mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1904211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PLATEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 avril 2019, M. A B, représenté par Me Plateaux, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 10 020 euros au titre d'un supplément d'impôt sur le revenu mis à sa charge par suite de la faute commise par le ministre des armées lors du versement de son traitement, entre les années 2015 et 2017, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en lui versant, entre 2015 et 2018, une rémunération supérieure à ce qui lui était dû, avant de lui demander d'en restituer le trop-perçu en 2018, l'administration a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- il a subi, du fait de cette faute, un préjudice financier résultant de la hausse du montant de son impôt sur le revenu pendant la période litigieuse, correspondant à la somme totale de 5 020 euros ;
- il a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, qu'il évalue à hauteur de 5 000 euros.
Une mise en demeure a été adressée à la ministre des armées le 17 février 2022.
Par ordonnance du 17 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 avril 2022.
Un mémoire en défense présenté par le ministre des armées a été enregistré le 21 octobre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Plateaux, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 16 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent contractuel du ministère des armées, a été placé en congé de grave maladie à compter du 29 juin 2015, avant d'être, selon ses déclarations, licencié en 2018 pour inaptitude physique. Par un courrier du 2 août 2017, M. B a d'abord été informé qu'il était redevable de la somme de 347,13 euros correspondant aux indemnités journalières de sécurité sociale versées au mois de décembre 2016. Par un courrier du 28 mai 2018, il a ensuite été informé qu'il était redevable de la somme de 4 487,73 euros correspondant aux indemnités journalières de sécurité sociale versées pour la période comprise entre le 1er mai et le 31 octobre 2017. Par un courrier du 30 août 2018, il a encore été informé qu'il était redevable de la somme de 3 541,61 euros correspondant à ces mêmes indemnités versées entre les mois de janvier et avril 2017. Par un courrier du 23 janvier 2019, le requérant a enfin été informé qu'il était redevable de la somme de 8 668,57 euros, correspondant d'une part au versement d'un plein traitement quand il aurait dû percevoir un demi-traitement, entre le 29 juin et le 31 octobre 2016, d'autre part, aux indemnités journalières de sécurité sociale versées pendant la période comprise entre le 1er novembre 2017 et le 28 juin 2018. Des précomptes ont également été effectués à ce titre sur sa rémunération au cours des années 2016 et 2017. Par un courrier du 21 janvier 2019, enregistré par l'administration le 25 janvier suivant, M. B a sollicité du ministre des armées la réparation des préjudices financier, moral et des troubles dans ses conditions d'existence résultant du versement fautif d'un trop-perçu de rémunération entre les années 2016 et 2018. Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence de l'administration. Par sa requête, le requérant demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme totale de 10 020 euros au titre de la réparation des préjudices précités.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article L. 829-1 du code général de la sécurité sociale : " Les agents contractuels bénéficient de règles de protection sociale semblables à celles des fonctionnaires, sauf en ce qui concerne les régimes d'assurance maladie et d'assurance vieillesse. ". Aux termes de l'article 2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " La réglementation du régime général de sécurité sociale ainsi que celle relative aux accidents du travail et aux maladies professionnelles sont applicables, sauf dispositions contraires, aux agents contractuels visés à l'article 1er du présent décret. / Les agents contractuels : / 1° Sont, dans tous les cas, affiliés aux caisses primaires d'assurance maladie pour bénéficier des assurances maladie, maternité, invalidité et décès et de la couverture du congé de paternité ; () / Les prestations en espèces versées par les caisses de sécurité sociale en matière de maladie, maternité, paternité, adoption, invalidité, accidents du travail et maladies professionnelles ainsi que les pensions de vieillesse allouées en cas d'inaptitude au travail sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par l'administration durant les congés prévus aux articles 12 à 15. () ". Aux termes de l'article 13 de ce décret : " L'agent contractuel en activité et comptant au moins trois années de service, atteint d'une affection dûment constatée, le mettant dans l'impossibilité d'exercer son activité, nécessitant un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée bénéficie d'un congé de grave maladie pendant une période maximale de trois ans. / Dans cette situation, l'intéressé conserve l'intégralité de son traitement pendant une durée de douze mois. Le traitement est réduit de moitié pendant les vingt-quatre mois suivants. () ".
3. Aux termes de l'article R. 323-11 du code de la sécurité sociale : " La caisse primaire de l'assurance maladie n'est pas fondée à suspendre le service de l'indemnité journalière lorsque l'employeur maintient à l'assuré, en cas de maladie, tout ou partie de son salaire ou des avantages en nature, soit en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, soit en vertu des usages, soit de sa propre initiative. / Toutefois, lorsque le salaire est maintenu en totalité, l'employeur est subrogé de plein droit à l'assuré, quelles que soient les clauses du contrat, dans les droits de celui-ci aux indemnités journalières qui lui sont dues. / Lorsque, en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, le salaire est maintenu en totalité ou en partie sous déduction des indemnités journalières, l'employeur qui paie tout ou partie du salaire pendant la période de maladie sans opérer cette déduction est subrogé de plein droit à l'assuré dans ses droits aux indemnités journalières pour la période considérée, à condition que le salaire maintenu au cours de cette période soit au moins égal au montant des indemnités dues pour la même période. / Dans les autres cas, l'employeur est seulement fondé à poursuivre auprès de l'assuré le recouvrement de la somme correspondant aux indemnités journalières, dans la limite du salaire maintenu pendant la même période. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un agent non titulaire placé en congé de grave maladie perçoit des indemnités journalières de la caisse primaire de l'assurance maladie, l'administration peut, soit opérer leur déduction du traitement versé à l'intéressé, soit, si elle n'a pas opéré cette déduction, poursuivre leur recouvrement auprès de ce dernier.
5. D'une part, comme cela a été dit au point précédent, l'administration pouvait verser à M. B l'intégralité de son traitement sans en déduire les indemnités journalières qu'il percevait de la caisse primaire d'assurance maladie, et ultérieurement poursuivre leur recouvrement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les trop-perçus résultant du versement de ces indemnités présenteraient, en eux-mêmes, un caractère fautif.
6. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que M. B a continué de percevoir un plein traitement auquel il n'avait plus droit à compter du 29 juin 2016, date à laquelle il se trouvait placé en congé de grave maladie depuis plus de 12 mois, son traitement a toutefois été réduit de moitié dès le 1er novembre 2016. L'erreur ainsi commise par l'administration dans la liquidation du traitement du requérant n'ayant pas perduré au-delà de 4 mois, elle ne saurait caractériser, dans ces circonstances, une carence fautive de l'administration.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en lui versant une rémunération supérieure à ce qui lui était dû, avant de procéder à un recouvrement du trop-perçu. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation du requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme que demande le requérant au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
La rapporteure,
L. C
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026