jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1902413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ROULLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 mars 2019 et 18 novembre 2020, M. E J, représenté par Me Kaddouri, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au Préfet de Maine-et-Loire de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir une carte " résident longue durée - UE ", conformément aux dispositions des articles L. 314-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2020, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 26 mai 2020, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. J.
Par une ordonnance du 19 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée le 2 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. E J, ressortissant centrafricain né le 7 avril 1998 à Conakry (Guinée), déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 9 juin 2009. Le 8 août 2011, il s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire pour raisons de santé, valable jusqu'au 7 juillet 2012. Ce titre lui a été renouvelé dans les mêmes conditions jusqu'au 14 octobre 2014. Suite à son mariage, le 21 juin 2014, avec Mme B I, ressortissante française née le 23 septembre 1975, le requérant a bénéficié d'un titre de séjour en tant que conjoint de ressortissante française, du 15 octobre 2014 au 30 novembre 2018. Le couple a eu un enfant, H J, né le 30 janvier 2015. Après son divorce, l'intéressé a sollicité, le 27 novembre 2018, l'octroi d'une carte de séjour temporaire en qualité de père d'un enfant français et d'une carte de résident. M. J a obtenu un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 28 décembre 2018 au 27 décembre 2019. Toutefois, le préfet a refusé de lui délivrer une carte de résident, par décision du 21 janvier 2019. Par la présente requête, M. J demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le préfet de Maine-et-Loire a, par un arrêté du 14 janvier 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 16 janvier suivant, donné délégation à M. Nicolas Brochard, secrétaire administratif de classe supérieure, adjoint au chef du bureau du séjour des étrangers, auteur de la décision attaquée, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme F D, directrice de l'immigration et des relations avec les usagers, et de M. G C, chef du bureau du séjour des étrangers, dont il n'est pas établi qu'ils n'étaient pas absents ou empêchés à la date de la décision attaquée, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives à la délivrance des titres de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire a rejeté la demande de carte de résident présentée par M. J sur le fondement de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se fondant sur la circonstance que l'intéressé avait commis des faits de violence avec incapacité de travail supérieure à 8 jours envers son épouse, ce qui caractérisait une menace à l'ordre public ainsi qu'une absence d'intégration républicaine.
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 314-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicables : " Lorsque des dispositions législatives du présent code le prévoient, la délivrance d'une première carte de résident est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française () ". Il résulte de l'article 314-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision d'accorder la carte de résident prévue à l'article L. 314-8 du même code est subordonnée à l'intégration républicaine du ressortissant étranger dans la société française. Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L. 314-3, alors applicables, de ce même code, : " La carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public ".
5. Il résulte des pièces produites aux débats que M. J a fait l'objet d'une composition pénale en date du 1er février 2018 pour des faits de violences volontaires par le conjoint avec incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours, sur la personne de Mme I qui avait porté plainte le 20 novembre 2016, fait une déclaration aux services de police le 22 novembre 2016 et une main-courante le 29 novembre 2016. Il ressort également du jugement de divorce du 8 novembre 2018, prononcé par le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Rennes, que les violences conjugales, objet de la composition pénale du 1er février 2018, sont caractérisées et n'ont pas été contestées par M. J. En se bornant à se prévaloir, dans la présente instance, du fait que ces faits n'auraient pas donné lieu à une condamnation pénale, le requérant ne conteste pas sérieusement la matérialité de ces faits, qui ne sont pas anciens et sont constitutifs de violences conjugales. Par suite, ces faits révèlent une absence de respect effectif, par l'intéressé, des principes qui régissent la République française, laquelle suffit, en l'espèce, à considérer qu'il ne justifiait pas, à la date de la décision attaquée, d'une intégration républicaine suffisante dans la société française. Par suite, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 314-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A supposer même que M. J ne puisse être regardé comme représentant une menace pour l'ordre public comme il le soutient, en tout état de cause, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pu légalement prendre la même décision en se fondant uniquement sur le seul motif tiré du défaut de justification d'une intégration républicaine suffisante dans la société française.
6. En troisième lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. J n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de Maine-et-Loire du 21 janvier 2019. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. J est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. K, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
M. Labouysse, premier conseiller,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
N. A
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026