mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GAUDRE COEUR-UNI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2019, M. B C, représenté par Me Gaudre Coeur-Uni, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mars 2019 par laquelle le directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) du Haut Anjou a décidé de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée arrivé à échéance le 31 août 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros à verser au requérant en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas d'obtention de l'aide juridique partielle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la communication de son dossier ;
- elle constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle repose sur des faits matériellement inexacts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire conclut à la mise hors de cause de l'Etat de la présente instance et à la mise en cause de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole Haut Anjou, seul compétent pour défendre la légalité de la décision attaquée.
Une mise en demeure a été adressée le 23 mai 2022 à l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole Haut Anjou.
Par ordonnance du 15 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat du 1er septembre 2013, M. B C a été recruté par le directeur de l'EPLEFPA du Haut Anjou en qualité d'agent contractuel à durée déterminée, du 1er septembre 2013 au 31 août 2014, à temps complet pour exercer les fonctions d'assistant d'éducation au sein du lycée professionnel agricole du Haut-Anjou. Son contrat a été reconduit pour l'année scolaire 2014/2015, puis pour l'année scolaire 2015/2016, à temps incomplet à hauteur de 30 %. Parallèlement, par contrat du 24 septembre 2014, M. C a été recruté par le ministre chargé de l'agriculture en qualité d'agent contractuel à durée déterminée à temps incomplet de 70 % pour exercer les fonctions de technicien de formation et de recherche " vie scolaire " au sein du lycée professionnel agricole de Château-Gontier. Son contrat a été reconduit pour l'année scolaire 2015/2016. Par un courrier du 3 juin 2016, le proviseur du lycée professionnel du Haut-Anjou a informé M. C de sa décision de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée pour l'année 2016/2017. Par un jugement du 12 mars 2019, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision au motif qu'elle avait été prise par une autorité incompétente pour ce faire. Par décision du 19 mars 2019, le directeur de l'EPLEFPA du Haut Anjou a maintenu la décision de ne pas reconduire le contrat de l'intéressé. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit à renouvellement de celui-ci. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas renouveler ce contrat est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de l'agent et, de manière générale, sur sa manière de servir et se trouve ainsi prise en considération de la personne, elle n'est - sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée - ni au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de prendre connaissance de son dossier, ni au nombre de celles qui doivent être motivées en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C, a été recruté en qualité d'assistant d'éducation par l'EPLEFPA dans le cadre de contrats à durée déterminée successifs. La décision de non renouvellement litigieuse fait suite, ainsi que cela ressort d'un courrier du 30 mars 2016 qui lui a été adressé par le proviseur du lycée profession agricole du Haut Anjou, à un premier rappel intervenu durant l'année scolaire 2014-2015 sur la nécessité de parvenir à concilier sa mission d'assistant d'éducation et sa mission de technicien de formation et de recherche, ainsi qu'à sa difficulté à se positionner vis-à-vis de ses collègues assistants d'éducation, puis à un second rappel intervenu en décembre 2015 quant à son positionnement auprès des élèves. Enfin, il ressort de ce même document que M. C a, à nouveau, été reçu par la direction le 21 mars 2016, suite à des difficultés relationnelles dénoncées par l'une de ses collègues assistante d'éducation, l'administration évoquant une possible situation de harcèlement moral. Ainsi, au vu de ces éléments, la décision de ne pas renouveler le contrat d'assistant d'éducation de M. C à son échéance était essentiellement motivée par sa manière de servir et notamment par son positionnement professionnel tant vis-à-vis des élèves que vis-à-vis de ses collègues. Dès lors, contrairement à ce que soutient l'intéressé, la décision litigieuse, alors même qu'elle a été prise pour des motifs tirés de son comportement professionnel, ne se fonde pas sur des motifs d'ordre disciplinaire. En conséquence, la décision de ne pas renouveler le contrat à durée déterminée de M. C a pu légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de demander la communication de son dossier.
4. En deuxième lieu, dès lors que la décision de ne pas renouveler le contrat ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le moyen tiré du défaut de motivation est inopérant.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait une sanction disciplinaire déguisée et procéderait d'un détournement de pouvoir doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que par courrier du 30 mars 2016, le directeur de l'EPLEFPA du Haut Anjou a demandé à M. C de " revoir son positionnement vis-à-vis des élèves et de faire en sorte qu'ils ne puissent plus arguer auprès des équipes éducatives d'une relation privilégiée avec lui () " et, également, " de contribuer en adoptant une attitude de collègue à leur égard et non pas de supérieur hiérarchique, à ce que l'équipe d'assistants d'éducation retrouve sa solidarité () ". En se bornant à soutenir qu'il n'a jamais failli à ses obligations et qu'il a démontré sa capacité de servir, sans produire aucune pièce au soutien de ses allégations, le requérant n'établit pas que la décision attaquée repose sur des faits matériellement inexacts. En outre, la circonstance que, à l'occasion de messages électroniques, une personne ayant également exercé les fonctions d'assistante d'éducation au sein de l'EPLEFPA du Haut Anjou affirme que la collègue s'étant plainte du comportement du requérant à son égard s'est également plainte du comportement des autres assistants d'éducation, est insuffisante à remettre en cause les griefs formulés sur la manière de servir de M. C. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de non-renouvellement de son contrat du 19 mars 2019.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par M. C, partie perdante à la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Gaudre Cœur-Uni et au directeur de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole du Haut Anjou.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
S. DEGOMMIER La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026