mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP HAUTEMAINE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 mai et le 4 juillet 2019, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 avril 2019 par laquelle le directeur du GRETA du Maine l'a licenciée pour raison de service ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 135 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'elle indique que la commission consultative paritaire académique compétente a siégé en formation disciplinaire, alors qu'elle a été licenciée pour raison de service ;
- la commission consultative paritaire n'était pas régulièrement constituée, en l'absence d'arrêté établi en ce sens ;
- il n'est pas établi que cette commission a pris connaissance des éléments financiers actualisés et a étudié la nécessité de ce licenciement pour raison de service ;
- en la licenciant sans motif valable, l'administration a commis une discrimination à son encontre, à raison de sa qualité de travailleuse handicapée et de l'exercice de ses fonctions à temps partiel.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 novembre 2019 et le 8 janvier 2020, le GRETA du Maine, représenté par Me Dupuy, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, le lycée Gabriel Touchard-Washington, établissement support du GRETA du Maine, représenté par Me Dupuy, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
La Défenseure des droits, en application des dispositions de l'article 33 de la loi organique du 29 mars 2011 relative au Défenseur des droits, a présenté des observations, enregistrées le 16 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 27 juin 2011 instituant des commissions consultatives paritaires compétentes à l'égard de certains agents contractuels exerçant leurs fonctions au sein du ministère chargé de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les conclusions de M. Jégard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, assistante comptable et de gestion au GRETA du Maine, employée en contrat à durée indéterminée depuis le 13 septembre 2010, a été licenciée pour raison de service par une décision du 5 avril 2019. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 45-3 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, dans sa version en vigueur : " Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent doit être justifié par l'un des motifs suivants : / 1° La suppression du besoin ou de l'emploi qui a justifié le recrutement de l'agent ; / () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son origine, de son sexe, de sa situation de famille, de sa grossesse, de son apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son patronyme, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, de son état de santé, de sa perte d'autonomie, de son handicap, de ses caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable. / Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés. () ".
4. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Mme B soutient sans être contestée qu'elle a été reconnue travailleuse handicapée par la maison départementale des personnes handicapées. Il est par ailleurs constant qu'elle exerce ses fonctions à temps partiel depuis le 18 avril 2016, date de sa reprise d'activité à l'issue d'un congé de longue maladie. La requérante estime que ce sont ces circonstances qui ont motivé son licenciement pour raison de service, ce qui révèle selon elle une discrimination commise à son encontre. L'administration fait valoir en défense que le licenciement litigieux était uniquement motivé par l'intérêt du service, au regard de la situation financière du GRETA, dont le chiffre d'affaires au titre de l'exercice de l'année 2018 s'est révélé inférieur d'un million d'euros par rapport au budget prévisionnel. Elle précise que le GRETA a, dans ce contexte, été contraint de réduire ses charges fixes et particulièrement sa masse salariale, pour équilibrer son budget et restaurer à court et moyen-terme son équilibre financier et soutient qu'il a été décidé de répartir la réduction de l'activité sur tous les services, aboutissant ainsi à la suppression de 0,25 " équivalent temps plein " (ETP) au service coordination, 0,5 ETP au service de comptabilité gestion, 3,1 ETP au service de formation et 1 ETP au service communication, Mme B n'étant pas, ainsi, la seule agente concernée par une mesure de licenciement pour raison de service. Si les documents comptables produits en défense permettent d'établir que le GRETA était déficitaire de 660 835,15 euros au titre de l'exercice de l'année 2018, ces seuls éléments de contexte ne permettent pas de justifier pourquoi Mme B a fait l'objet de cette mesure de licenciement, alors qu'il ressort du procès-verbal de la séance de la commission consultative paritaire académique des agents contractuels du 26 février 2019 que cette dernière était en contrat à durée indéterminée depuis le mois de septembre 2010, quand les deux autres agents du pôle financier, qui n'ont pas été licenciés, étaient en contrat à durée déterminée. Par ailleurs, il ressort du compte-rendu préalable au licenciement pour motif économique du 13 décembre 2018 ainsi que du " rapport concernant la procédure de licenciement pour motif économique engagée à l'encontre de Mme B ", versés au dossier que, parmi les critères retenus pour procéder au choix des agents concernés par un licenciement pour raison de service, figuraient " les avantages et difficultés à répondre aux enjeux du GRETA du Maine pendant 2 ans ", " la quotité de travail des personnels concernés ", et " la capacité à répondre aux défis que devra relever la structure en 2019 ". Le directeur du GRETA a également, au cours de la commission consultative paritaire académique des agents contractuels du 26 février 2019, affirmé " sa stratégie d'identifier sur quelles personnes on peut le plus et le moins compter pour relever la structure ". L'ensemble de ces critères de choix étaient susceptibles d'entraîner pour Mme B, reconnue travailleuse handicapée et exerçant ses fonctions à temps partiel, un désavantage particulier par rapport aux autres agents du GRETA. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que le directeur du GRETA a considéré, pour fonder le licenciement litigieux, que les tâches attribuées à Mme B étaient " les moins essentielles et les plus facilement redistribuables ", cette considération ne ressort pas des pièces du dossier et l'administration ne produit aucun élément de nature à en justifier. Ainsi, il n'est pas démontré que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Par suite, Mme B est fondée à soutenir qu'en prenant la décision litigieuse, l'administration a commis une discrimination à son encontre, à raison de sa qualité de travailleuse handicapée et de la circonstance qu'elle exerce ses fonctions à temps partiel.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 5 avril 2019 doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge du lycée Gabriel Touchard-Washington la somme de 135 euros que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 avril 2019 par laquelle le directeur du GRETA du Maine a licencié Mme B pour raison de service est annulée.
Article 2 : Le lycée Gabriel Touchard-Washington versera à Mme B la somme de 135 (cent trente-cinq) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au lycée Gabriel Touchard-Washington.
Copie en sera adressée pour information à la Défenseure des droits et au GRETA du Maine.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
L. FRELAUT
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026