que demande le requérant au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à l'Université de Nantes.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Tiger-Winterhalter, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La rapporteure,
L. D
La présidente,
N. TIGER-WINTERHALTER
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026