vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2019, Mme C B, veuve A, représentée par la SELARL Teissonniere-Topaloff-Lafforgue-Andreu et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juin 2019 par laquelle le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté la demande d'indemnisation présentée par Mme A ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 111 280 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 novembre 2017 et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis par M. A du fait de son exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français en Polynésie française ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les éventuels dépens ainsi qu'une provision de 30 000 euros si une expertise médicale est prescrite avant dire droit ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 janvier et le 21 février 2022, le CIVEN conclut au prononcé d'un non-lieu. Il fait valoir qu'il a décidé, après réexamen, de faire droit à la demande d'indemnisation présentée par Mme A.
Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2023, Mme A demande au tribunal :
1°) de prendre acte qu'elle a accepté la proposition d'indemnisation du CIVEN au titre de l'action successorale en date du 20 juin 2022 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser les intérêts au taux légal sur l'indemnité acceptée à compter du 27 novembre 2017 ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement de sa requête, ainsi que les intérêts capitalisés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le versement par l'Etat de l'indemnité acceptée doit être majoré des intérêts de droit, qui ne sont pas couverts par la transaction.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2023, le CIVEN conclut, à titre principal, au rejet des conclusions présentées par la requérante dans le dernier état de ses écritures et, à titre subsidiaire, à ce que le montant de la condamnation susceptible d'être prononcée soit limité aux intérêts dus à compter du 17 février 2022. Il fait valoir que l'acceptation de l'offre d'indemnisation par l'intéressée fait obstacle à ce que le tribunal lui accorde les intérêts qu'elle sollicite.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre l'administration et le public ;
- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 4 novembre 1953, a été affecté sur le site d'expérimentations nucléaires français en Polynésie du 20 février 1975 au 25 août 1976, du 19 mai 1981 au 28 juin 1982 et du 17 juillet 1986 au 21 juillet 1988. En 2006, lui a été diagnostiqué un cancer pulmonaire dont il est décédé le 26 mars 2006. Mme B, veuve de M. A, a présenté auprès du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN), en sa qualité d'ayant droit de M. A, une demande d'indemnisation, qui a été rejetée par une décision 6 juin 2019. Par une décision du 17 février 2022, postérieure à l'introduction du recours, le CIVEN a reconnu à Mme B, en sa qualité d'ayant droit de M. A, un droit à indemnisation des préjudices subis par ce dernier du fait des essais nucléaires français et a indiqué procéder à une expertise en vue de leur évaluation. Le 22 juin 2022, Mme B a accepté la proposition d'indemnisation du CIVEN, d'un montant de 38 338 euros. Dans le dernier état de ses écritures, la requérante demande au tribunal de prendre acte que le CIVEN a fait droit à sa demande d'indemnisation et de condamner ce dernier au paiement des intérêts sur cette somme et de la capitalisation des intérêts.
2. Aux termes de l'article 6 de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires : " L'acceptation de l'offre d'indemnisation vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil et désistement de toute action juridictionnelle en cours. Elle rend irrecevable toute autre action juridictionnelle visant à la réparation des mêmes préjudices ".
3. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que l'acceptation par Mme B, veuve A, de l'offre d'indemnisation que lui a été faite en cours d'instance par le CIVEN emporte le désistement de son action. Il ressort du protocole transactionnel signé le 22 juin 2022 par l'intéressée qu'elle a accepté la somme de 38 338 euros " pour solde de toutes les conséquences des préjudices " dont elle revendiquait la réparation et a donc renoncé à solliciter le paiement des intérêts qui constituent l'accessoire de l'indemnité réclamée au principal. Par suite, il y a lieu de donner acte du désistement d'action de l'ensemble des conclusions de Mme B, veuve A, aux fins d'annulation et d'indemnisation, y compris de celles tendant au versement d'intérêts au taux légal et à leur capitalisation.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser, à ce titre, à Mme B, veuve A.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'action de l'ensemble des conclusions aux fins d'annulation et d'indemnisation présentées par Mme B en qualité d'ayant droit de M. A, y compris de celles tendant au versement d'intérêts au taux légal et de leur capitalisation.
Article 2 : L'Etat (CIVEN) versera à Mme B, veuve A, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, veuve A et au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026