jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1903782 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BERNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 avril 2019, 25 juin 2020 et 26 janvier 2021, M. B Collet, représenté par Me Bernier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2018 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Maine-et-Loire a décidé de ne pas renouveler son engagement en tant que sapeur-pompier volontaire, ensemble la décision du 5 mars 2019 du directeur départemental des services d'incendie et de secours de Maine-et-Loire rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2019 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire a décidé de ne pas renouveler son engagement en tant que sapeur- pompier volontaire ;
3°) d'enjoindre au SDIS de Maine-et-Loire de le réintégrer en tant que sapeur-pompier volontaire au grade de lieutenant sur un poste opérationnel au sein du centre de secours de Saint- Florent-Le-Vieil ou dans toute autre commune proche de son domicile ;
4°) de mettre à la charge du SDIS de Maine-et-Loire la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-il n'est pas justifié de la compétence du signataire des arrêtés du 17 décembre 2018 et du 6 mars 2019 ;
- les actes attaqués sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 octobre 2019 et 16 décembre 2020, le service départemental d'incendie et de secours de Maine-et-Loire, représenté par Me Raimbault, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. Collet ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 15 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 16 mars 2021. Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- les observations de Me Bernier, avocat de M. Collet,
- et les observations de Me Raimbault, avocat du SDIS de Maine-et-Loire. Considérant ce qui suit :
1. M. B Collet, sapeur-pompier volontaire depuis 1991, a souscrit, à compter du 1er mars 2009, un engagement comme sapeur-pompier volontaire pour une durée de cinq ans au sein du SDIS de Maine-et-Loire et a été affecté au centre de secours de Saint-Florent-le-Vieil. Cet engagement a été renouvelé, pour une durée de cinq ans, à compter du 1er mars 2014. Il a exercé les fonctions de chef du centre de secours de Saint-Florent-le-Vieil à partir du 1er août 2015 et jusqu'au 30 juin 2017. A compter du 1er juillet 2017, M. Collet a été affecté au sein du groupement territorial Sud Cholet. M. Collet demande l'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2018 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire a décidé de ne pas renouveler son engagement, ensemble la décision du 5 mars 2019 du directeur départemental des services d'incendie et de secours de Maine-et-Loire rejetant son recours gracieux. Par un arrêté du 6 mars 2019 dont M. Collet demande également l'annulation, le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire a décidé, de nouveau, de ne pas renouveler son engagement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1424-30 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil d'administration est chargé de l'administration du service départemental d'incendie et de secours. () Il peut déléguer, par arrêté, sous sa surveillance et sa responsabilité, l'exercice d'une partie de ses fonctions aux membres du bureau du conseil d'administration ".
3. Les arrêtés contestés sont signés pour le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire, par M. Vernot, vice-président dudit conseil. Le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire a, par arrêté n° 2017.1623 SDIS du 24 juillet 2017,
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rendu exécutoire par sa publication au recueil n° 7 du mois de juillet 2017 des actes administratifs de ce service et sa transmission à la préfecture qui l'a reçu le 24 juillet 2017, et accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet du SDIS de Maine-et-Loire, donné délégation au vice- président du conseil d'administration, M. Vernot, " en matière de recrutement, nomination et gestion des carrières des personnels de l'établissement, à savoir les sapeurs-pompiers professionnels, les sapeurs-pompiers volontaires et les personnels administratifs, techniques et spécialisés ". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés du 17 décembre 2018 et du 6 mars 2019 doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 723-10 du code de sécurité intérieure :
" Une charte nationale du sapeur-pompier volontaire, élaborée en concertation notamment avec les représentants de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, est approuvée par voie réglementaire. / Elle rappelle les valeurs du volontariat et détermine les droits et les devoirs des sapeurs-pompiers volontaires. () Elle est signée par le sapeur-pompier volontaire lors de son premier engagement. ". Aux termes de l'article R. 723-45 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Le maintien et le renouvellement de l'engagement sont subordonnés à la vérification selon les modalités définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité civile, des conditions d'aptitude physique et médicale de l'intéressé correspondant aux missions qui lui sont confiées et du respect de la charte nationale du sapeur-pompier volontaire. ". Selon les termes de cette charte, le sapeur-pompier volontaire doit " servir avec honneur, humilité et dignité et () avoir un comportement irréprochable () ".
