mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905105 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HELIANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2019 et régularisée le 27 mai 2019 et un mémoire enregistré le 13 janvier 2020, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Saumur a refusé de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, ensemble la décision du 13 mars 2019 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Saumur de lui verser rétroactivement le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire depuis le mois de février 2017.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l'article 27 de la loi du 16 janvier 1991 et du décret n° 2001-979 du 25 octobre 2001 dès lors que le seul critère à retenir pour l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire est celui de l'exercice de certaines fonctions ; elle encadre au moins 5 personnes depuis le mois de février 2017, ce qui lui ouvre le droit au bénéfice de cette bonification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2019, le centre hospitalier de Saumur, représentée par Me Caillet, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête de Mme A est irrecevable pour tardiveté ; les décisions attaquées du 4 janvier 2019 et du 13 mars 2019 sont confirmatives d'un rejet déjà opposé à la requérante et dont cette dernière a eu connaissance au plus tard à l'occasion de la signature de son entretien d'évaluation le 31 janvier 2018 ;
- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 2001-979 du 25 octobre 2001 ;
- le décret n° 2001-1207 du 19 décembre 2001 ;
- le décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- les conclusions de Mme Dubus, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, attachée d'administration hospitalière titulaire, a été recrutée à compter du mois de septembre 1996 par le centre hospitalier de Saumur (Maine-et-Loire). Par un courrier du 20 décembre 2018, elle a demandé au directeur de l'établissement de santé de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au taux de vingt-cinq points majorés. Par décision du 4 janvier 2019, le directeur a rejeté sa demande. Par un courrier du 12 février 2019, Mme A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par décision du 13 mars 2019, le directeur du centre hospitalier de Saumur a rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 4 janvier 2019 par laquelle le directeur de l'établissement de santé a refusé de lui accorder le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, ensemble la décision du 13 mars 2019 par laquelle il a rejeté son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le centre hospitalier de Saumur :
2. Le centre hospitalier de Saumur soutient que la décision attaquée du 4 janvier 2019 est confirmative d'une décision verbale prise par la directrice des affaires financières et de l'activité à l'occasion de l'entretien d'évaluation de Mme A au titre de l'année 2017 et dont l'intéressée a eu connaissance au plus tard le jour de la signature de son compte rendu d'entretien d'évaluation, soit le 30 décembre 2018. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les seuls éléments produits au soutien de l'existence d'une décision verbale sont les observations portées par Mme A elle-même sur ce compte-rendu d'évaluation relevant son souhait de bénéficier de la NBI et un " refus ". Par ailleurs, cette dernière soutient, sans être contestée, qu'elle s'est bornée à interpréter les propos de sa supérieure hiérarchique et que cette dernière étant incompétente pour se prononcer sur l'octroi d'une NBI, elle n'a jamais considéré ce rejet comme étant une décision de refus faisant grief et susceptible de recours. Il résulte de ce qui précède que l'existence d'une décision verbale de rejet de NBI, à la suite de propos au demeurant supposément tenus par la directrice des affaires financières dans un domaine ne relevant pas de sa compétence, n'est pas établie. Par suite, la décision attaquée du 4 janvier 2019, prise par le directeur des ressources humaines du centre hospitalier de Saumur, ne peut être considérée comme étant une décision confirmative. Il s'en suit que la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Saumur doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 25 octobre 2001 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique hospitalière et modifiant le décret n° 92-112 du 3 février 1992, le décret n° 94-140 du 14 février 1994 et le décret n° 97-120 du 5 février 1997 relatifs à la nouvelle bonification indiciaire : " Une nouvelle bonification indiciaire, dont le montant est pris en compte et soumis à cotisations pour le calcul de la pension de retraite, est attribuée mensuellement, à raison de leurs fonctions, aux fonctionnaires hospitaliers ci-dessous : 1. Adjoints des cadres hospitaliers encadrant au moins cinq personnes : 25 points majorés () ". Le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire, instituée par les dispositions précitées, n'est lié ni au corps d'appartenance des fonctionnaires, ni à leur grade, mais dépend seulement de l'exercice effectif des fonctions qui y ouvrent droit.
4. Mme A, attachée d'administration hospitalière, a exercé ses fonctions au sein de la direction des affaires financières et de l'activité du centre hospitalier de Saumur en qualité de chargée de la gestion des finances et de l'activité. Elle soutient, sans être contestée, qu'elle y a encadré trois adjoints des cadres hospitaliers et deux adjoints administratifs à compter du mois de février 2017. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et notamment d'un organigramme de la direction des affaires financières et de l'activité, qu'elle encadrait bien cinq agents à la date du 15 février 2017. Il ressort par ailleurs des termes de la décision du 4 janvier 2019 que, pour refuser à Mme A le bénéfice d'une nouvelle bonification indiciaire de vingt-cinq points, son employeur s'est uniquement fondé sur la circonstance qu'elle n'exerçait pas de fonctions d'encadrement dans une direction chargée des ressources humaines. Toutefois, et ainsi que le fait valoir la requérante, une telle condition n'est pas prévue pour l'attribution d'une nouvelle bonification indiciaire de vingt-cinq points par les dispositions ci-dessus rappelées de l'article 1er du décret du 25 octobre 2001, qui ouvrent droit à la nouvelle bonification indiciaire pour les agents occupant un emploi d'adjoint des cadres hospitaliers à raison de leurs seules fonctions d'encadrement d'au moins cinq personnes. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment d'un courrier du directeur des ressources humaines du centre hospitalier relatif à la fonction de cadre administratif de pôle, que Mme A avait en outre pour fonction d'apporter une aide à l'interprétation des résultats des indicateurs d'activité, financiers et de suivi des effectifs du pôle et qu'elle a conservé ces fonctions à la suite de la disparition des cadres de pôle. Les fonctions ainsi exercées par la requérante sont similaires à celles qui peuvent être confiées aux adjoints des cadres hospitaliers en vertu de l'article 9 du décret du 14 juin 2011 portant statuts particuliers des personnels administratifs de la catégorie B de la fonction publique hospitalière, selon lequel " Les membres du corps des adjoints des cadres hospitaliers assurent l'instruction des affaires qui leur sont confiées et exercent des missions de gestion et d'administration dans les établissements et services où ils sont affectés. Ils peuvent également se voir confier l'animation d'une équipe () ".
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A remplit les conditions requises pour bénéficier de la nouvelle bonification indiciaire et qu'elle est par conséquent fondée à soutenir que les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit en méconnaissance des dispositions de l'article 1er du décret précité du 25 octobre 2001. Par suite, la décision du 4 janvier 2019 doit être annulée, ensemble celle du 13 mars 2019 de rejet du recours gracieux formé par Mme A.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
7. Le présent jugement implique nécessairement que Mme A bénéficie de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er février 2017 et tant qu'elle a continué à remplir les conditions requises pour son attribution, la valeur du point d'indice à retenir étant celle existant à chaque période concernée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Saumur de lui attribuer cette bonification à compter du 1er février 2017 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le centre hospitalier de Saumur au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 janvier 2019 du directeur du centre hospitalier de Saumur refusant à Mme A le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au taux de vingt-cinq points majorés est annulée, ensemble celle du 13 mars 2019 de rejet de son recours gracieux.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier de Saumur de verser à Mme A, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une somme correspondant aux arriérés de nouvelle bonification indiciaire au taux de vingt-cinq points majorés à compter du 1er février 2017 et tant qu'elle a continué à remplir les conditions requises pour son attribution.
Article 3 : Les conclusions du centre hospitalier de Saumur sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Saumur.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BERIA-GUILLAUMIE
La greffière
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026