LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1902405

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1902405

mardi 15 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1902405
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantATLANTIC JURIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré les 4 mars 2019 et5 juillet 2021,M. C D, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de refus de la commune déléguée d'Auverse, commune nouvelle de Noyant-Villages, de lui donner accès aux registres et extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 ;

2°) de condamner la commune déléguée d'Auverse, commune nouvelle de Noyant-Villages, à lui donner accès à l'ensemble des registres et extraits de délibérations demandés le 21 juin 2018, à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune déléguée d'Auverse, commune nouvelle de Noyant-Villages, une somme de 1000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- par un courrier électronique du 21 juin 2018, il a demandé à la commune déléguée d'Auverse de pouvoir consulter les registres et extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 ;

- la commission d'accès aux documents administratifs (CADA), saisie le 29 novembre 2018, a rendu son avis le 11 février 2019 ;

- suite à l'avis de la CADA, la commune de Noyant-Village a implicitement refusé de procéder à la communication ;

- il s'agit de documents communicables, sans qu'il ait à justifier d'un intérêt à agir ;

- le 17 avril 2018, il n'a eu accès qu'à quelques extraits de 1950 à 1960 ;

- les archives départementales, après réalisé un état des lieux courant 2010, indiquent que les documents sollicités se trouvent dans les archives de la commune, dans les dossiers 1 D 1 et 1 D 2.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2021, la commune de Noyant-Villages, représentée par la SELARL Atlantic Juris, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que le recours n'est pas formé contre une décision, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir du requérant ;

- les moyens de la requête sont infondés : le requérant a eu accès à l'ensemble des documents en possession de la commune.

Un mémoire a été enregistré pour la commune de Noyant-Villages le 17 août 2021 et n'a pas été communiqué.

Un mémoire a été enregistré pour le requérant le 4 octobre 2021 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le du code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de M. D,

- les observations de Me Tertrais, avocat de la commune de Noyant-Villages.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier électronique du 21 juin 2018, M. D a demandé à la commune déléguée d'Auverse de pouvoir consulter les registres et extraits de délibérations du conseil municipal de 1850 à 1960. Estimant sa demande insatisfaite, il a saisi le 29 novembre 2018 la commission d'accès aux documents administratifs qui, par un avis du 11 février 2019, a déclaré sans objet la demande d'avis dès lors que le demandeur avait déjà eu accès à une partie des documents concernés et que l'administration considérait que le reste des documents n'était plus en sa possession, la commission invitant en outre M. D à se tourner vers les archives départementales. Le requérant demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commune d'Auverse a réitéré son refus de communication de documents administratifs.

2. L'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ".

3. D'une part, les documents dont la communication est sollicitée, savoir de ses registres et extraits des délibérations des conseils municipaux, sont des documents administratifs au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. Ils constituent, dès lors, des documents communicables à tout administré qui en fait la demande.

4. D'autre part, revêt un caractère abusif, au sens du dernier alinéa de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration, la demande qui a pour objet de perturber le bon fonctionnement de l'administration sollicitée ou qui aurait pour effet de faire peser sur elle une charge disproportionnée au regard des moyens dont elle dispose.

5. Enfin, l'obligation de communication résultant du code des relations entre le public et l'administration ne s'étend pas aux documents que l'administration est dans l'impossibilité matérielle de produire. Présente un tel caractère un document dont, eu égard à sa nature, au délai dans lequel il a été demandé et à l'ensemble des explications données par l'administration, la perte doit être regardée comme établie.

6. S'agissant des extraits des délibérations, la commune de Noyant-Villages fait valoir que M. D a consulté sur place, les 17 avril et 28 juin 2018, les extraits des délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1875 à 1985. Le requérant, qui conteste ces allégations, soutient que, le 17 avril 2018, n'ont été mis à sa disposition que les registres des délibérations de 1960 à 2000, comme il ressort d'un des courriers électroniques envoyés par M. D à la commune, produit par celle-ci, qui ne conteste pas son contenu. Par ailleurs, si la commune fait valoir que, le 28 juin 2018, les mêmes registres, soit les registres des délibérations de 1875 à 1985, auraient été remis à M. D, il ressort d'un échange de courriers électroniques versé au dossier par la commune qu'un rendez-vous en mairie déléguée d'Auverse a été fixé le 28 juin 2018 à M. D afin que celui-ci consulte les arrêtés municipaux édictés sur la période de 1980 à 2000, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que d'autres documents, et notamment les extraits des délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1875 à 1985, auraient été, à l'occasion de ce rendez-vous du 28 juin 2018, mis à sa disposition. Par conséquent, la commune de Noyant-Villages n'établit pas que les documents en cause auraient déjà été communiqués au requérant de sorte que la demande de celui-ci n'est, ni dépourvue d'objet, ni abusive. Il suit de là que la décision de refus de communication doit être annulée en tant qu'elle porte sur les extraits des délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1875 à 1985.

