jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905614 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KOUAHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2019, et un mémoire, enregistré le 16 août 2022, Mme A B, représentée par Me Léopold Kouahou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 mai 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande d'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de sa demande et de prendre une nouvelle décision dans un délai de 2 mois à compter du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat de la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2019, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme B.
Il soutient que l'argumentation développée par la requérante à l'appui de son moyen n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de la décision attaquée.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme B par une décision du 23 février 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 septembre 2022 à 10h45.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a présenté, auprès des services de la préfecture de l'Hérault, département dans lequel elle est domiciliée, une demande tendant à l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Par une décision du 12 décembre 2018, le préfet de ce département a ajourné cette demande en lui imposant un délai de deux ans avant de déposer une nouvelle demande. Mme B a, pour contester cette décision et comme elle y était tenue en application de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation, saisi le ministre de l'intérieur d'un recours qui a été expressément rejeté le 10 mai 2019. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai (). Ce délai une fois expiré (), il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à la ressortissante étrangère qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen, pour lequel il dispose d'un large pouvoir d'appréciation, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement de l'intéressé.
3. Pour ajourner à deux ans, à compter du 12 décembre 2018, la demande de naturalisation déposée par Mme B, le ministre de l'intérieur s'est fondé, d'une part, sur des faits de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, avec une concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 grammes (sang) ou 0,40 milligrammes (air expiré), commis par l'intéressée le 7 septembre 2014, d'autre part, sur l'existence, au 25 octobre 2018, d'une dette locative d'un montant de 1 248,65 euros.
4. L'article 21-27 du code civil dispose que " Nul ne peut acquérir la nationalité française () s'il a été l'objet soit d'une condamnation pour crimes ou délits constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, soit, quelle que soit l'infraction considérée, s'il a été condamné à une peine égale ou supérieure à six mois d'emprisonnement, non assortie d'une mesure de sursis. / () ".
5. Si l'un des motifs pour lequel il n'a pas été accédé à la demande de naturalisation présentée par Mme B est en relation avec une infraction pénale commise par l'intéressée, cette demande n'a pas été déclarée irrecevable au motif qu'elle aurait fait l'objet de l'une des condamnations mentionnées à l'article 21-27 du code civil. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir que ce motif aurait été opposé en méconnaissance des dispositions de l'article 21-27 du code civil.
6. Concernant les faits de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, la requérante relève qu'elle les "regrette amèrement" et que depuis cette "douloureuse épreuve", elle ne consomme plus d'alcool et respecte les règles de sécurité du code de la route. Par une telle argumentation, la requérante ne conteste pas utilement les faits, qu'elle reconnaît avoir commis. Si elle soutient qu'aucune poursuite pénale n'a été diligentée à son encontre à la suite de ces faits, il ressort au contraire des pièces du dossier que de telles poursuites, qui se sont traduites par l'exécution d'une composition pénale, ont bien été engagées. Compte tenu notamment de leur gravité, ces faits, commis moins de 5 ans avant la décision attaquée, de sorte que leur ancienneté est relative, ont pu être retenus par le ministre de l'intérieur, quand bien même ils ne sont pas mentionnés au sein du bulletin n° 2 du casier judiciaire national, pour prononcer, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, l'ajournement pour une durée de deux ans de la demande de naturalisation présentée par l'intéressée.
7. Concernant la dette locative, si cette dette, d'un montant de 1 248,65 euros, a été réglée depuis le mois de janvier de l'année 2019, ce paiement est intervenu entre la décision du préfet de l'Hérault du 10 décembre 2018 et la décision du ministre de l'intérieur du 10 mai 2019. Aucune explication sur les raisons de cet impayé, dont le montant correspond à près de trois mois de loyers et de charges locatives, n'a été donnée par l'intéressée. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en retenant, comme motif d'ajournement à deux ans, la circonstance que Mme B n'a pas réglé à l'échéance les montants dus au titre de l'occupation de son logement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision prise par le ministre de l'intérieur le 10 mai 2019 ajournant à deux ans la demande de naturalisation déposée par Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Yves Léopold Kouahou.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
D. C
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026