5. Un sapeur-pompier volontaire ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son engagement et l'administration peut légalement décider, au terme de son engagement, de ne pas le renouveler pour un motif tiré de l'intérêt du service, qui s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne du sapeur-pompier volontaire.
6. Pour décider le non-renouvellement de l'engagement de M. Collet, le président du SDIS de Maine-et-Loire s'est fondé sur le comportement de l'intéressé avec ses subordonnés et sa hiérarchie.
7. L'administration fait tout d'abord valoir que, dans ses fonctions de chef de centre, M. Collet avait rencontré des problèmes relationnels et managériaux avec ses subordonnés. Elle produit à cet égard les lettres rédigées par une vingtaine de sapeurs-pompiers volontaires, représentant près de la moitié de l'effectif du centre de secours de Saint-Florent-le-Viel, se plaignant du comportement de leur chef de centre. Les pièces versées au débats, et particulièrement le rapport du commandant C A, chef de groupement territorial Sud Cholet par intérim, en date du 2 juin 2017 et le courrier du contrôleur général B Belhache, directeur départemental des services d'incendie et de secours de Maine-et-Loire, en date du 4 juillet 2018, témoignent du comportement inadapté de M. Collet, qui, en voulant " remettre de l'ordre " au sein du centre de secours de Saint-Florent-le-Vieil, a fait preuve d'une grande rigidité à l'égard de ses subordonnés, ainsi qu'il le reconnaît, et d'une rupture de la communication avec son encadrement, générant au sein du centre de secours des tensions et une ambiance pesante, ayant entamé la motivation de nombreux sapeurs-pompiers volontaires. C'est pour mettre fin à ces tensions et prévenir de possibles dysfonctionnements opérationnels, d'une part, qu'il a été mis fin aux fonctions de chef de centre de M. Collet à compter du 1er juillet 2017 et, d'autre part, qu'à compter de cette même date, M. Collet a été affecté au sein du groupement territorial Sud Cholet. Par ailleurs, le SDIS de Maine-et-Loire fait valoir qu'à la suite de son affectation au sein de cette unité administrative, le comportement de M. Collet ne s'est pas amélioré, notamment lors de ses échanges avec ses supérieurs, avec un mode de communication très inadapté et discourtois. En se bornant à se prévaloir d'attestations de plusieurs collègues de travail au sein de la société Lactalis, alors que
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l'intérêt du service du SDIS de Maine-et-Loire ne peut s'apprécier qu'au regard de la qualité de sapeur-pompier volontaire de M. Collet, ainsi que de six attestations établies par des sapeurs- pompiers volontaires faisant état de ses qualités morales et professionnelles, le requérant ne conteste pas sérieusement la réalité des faits qui lui sont reprochés par sa hiérarchie, et en particulier son comportement, ses difficultés relationnelles tant avec certains de ses supérieurs hiérarchiques qu'avec ses subordonnés ainsi que les tensions qu'il a générées. Quelles que soient les difficultés rencontrées par M. Collet, il apparaît ainsi que son comportement général n'a pas permis d'assurer la sérénité nécessaire à l'exercice des missions confiées aux sapeurs-pompiers. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les demandes du requérant de poursuite de son engagement dans d'autres centres, et plus particulièrement à Ingrandes ou à Varades, n'ont pas abouti favorablement, en raison d'une opposition du personnel du centre d'Ingrandes et de l'effectif suffisant d'officiers déjà présents au centre de Varades, qui relève en outre du SDIS de la Loire-Atlantique. Par suite, en dépit de l'ancienneté importante de M. Collet en qualité de sapeur-pompier volontaire, de son investissement, de sa disponibilité et de sa motivation, le président du conseil d'administration du SDIS de Maine-et-Loire a pu, sur le fondement du comportement général de M. Collet durant son engagement, et dans l'intérêt du service, décider de ne pas renouveler son engagement de sapeur-pompier volontaire pour une nouvelle période quinquennale sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de la nature particulière des fonctions, et notamment d'encadrement, exercées par un officier sapeur-pompier volontaire.
8. Il résulte de ce qui précède que M. Collet n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS de Maine-et-Loire, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. Collet au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. Collet la somme demandée par le SDIS de Maine-et-Loire au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. Collet est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendie et de secours de Maine-et-Loire au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B Collet et au Service départemental d'incendie et de secours de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président, Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026