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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1908221

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1908221

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1908221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2019, M. A C, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2019 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit en cas d'exécution d'office et lui a interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

3°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2019 par lequel le préfet de la Vendée l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de

1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ; la préfecture s'est estimée liée par l'avis du collège de médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ; il n'est pas établi que le collège des médecins a rendu son avis à l'issue d'une délibération collégiale ;

- elle méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ; le préfet ne se prononce pas sur chacun des critères énoncés par l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 juillet 2019, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.

Par une décision du 26 juillet 2019, le bureau d'aide juridictionnelle (section administrative) près le Tribunal de grande instance de Nantes a admis M. A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le jugement du 2 août 2019, par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a annulé l'arrêté du préfet de la Vendée du 22 juillet 2019 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination duquel et interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ainsi que l'arrêté du préfet de la Vendée du 22 juillet 2019 portant assignation à résidence.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles

R. 313 22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 juin 2022 :

- le rapport de M. B

- les observations de Me Labarre, substituant Me Rodrigues Devesas, représentant

M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant arménien né le 29 octobre 1979, est entré en France le 4 janvier 2016. Il a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 4 août 2016, puis par la cour nationale du droit d'asile le 27 février 2017. Le 27 avril 2017, le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été admise par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 13 juin 2017. M. C a introduit une demande de réexamen de sa demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'OFPRA le 31 août 2017. Le 15 novembre 2017, il a fait l'objet d'une nouvelle mesure d'éloignement. En mars 2019, l'intéressé a sollicité un titre de séjour pour raisons de santé sur le fondement des dispositions du 11° de l'article

L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a instruite comme une demande de protection contre l'éloignement, au titre du 10° de l'article

L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un premier arrêté du 22 juillet 2019, le préfet de la Vendée a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit en cas d'exécution d'office et lui a interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un second arrêté du 22 juillet 2019, le préfet de la Vendée l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours. Le requérant demande l'annulation de ces deux arrêtés.

2. Par un jugement du 2 août 2019, le magistrat du tribunal administratif de Nantes désigné pour statuer sur les litiges visés au III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a annulé l'arrêté du préfet de la Vendée du 22 juillet 2019 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination duquel et interdit tout retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ainsi que, par voie de conséquence, l'arrêté du préfet de la Vendée du 22 juillet 2019 portant assignation à résidence. Il a par ailleurs renvoyé les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 18 mars 2019 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et les conclusions à fin d'injonction y afférentes, devant une formation collégiale du tribunal, laquelle y statue par le présent jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation du refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment le 11° de l'article L.313-11, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Elle mentionne par ailleurs les éléments tirés de la situation personnelle et familiale du requérant sur lesquelles elle se fonde. Dès lors, la décision est suffisamment motivée en droit et en fait.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas de cette motivation circonstanciée que le préfet n'aurait pas procédé à un examen approfondi de la situation du requérant avant de prendre la décision attaquée.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du même code, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". L'article R. 313-22 de ce code dispose que : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées à la quatrième phrase du 11° de l'article

L. 313-11 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. " L'article R. 313-23 dispose en outre que : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ". Aux termes de l'article R. 313-23 du même code : " Le rapport médical visé à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. (). "

6. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ". Aux termes de l'article R. 511-1 du même code : " L'état de santé défini au 10° de l'article L. 511-4 est constaté au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Cet avis est émis () au vu, d'une part, d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ".

7. Il résulte de ces dispositions que l'autorité préfectorale doit saisir le collège de médecins de l'OFII pour avis lorsqu'un étranger lui adresse une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou lorsqu'un étranger est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 10° de l'article L. 511-4 de ce code. Dans le premier cas, l'avis est émis, conformément à l'article R. 313-22, au vu d'un rapport médical établi par un médecin de l'OFII. Dans le second cas, conformément à l'article R. 511-1, un tel rapport n'est pas nécessaire, l'avis du collège de médecins étant alors émis au vu du seul certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger.

8. D'une part, en l'espèce, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 1, la demande de M. C a été requalifiée en " demande de protection contre l'éloignement " sur le fondement du 10° de l'article L. 511-4, le requérant ne peut utilement soutenir que le médecin rapporteur aurait irrégulièrement siégé dans le collège de médecins ayant émis l'avis du 3 juin 2019.

9. D'autre part, l'avis du 3 juin 2019 porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " et cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. M. C ne se prévaut d'aucune circonstance particulière susceptible de renverser cette présomption de collégialité. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.

10. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour. Il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

11. Par son avis du 3 juin 2019, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que, si l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale, un défaut de celle-ci ne devrait pas avoir de conséquence d'une gravité exceptionnelle et que l'intéressé pouvait voyager sans risque vers son pays

12. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour sollicité par M. C sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'est approprié les termes, énoncés au point 11, de l'avis par le collège de médecins de l'OFII sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier qu'il se soit estimé en situation de compétence liée.

13. En l'espèce, si le requérant produit un certificat médical d'un médecin généraliste du 21 mars 2019, cet avis très succinct n'est pas de nature à infirmer l'avis du collège de médecins de l'OFII quant à la gravité de son état de santé ou sa capacité à voyager sans risque vers son pays, ni, en tout état de cause, qu'il ne pourrait avoir accès à un traitement approprié en Arménie. Par ailleurs, M. C, à qui il appartient de décider de donner connaissance au juge des informations relatives à son état de santé, sachant que, s'il les fournit, ces informations seront nécessairement communiquées, en application du principe du contradictoire, à l'administration, ne peut en revanche utilement invoquer le principe du secret médical pour prétendre échapper à la nécessité d'étayer, au cours de la procédure contentieuse, le bien-fondé de ses allégations. Le moyen tiré de ce que le principe du secret médical s'oppose à ce qu'il puisse produire des éléments pour justifier de son état de santé ne peut qu'être écarté. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable.

14. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

15. Si M. C se prévaut de son entrée en France le 4 janvier 2016 avec sa femme et ses deux enfants mineurs, de la scolarisation de ces derniers depuis leur arrivée et de l'intégration de sa famille en France, notamment grâce au suivi de cours de français, il ressort des pièces du dossier que les demandes d'asile du requérant ont définitivement été rejetées par l'OFPRA et la Cour nationale du droit d'asile, et que l'intéressé se trouve en situation irrégulière sur le territoire national alors qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement, l'une en avril 2017, l'autre en novembre 2017, qu'il n'a pas exécutées. Rien ne s'oppose dès lors à ce que la vie familiale du requérant se reconstitue en Arménie. Si

M. C fait valoir que l'état de santé de sa mère, en situation régulière en France, nécessite sa présence à ses côtés ainsi que celle de son épouse et produit, à cette fin, deux attestations des 23 et 30 juillet 2019 établies par les infirmiers assurant le suivi quotidien de la mère du requérant, il n'établit pas que cet accompagnement ne peut être assuré que par son épouse et que sa mère ne pourrait être prise en charge par les services d'assistance médicale ou sociale ou par toute autre personne de son entourage. L'intéressé, qui a vécu jusqu'à l'âge de trente-six ans dans son pays d'origine où il n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale, ne justifie pas avoir sur le territoire national des attaches particulièrement intenses, anciennes et stables. Enfin, il ne démontre aucune insertion par le travail ni aucune indépendance financière. Dans ces conditions, en opposant un refus de titre de séjour au requérant, le préfet de la Vendée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle et familiale du requérant.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Stéphanie Rodrigues Devesas et au préfet de la Vendée.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Marowski, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

Le rapporteur,

Y. B

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

1908221

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