vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1902905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | EL HILALI DALLA-VECCHIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2019, M. B A, représenté par Me El Hilali Dalla-Vecchia, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 octobre 2018 par laquelle le préfet de l'Oise a refusé d'abroger sa décision d'ajournement à deux ans de sa demande de naturalisation du 2 mars 2017 ainsi que la décision du ministre de l'intérieur du 18 janvier 2019 rejetant le recours formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui accorder la nationalité française, au besoin après avoir procédé à une nouvelle instruction de sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du ministre de l'intérieur est entachée d'une erreur de fait, dans la mesure où le recours adressé au ministre de l'intérieur, qui était dirigé contre la décision du préfet de l'Oise du 23 octobre 2018 portant refus d'abrogation de sa décision d'ajournement à deux ans de sa demande de naturalisation du 2 mars 2017, et non contre cette dernière décision, a bien été présenté dans le délai de deux mois suivant l'intervention de la décision contestée ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit, dans la mesure où il pouvait solliciter l'abrogation de la décision du préfet de l'Oise du 2 mars 2017 sans condition de délai, au regard de l'élément de fait nouveau intervenu dans sa situation dont il s'est prévalu à l'appui de sa demande ;
- les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où il souffre d'une maladie professionnelle grave l'empêchant de reprendre une activité professionnelle.
Par des mémoires en défense enregistrés le 10 septembre 2019 et le 30 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- dès lors que sa décision du 18 janvier 2019 s'est substituée à la décision du préfet de l'Oise du 2 mars 2017, et que le courrier du préfet du 23 octobre 2018, qui présente un caractère purement informatif, n'est pas susceptible de recours, la requête ne peut être regardée que comme étant dirigée contre la seule décision du 18 janvier 2019 ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mai 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet de l'Oise, qui l'a ajournée à deux ans par une décision du 2 mars 2017 au motif qu'il ne justifiait pas d'une insertion professionnelle suffisante pour garantir son autonomie matérielle, l'essentiel de ses ressources provenant de prestations sociales. Par un courrier du 17 octobre 2018,
M. A a présenté devant le préfet une demande d'abrogation de sa décision du 2 mars 2017, en faisant état d'un jugement rendu par le tribunal des affaires de la sécurité sociale et de la mutualité sociale agricole de Beauvais du 8 juin 2017 reconnaissant le caractère professionnel de la pathologie dont il souffrait, et justifiant, selon lui, l'impossibilité dans laquelle il se trouvait d'exercer une activité professionnelle. Sa demande a été rejetée par une décision du 23 octobre 2018. M. A a contesté cette décision devant le ministre de l'intérieur, qui, s'estimant saisi d'un recours dirigé contre la décision du préfet de l'Oise du 2 mars 2017, l'a rejeté comme tardif par une décision du 18 janvier 2019. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision du préfet de l'Oise du 23 octobre 2018 et de la décision du ministre du 18 janvier 2019.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 243-1 du code de relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 43 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 précité : " Le préfet compétent à raison de la résidence du demandeur () déclare la demande irrecevable dès lors qu'il constate que les conditions requises par les articles 21-15, 21-16, 21-17, 21-22, 21-23, 21-24 ou 21-27 du code civil ne sont pas remplies. () ". L'article 44 du même décret dispose que : " Si le préfet compétent à raison de la résidence du demandeur () estime, même si la demande est recevable, qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. / Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". Et aux termes de l'article 45 de ce décret : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse au courrier du 17 octobre 2018 par lequel M. A a sollicité l'abrogation de la décision du 2 mars 2017 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation, le préfet de l'Oise a indiqué à l'intéressé, par un courrier du 23 octobre 2018, qu'une telle décision devait être contestée devant le ministre de l'intérieur dans le délai de deux mois suivant sa notification. Il doit ainsi être regardé comme ayant refusé, pour ce motif, de procéder à l'abrogation de sa décision du 2 mars 2017, ce courrier ne constituant pas, comme le soutient le ministre de l'intérieur en défense, un simple courrier d'information, mais une décision faisant grief susceptible de recours. Or, il résulte des dispositions citées au point 2 que si M. A pouvait contester la décision du préfet de l'Oise du 2 mars 2017 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation devant le ministre de l'intérieur dans le délai de deux mois suivant sa notification dans le cadre du recours défini par l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, il pouvait également, s'il s'y croyait fondé et s'il y avait modification dans les circonstances de fait ou dans la réglementation applicable, demander au préfet, sans condition de délai, l'abrogation de cette décision, à laquelle ce dernier pouvait procéder en vertu de l'article L. 243-1 du code de relations entre le public et l'administration. Le requérant est, par suite, fondé à soutenir que la décision du 23 octobre 2018 est entachée d'une erreur de droit.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, par son courrier du 7 décembre 2018 adressé au ministre de l'intérieur, M. A a entendu contester la décision du 23 octobre 2018 par laquelle le préfet de l'Oise a refusé d'abroger sa décision du 2 mars 2017 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation. Le ministre de l'intérieur ne pouvait, par suite, estimer que le recours de M. A était dirigé contre la décision du 2 mars 2017 et que, présenté après l'expiration du délai du recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 2013, il devait être rejeté comme tardif. La décision du ministre du 18 janvier 2019 est ainsi entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que la décision du préfet de l'Oise du 23 octobre 2018 et la décision du ministre de l'intérieur du 18 janvier 2019 doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La décision du préfet de l'Oise du 2 mars 2017 ajournant à deux ans la demande de naturalisation de M. A ayant produit tous ses effets, l'annulation de la décision du préfet de l'Oise du 23 octobre 2018 refusant d'abroger cette décision et de la décision du ministre de l'intérieur du 18 janvier 2019 rejetant le recours formé contre cette décision n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me El Hilali Dalla-Vecchia, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me El Hilali Dalla-Vecchia de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de l'Oise du 23 octobre 2018 et la décision du ministre de l'intérieur du 18 janvier 2019 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à Me El Hilali Dalla-Vecchia une somme de 1 200 euros en vertu des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me El Hilali Dalla-Vecchia de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'intérieur, au préfet de l'Oise et à Me El Hilali Dalla-Vecchia.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
V. C
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
Y. LECLERC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026