lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1906329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DEGRÂCES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 juin 2019 et le 17 février 2020, M. C A D, représenté par Me Degrâces, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 4 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du préfet de police de Paris du 4 octobre 2018 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation et y a substitué une décision de rejet de sa demande de naturalisation.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'erreur de déclaration de ses revenus perçus au titre de l'année 2015 a été corrigée par le comptable de la société qui l'emploie et qui démontre qu'il n'a pas omis de déclarer l'intégralité de ses revenus mais qu'il a effectivement perçu la somme de 9 371 euros au titre de cette année ;
- la décision est entachée d'une autre erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où il n'a pas de relations avec les services de renseignements marocains, dès lors que c'est son frère qui entretient de telles relations avec le Maroc ; ce motif nouveau est postérieur à la décision du 4 octobre 2018 ; les relations de son frère avec le royaume marocain n'ont pas d'incidence sur sa loyauté à l'égard de la République française ; la société qui l'emploie a été placée en liquidation judiciaire et l'a licencié en mars 2019 soit à une date à laquelle il ne peut plus lui être reproché d'avoir des relations avec le royaume du Maroc ;
- il remplit les conditions légales présidant à l'obtention de la nationalité française, ses revenus sont satisfaisants, il dispose de son propre logement, son parcours universitaire et professionnel est notable.
Par un mémoire en défense, enregistré 18 décembre 2019, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 29 septembre 2022, a été présenté pour M. A D.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Degrâces, avocate de M. A D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A D, ressortissant marocain, a présenté une demande de naturalisation auprès du préfet de police de Paris qui a été ajournée à deux ans par une décision du 4 octobre 2018. M. A D a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur. Le silence gardé par le ministre de l'intérieur sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet à l'expiration du délai de quatre mois prévu à l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, à laquelle s'est substituée une décision expresse du 4 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du 4 octobre 2018 et y a substitué une décision de rejet de sa demande de naturalisation. Par la présente requête M. A D doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 4 juillet 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 4 juillet 2019 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". En outre, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant, notamment des circonstances de nature à mettre en doute son loyalisme à l'égard de la France.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter la demande de naturalisation présentée par M. A D, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé est connu des services spécialisés de renseignements à raison des relations qu'il entretient avec les autorités marocaines et leurs services de renseignements, cette circonstance ne permettant pas de garantir son loyalisme envers la France.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le ministre s'est fondé sur plusieurs notes de la Direction générale de la sécurité intérieure dont le contenu a été repris dans la " note blanche " du 19 novembre 2019 produite en défense, qui indique que l'intéressé a déclaré et transmis des documents attestant que le principal employeur de sa société, en collaboration avec ses deux frères, agents de services de renseignements marocains, était le royaume du Maroc. Cette note précise ensuite que l'un de ses frères est en relation directe avec un service extérieur du royaume du Maroc et exerce des activités de chauffeur d'un conseil principal du royaume du Maroc. Enfin, elle précise que M. A D a nié ses activités et celles de sa société avec les services marocains.
5. Si M. A D soutient qu'il n'entretient pas de relations avec les services de renseignements marocains, dès lors que c'est son frère qui entretient de telles relations avec le Maroc, il ne conteste toutefois pas sérieusement que son frère est effectivement un agent des services de renseignements du royaume du Maroc. En outre, dès lors que seule la légalité de la seule décision du 4 juillet 2019 est susceptible d'être contestée dans la présente instance, la circonstance que cet argument soit postérieur à la décision du préfet de police de Paris du 4 octobre 2018, à laquelle s'est substituée celle du 4 juillet 2019, est inopérant. Enfin, si le requérant soutient également que la société qui l'emploie a été placée en liquidation judiciaire et l'a licencié en mars 2019 soit à une date à laquelle il ne peut plus lui être reproché d'avoir des relations avec le royaume du Maroc, il ne l'établit par aucune des pièces qu'il verse aux débats.
6. D'autre part, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la décision du 4 juillet 2019 du ministre de l'intérieur s'est substituée à celle du 4 octobre 2018 du préfet de police de Paris et celle du ministre de l'intérieur née du silence gardé par ses services au recours exercé contre la décision préfectorale. Par suite, la circonstance que l'erreur de déclaration de ses revenus perçus au titre de l'année 2015 a été corrigée par le comptable de la société qui l'emploie est sans incidence sur la légalité de la décision du 4 juillet 2019.
7. Dans ces conditions, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose de l'opportunité d'accorder ou non la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, le ministre de l'intérieur a pu rejeter sa demande de naturalisation sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
8. En second lieu, eu égard au motif qui la fonde, les circonstances invoquées par M. A D qu'il remplit les conditions légales présidant à l'obtention de la nationalité française, ses revenus sont satisfaisants, il dispose de son propre logement, son parcours universitaire et professionnel est notable, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026