mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée les 26 juillet 2019, M. A E, représenté par
Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du
24 mai 2019 refusant le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil et rejetant son recours contre la décision lui retirant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil pour la période pendant laquelle il aurait dû en bénéficier ;
3°) de saisir la Cour de Justice de l'Union européenne par le biais du renvoi préjudiciel prévu à l'article 267 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ("TFUE"), dans le cadre de la procédure d'urgence (PPU), quant à l'application des dispositions de l'article
L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;
- la décision est insuffisamment motivée et cette motivation est erronée ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été informé préalablement à la décision attaquée ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : elle est entachée d'un second vice de procédure : l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à un examen de sa vulnérabilité ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale : les dispositions de l'article L. 744-7 qui la fondent n'étaient pas applicables à sa situation qui était régie par les dispositions issues de la loi du 10 septembre 2018 ;
- les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur nouvelle rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 ne sont pas conformes au droit de l'Union Européenne ; il sollicite, à titre subsidiaire, la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne dans le cadre d'un renvoi préjudiciel en interprétation sur la question de savoir si les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne prévoient que des cas de refus/retrait des conditions matérielles d'accueil, sont compatibles avec les dispositions des articles 7 et 20 de la directive Accueil, telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union Européenne ;
- la décision est entachée d'une seconde erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation : la décision repose sur les dispositions de l'article L.744-7 (2°) alors qu'il n'entre pas dans le champ d'application de cet alinéa et qu'il lui est fait grief de ne pas s'être présenté aux autorités ; par ailleurs, il n'est pas en fuite ; son recours contre la décision de placement en fuite est pendant devant le tribunal ; il est pris en charge dans un centre d'accueil et d'orientation et son adresse est connue des autorités ;
- la décision est entachée d'illégalité par la voie de l'exception dès lors que la décision de placement en fuite est elle-même illégale ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré les 13 décembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du
2 mars 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 juillet 2019.
Vu l'ordonnance n°1908325 du juge des référés du tribunal administratif de Nantes du 27 août 2019 rejetant la demande de suspension de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 24 mai 2019.
Vu le jugement n° 1800361 du tribunal administratif de Nantes du 23 janvier 2020 rejetant pour irrecevabilité la requête de M. E contre la décision du 11 octobre 2017 par laquelle le préfet de la Vendée l'a déclaré en fuite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n°2013/33/UE dite " accueil " ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant afghan né le 1er janvier 1995, est entré en France le
24 décembre 2016 selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile, enregistrée le
16 février 2017 par la préfecture de la Loire-Atlantique. Sollicitées par le préfet, les autorités norvégiennes ont accepté de prendre en charge la demande de M. E le 24 février 2017. Le préfet de la Vendée a décidé son transfert vers la Norvège par un arrêté du 24 mai 2017, dont la légalité a été admise par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 27 juin 2017. Ne s'étant pas présenté aux convocations de la préfecture des 26 juillet, 22 août, 9 octobre et
11 octobre 2017, l'intéressé a été déclaré en fuite, le 11 octobre 2017, par le préfet de la Vendée. Par un jugement du 23 janvier 2020, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de
M. E contre cette déclaration. Par courrier du 17 novembre 2017, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé M. E de son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par décision du 10 janvier 2018, l'OFII a suspendu ce bénéfice. À l'expiration du délai majoré imparti pour l'exécution de son transfert, l'intéressé s'est de nouveau présenté en préfecture, faisant valoir que la France était devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Sa demande a été enregistrée en procédure accélérée le 24 septembre 2018. Son examen a donné lieu à une décision positive de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 20 janvier 2020. Par courrier du 10 octobre 2018, M. E a saisi l'OFII d'une demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 26 octobre 2018, il s'est vu remettre une attestation de demande d'asile en procédure accélérée. Le 16 janvier 2019, l'OFII a procédé au retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités et/ou qu'il n'avait pas répondu aux demandes d'informations. Le 15 mars 2019, l'intéressé a exercé un recours administratif contre ce cette décision. Par une décision du 24 mai 2019, notifiée le 27 mai suivant, l'OFII a rejeté ce recours et a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil. M. E demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 2 novembre 2016, publié au BOMI, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme B C, chef du pôle de veille juridique et de suivi du contentieux, à l'effet de signer les décisions relevant du champ de compétence de ce pôle. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué sera donc écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise l'article 29-2 du règlement n° 604/2013 du parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride dit règlement " Dublin III ". En outre, la décision litigieuse mentionne que le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil opposé à M. E se fonde sur la circonstance, d'une part, que l'intéressé ne justifie pas les raisons pour lesquelles il ne s'est pas conformé aux obligations des autorités en charge de l'asile auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation initiale de l'offre de prise en charge de l'OFII consécutivement à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure Dublin (non-respect de l'obligation de répondre aux convocations), ayant conduit à sa déclaration en fuite le 11 octobre 2017 sans justifier des raisons de cette disparition jusqu'à sa réapparition le 24 septembre 2018 et, d'autre part, que l'examen de sa situation personnelle et familiale ne fait pas apparaître de facteur de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée en droit comme en fait.
4. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
5. Il résulte des dispositions citées au point 4 que les conditions matérielles d'accueil sont proposées au demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile auquel il est procédé en application de l'article
L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si, par la suite, les conditions matérielles proposées et acceptées initialement peuvent être modifiées, en fonction notamment de l'évolution de la situation du demandeur ou de son comportement, la circonstance que, postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'examen de celle-ci devienne de la compétence de la France n'emporte pas l'obligation pour l'Office de réexaminer, d'office et de plein droit, les conditions matérielles d'accueil qui avaient été proposées et acceptées initialement par le demandeur. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8, dans sa rédaction issue de la loi du
29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : "Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, définies à l'article L. 348-1 du code de l'action sociale et des familles et à l'article L. 744-1 du présent code, est subordonné à l'acceptation par le demandeur d'asile de l'hébergement proposé, déterminé en tenant compte de ses besoins, de sa situation au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6 et des capacités d'hébergement disponibles. Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, des conséquences de l'acceptation ou du refus de l'hébergement proposé. ".
7. En l'espèce, la décision attaquée a pour objet le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil dont le requérant bénéficiait et non leur attribution initiale. Ce dernier ne peut donc utilement invoquer les dispositions rappelées au point 6 pour soutenir qu'il n'a pas été préalablement informé du sens de la décision qui lui a été opposée.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ".
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des captures d'écran du dossier du requérant, produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que
M. E a bénéficié d'une évaluation de sa vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile lors d'un entretien réalisé par un agent formé spécifiquement et dans une langue que le requérant comprenait. Cette évaluation montre que, sur une échelle de 0 à 3, sa situation de vulnérabilité a été évaluée à 2. Bien qu'il ne ressorte pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait attiré l'attention des services de l'office sur une vulnérabilité particulière, l'OFII a réitéré l'évaluation de sa vulnérabilité préalablement à la décision attaquée. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière en méconnaissance des dispositions de l'article
L. 744-6 rappelées.
10. En cinquième lieu, M. E ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale au motif quel les dispositions de l'article L. 744-7 qui la fondent n'étaient pas applicables à sa situation qui était régie par les dispositions issues de la loi du 10 septembre 2018, dès lors que cette décision a été prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 744-8 du code précité dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicables à l'espèce.
11. En sixième lieu, M. E ne peut utilement se prévaloir de l'inconventionalité des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur nouvelle rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018, dès lors que la décision attaquée repose sur les dispositions de l'article L. 744-8 de ce code dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile. Au surplus, les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, issues de la loi du 29 juillet 2015 transposant en droit interne la directive n°2013/33/UE dite Accueil, écartent toute automaticité du refus de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles et imposent un examen particulier de la situation du demandeur d'asile au regard, notamment, de sa vulnérabilité. Dans ces conditions, ces dispositions de l'article L. 744-8 du code, dont il a été fait application pour refuser à M. E le bénéfice du rétablissement des conditions matérielles d'accueil, ne sont pas incompatibles avec les dispositions de l'article 20, paragraphe 1, de la directive 2013/33/UE. Dès lors, il n'y a pas lieu pour le tribunal de saisir la Cour de justice de l'Union européenne dans le cadre d'un renvoi préjudiciel en interprétation relative à la compatibilité des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec les articles 7 et 20 de la directive Accueil, telles qu'interprétées par la Cour de justice de l'Union Européenne.
12. En septième lieu, M. E ne peut utilement soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au motif que la décision repose sur les dispositions de l'article L.744-7 (2°) alors qu'il n'entre pas dans le champ d'application de cet alinéa et qu'il lui est fait grief de ne pas s'être présenté aux autorités, dès lors que cette décision a été prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 744-8 du code précité dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicables à l'espèce.
13. En huitième lieu, par un jugement n° 1800361 du 23 janvier 2020, le tribunal administratif de Nantes a rejeté pour irrecevabilité la requête de M. E contre la reconnaissance par le préfet de la Vendée, le 11 octobre 2017, de son placement en fuite. Le requérant n'est donc pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision du 11 octobre 2017 à l'encontre de la décision attaquée.
14. En dernier lieu, alors qu'à l'issue de son réexamen l'OFII n'a pas relevé d'éléments de particulière vulnérabilité de M. D, le requérant en se prévalant de sa seule qualité de demandeur d'asile sans apporter d'élément probant et objectif permettant d'établir que sa situation personnelle caractériserait une telle vulnérabilité, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Emmanuelle Neraudau et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le rapporteur,
Y. F
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026