7. S'agissant des registres de délibérations portant sur la période de 1850 à 1960 et des extraits des délibérations portant sur la période de 1850 à 1875, il ressort du courrier électronique de M. D du 17 avril 2018 susmentionné que celui-ci a consulté des registres de délibérations portant sur la période de 1950 à 2000, de sorte que le requérant a déjà obtenu communication d'une partie des documents initialement sollicités. S'agissant du reste des documents, soit les registres de délibérations portant sur la période de 1850 à 1950 et les extraits des délibérations portant sur la période de 1850 à 1875, la commune de Noyant-Villages fait valoir que ces documents ne se trouvent pas dans ses locaux, sans justifier de vaines recherches, ni d'un éventuel versement aux archives départementales, dont la commune n'a pas pris l'attache, ni apporter d'explication sur cette disparition. M. D conteste cette absence d'une partie des documents concernés par la demande de communication en produisant la page de garde et un feuillet d'un " registre numérique détaillé des archives communales de Auverse " réalisé en 2010 par un archiviste sous la direction des archives départementales de Maine-et-Loire, ledit feuillet portant, notamment, les mentions suivantes : " 1D. Conseil municipal / 1D1-2 Délibérations. / 1D1/ Registres 1816-2008. [] 1D2/ Extraits. 1875-2008 ", de sorte que se trouveraient en mairie d'Auverse deux dossiers d'archives numérotés 1D1 et 1D2 qui contiendraient, l'un les registres des délibérations de 1816 à 2008 et l'autre les extraits des délibérations de 1875 à 2008. La commune conteste la valeur probante de ce document, à l'élaboration duquel elle n'aurait pas participé. Toutefois, la pièce n°9 versée par la commune dans le cadre de l'instance est le feuillet susmentionné issu du registre, sur lequel a été apposée par les services de la commune une mention manuscrite selon laquelle M. D a eu communication le 27 avril 2018 de trois dossiers répertoriés sur ce document, relatifs à la voirie. Par suite, la commune de Noyant-Villages se trouve en possession d'au moins trois des dossiers identifiés dans ce registre, de sorte qu'elle n'établit pas que ce document serait, en dépit de ses conditions alléguées de réalisation, dépourvu de toute valeur probante. Eu égard au nombre et à la nature des documents sollicités et à l'absence d'explications données par la commune de Noyant-Villages, celle-ci n'établit qu'elle ne dispose pas de ces documents et qu'elle ne pouvait faire droit à la demande de communication. Enfin, la circonstance que la maire déléguée d'Auverse a permis à M. D, le 28 juin 2018, d'accéder à la salle des archives de la commune afin de vérifier la teneur de celle-ci ne permet pas de tenir pour établi que la commune ne se trouve pas en possession des documents concernés. Il suit de là que la décision de refus de communication doit être annulée en tant qu'elle porte sur les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse portant sur la période de 1850 à 1950 et des extraits des délibérations portant sur la période de 1850 à 1875.

8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de M. D ait eu pour objet de perturber le bon fonctionnement des services de la commune de Noyant-Villages. Si cette dernière fait valoir que le requérant a présenté plusieurs demandes de communication de documents, ces autres demandes, fussent-elles génératrices d'échanges nourris et parfois peu amènes, ne caractérisent ni par leur nombre ni par leur objet un comportement abusif de la part de M. D. Par ailleurs, la commune n'établit pas que la consultation demandée par l'intéressé ferait peser sur ses services une charge disproportionnée au regard des moyens dont elle dispose, sur lesquels elle ne fournit aucune indication.

9. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de la commune de Noyant-Villages en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande de communication portant sur les registres de délibération du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et sur les extraits de délibération du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la commune de Noyant-Villages communique à M. D, par le biais d'une consultation sur place, les registres de délibération du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et les extraits de délibération du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du requérant, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.

12. Le requérant n'établit pas avoir exposé de frais dans le cadre de la présente instance. Les conclusions qu'il présente au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite par laquelle la commune de Noyant-Villages a refusé de faire droit à la demande de communication de M. D est annulée en tant qu'elle refuse de faire droit à la demande de communication de M. D portant sur les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et sur les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Noyant-Villages de communiquer à M. D les registres de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1950 et les extraits de délibérations du conseil municipal d'Auverse de 1850 à 1960 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Noyant-Villages présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la commune de Noyant -Villages.

Copie en sera adressée à la Commission d'accès aux documents administratifs.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.

La rapporteure,

C. B

Le président,

A. A DE BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne

au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions