jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1906256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 juin 2019 et le 31 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 4 avril 2019 par laquelle le conseil syndical du syndicat intercommunal à vocation scolaire (Sivos) de Bercé s'est prononcé en faveur de l'émission d'un titre de recette à son encontre afin qu'elle rembourse la somme de 9 740,52 euros ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 23 avril 2019, portant sur un montant de 9 740,52 euros, par la trésorerie de Château-du-Loir ;
3°) de mettre à la charge du Sivos de Bercé le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas exclu que l'adoption de la délibération n'a pas été inscrite à l'ordre du jour de la réunion du conseil syndical du Sivos de Bercé ;
- le conseil syndical n'était pas compétent pour décider de l'émission d'un titre exécutoire à son encontre, une telle prérogative relevant de l'exécutif du syndicat ;
- compte tenu des incohérences sur le nombre de présents et du nombre de votants, la secrétaire de séance, qui est fonctionnaire, a dû participer au vote de la délibération ;
- l'avis des sommes à payer ne précise pas les bases de liquidation, seule étant produite une série de feuillets imprécis ;
- le titre de perception se fonde sur des faits matériellement inexacts dès lors que sa mise en disponibilité a été annulée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes ;
- le titre de perception est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- à l'appui de l'avis émis par la trésorerie sont produits 6 bordereaux en date du 28 mars 2017, du 31 mai 2017, du 4 juillet 2017, du 4 octobre 2017, du 15 décembre 2017 et du 12 février 2018, de telles décisions ne pouvaient être retirées que dans un délai de 4 mois.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2020, le syndicat intercommunal à vocation scolaire de Bercé, représenté par Me Forcinal, conclut au non-lieu à statuer sur la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que le titre de recettes dont l'annulation est demandée a été annulé par la trésorerie de Château-du-Loir, comme Mme B en a été informée le 10 octobre 2019, et qu'un nouveau titre de recettes portant sur la somme de 3 750,66 euros a été adressé à la requérante, qui n'en a pas demandé l'annulation.
Par un courrier du 21 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder le jugement à venir sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tenant à l'annulation de la délibération du conseil syndical du Sivos du 4 avril 2019 qui a été retirée, en cours d'instance, par la délibération de ce même conseil en date du 29 octobre 2019, laquelle a acquis un caractère définitif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Me Forcinal, représentant le syndicat intercommunal à vocation scolaire de Bercé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par le syndicat intercommunal à vocation scolaire (Sivos) de Bercé le 7 mai 2001 en qualité d'agent contractuel à durée déterminée à temps non complet et a été titularisée en 2002 au grade d'adjoint technique territorial de 2ème classe et affectée sur le poste de responsable du restaurant scolaire de la commune de Jupilles. Du 12 août 2014 au 12 août 2015, Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire. Par un arrêté du 5 septembre 2015, le président du Sivos a prononcé sa mise en disponibilité d'office à compter du 12 août 2015 pour une période de trois mois. Par un arrêté du 14 janvier 2016, le président du Sivos de Bercé a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle. Par un jugement n° 1602056 du 6 décembre 2017, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B tendant à l'annulation de cet arrêté. Par un arrêt n°18NT00466 du 19 mars 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du 14 janvier 2016. Par un jugement n° 1509172 du 6 décembre 2017, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 septembre 2015. Par un arrêt n°18NT00467 du 19 mars 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du 5 septembre 2015. Par un arrêté du 28 mars 2019, le président du Sivos a placé Mme B en disponibilité d'office pour raisons de santé. Par une délibération du 3 avril 2019, le conseil syndical du Sivos de Bercé a accepté qu'un titre de perception portant sur la récupération d'un trop-perçu d'allocation d'aide au retour à l'emploi soit émis à l'encontre de Mme B. Le 23 avril 2019, le président du Sivos a émis un titre exécutoire à l'encontre cette dernière pour le recouvrement de la somme de 9 740,52 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation d'aide au retour à l'emploi portant sur la période du mois de mars 2017 au mois de février 2018. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la délibération du 3 avril 2019 et du titre de perception du 23 avril 2019.
Sur l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions en opposition dirigées contre l'avis de sommes à payer n° 231 du 23 avril 2019 opposée par le Sivos de Bercé :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire n° 231 émis le 23 avril 2019 par l'ordonnateur du Sivos de Bercé a été retiré en cours d'instance, et remplacé par un nouvel avis de sommes à payer n° 635 du 30 octobre 2019. Par suite, il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dirigées à l'encontre du titre exécutoire du 23 avril 2019. En revanche, dès lors que le nouveau titre émis le 30 octobre 2019 par ledit ordonnateur fait référence à la même créance, il a la même portée que celui qui a été retiré. Par suite, la requérante doit donc être regardée comme demandant l'annulation de ce titre.
Sur l'exception de non-lieu à statuer sur les conclusions en opposition dirigées contre la délibération du 4 avril 2019 du conseil syndical du Sivos :
4. Le retrait en cours d'instance de l'acte attaqué, qui a un effet rétroactif, constitue une cause de non-lieu, à condition que la décision de retrait, faute d'avoir été critiquée dans le délai de recours contentieux, ait acquis un caractère définitif. Il en va ainsi quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
5. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du conseil syndical du Sivos du 4 avril 2019 a été retirée, en cours d'instance, par la délibération de ce même conseil en date du 29 octobre 2019. Ce retrait a acquis un caractère définitif faute d'avoir été critiqué dans le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 4 avril 2019 sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisait l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint au titre de perception ou précédemment adressé au débiteur, les bases de la liquidation de la créance pour laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables.
7. Il résulte des mentions portées sur le titre de perception litigieux qu'il a pour objet le remboursement d'un indu d'allocation d'aide au retour à l'emploi perçu par l'intéressée au titre d'une période allant du mois d'octobre 2017 au mois de février 2018, ces bornes temporelles n'étant pas explicitées, le remboursement ne portant au demeurant pas sur la totalité du mois de février 2018. Si le Sivos verse à l'instance un document élaboré par ses soins, intitulé " trop perçu allocation retour à l'emploi Mme B ", détaillant le calcul du montant de trop-perçu, il n'est pas établi par les pièces du dossier que ce document, auquel le titre de perception ne fait d'ailleurs pas référence, aurait été joint au titre notifié à Mme B. Par ailleurs, si le titre de perception émis le 23 avril 2019 était accompagné d'un détail mensuel des modalités de calcul de l'indu, la période concernée par le titre de perception en litige n'est pas la même, le retrait du titre de perception du 23 avril 2019 et son remplacement par le titre du 30 octobre 2019 étant précisément motivé par le recalcul, par le Sivos de Bercé, de la période durant laquelle Mme B n'était pas éligible à l'ARE et du délai de prescription, lequel a en outre été appliqué de manière erronée. Dans ces conditions, la requérante n'a pas été valablement informée des bases de la liquidation de la dette mise à sa charge par le titre exécutoire dont elle a été rendue destinataire et celui-ci doit être, pour ce motif, annulé.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire du 30 octobre 2019.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge du Sivos de Bercé le versement à Mme B la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer les conclusions de la requête dirigées contre la délibération du 4 avril 2019 du conseil syndical du Sivos de Bercé et contre le titre exécutoire n° 231 émis le 23 avril 2019 par le président du Sivos de Bercé.
Article 2 : Le titre exécutoire émis le 30 octobre 2019 par le président du Sivos de Bercé est annulé.
Article 3 : Le Sivos de Bercé versera une somme de 1 500 euros à Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au syndicat intercommunal à vocation scolaire de Bercé.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026