jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908350 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MOUBERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2019, et un mémoire, enregistré le 22 mars 2022, M. A Prince C, représenté par Me Aimé Mouberi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 mai 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande d'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée procède d'une erreur de droit ;
- la décision attaquée repose sur une appréciation erronée des faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2019, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 15 décembre 2022 à partir de 10h15.
Considérant ce qui suit :
1. M. A Prince C est un ressortissant de nationalité congolaise (République du Congo) qui est né le 18 septembre 1984. Il a présenté, auprès des services de la préfecture de police, à Paris où il est domicilié, une demande tendant à l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Par une décision du 29 novembre 2018, le préfet de police a rejeté cette demande. M. C, pour contester cette décision et comme il y était tenu en application de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation, a saisi le ministre de l'intérieur d'un recours qui a été expressément rejeté le 27 mai 2019. Cette autorité a toutefois substitué une décision d'ajournement à deux ans de la demande de naturalisation à compter du 29 novembre 2018 à la décision de rejet opposée par le préfet de police de Paris. L'intéressé demande au tribunal l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 27 mai 2019.
2. Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. (). Ce délai une fois expiré (), il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". Ces dispositions confèrent au ministre de l'intérieur un large pouvoir d'appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française au ressortissant étranger qui la sollicite. Dans le cadre de l'examen qu'il effectue pour apprécier l'intérêt d'accorder la naturalisation à ce ressortissant, le ministre de l'intérieur peut légalement prendre en compte des renseignements défavorables recueillis concernant le comportement de l'intéressé.
3. Pour ajourner à deux années à compter du 29 novembre 2018 la demande de naturalisation présentée par M. C, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a été l'auteur de détention frauduleuse et d'usage de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation entre le 1er novembre et le 31 décembre 2011.
4. Si ce motif est en relation avec des faits ayant donné lieu à l'engagement de poursuites pénales à l'encontre de M. C, sa demande de naturalisation n'a pas été déclarée irrecevable au motif que l'intéressé ne satisfaisait pas à la condition inscrite à l'article 21-27 du code civil liée à l'absence de prononcé à son encontre de l'une des condamnations mentionnées à cet article. Cette demande a donné lieu, à la suite de l'exercice, par le ministre de l'intérieur, de son pouvoir d'appréciation de l'intérêt d'accorder ou non la naturalisation sollicitée, à une décision d'ajournement à deux ans. Par suite, M. C ne peut utilement soutenir que le ministre de l'intérieur aurait appliqué à tort les dispositions de l'article 21-27 du code civil.
5. Pour avoir commis les faits mentionnés au point 3, M. C a été condamné à une peine de trois mois d'emprisonnement assortie du sursis sur la totalité de cette période par un jugement, devenu définitif, du tribunal correctionnel de Paris du 8 janvier 2014. A la date de la décision attaquée, ces faits, qui ne sont pas dénués de gravité, avaient été commis moins de huit ans auparavant et pendant une période de deux mois. Dans ces conditions, quand bien même le requérant soutient qu'il n'a plus été mis en cause dans une procédure de quelque nature que ce soit, le ministre de l'intérieur, n'a pas, compte tenu du large pouvoir d'appréciation dont il dispose lorsqu'il statue sur l'intérêt d'accorder la naturalisation, commis d'erreur d'appréciation présentant un caractère manifeste en ajournant à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. C.
6. Eu égard au motif de la décision attaquée qui permet à lui seul de légalement la justifier, les circonstances avancées par M. C pour relever qu'il remplit des conditions requises pour ne pas se voir refuser l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation sont, pour dignes d'intérêt qu'elles soient, sans incidence sur la légalité de cette décision.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 27 mai 2019 ajournant à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Prince C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
Le rapporteur,
D. B
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026