LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1909108

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1909108

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1909108
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2019, Mme A E épouse C, représentée par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 juillet 2019 du préfet de la Loire-Atlantique lui refusant le bénéfice du regroupement familial sur place et rejetant sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de l'admettre au bénéfice du regroupement familial sur place et de lui délivrer le titre de séjour sollicité, sous astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à compter du délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa demande d'admission au bénéfice du regroupement familial sur place et de délivrance d'un titre de séjour, sous astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à compter du délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de

2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est estimé en situation de compétence liée dans l'application des dispositions des articles L. 411-6 et R. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du

2 mars 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.

Mme E épouse C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 septembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. G,

- les observations de Me Labarre, substituant Me Rodrigues Devesas et représentant Mme E épouse C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E épouse C, née le 5 octobre 1997, de nationalité turque, est entrée en France le 15 octobre 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. A l'issue de la durée de validité de ce visa, elle s'est maintenue en France et a sollicité la délivrance d'un titre de séjour dans le cadre de la procédure de regroupement familial afin de demeurer en France auprès de son époux et de ses enfants. Par une décision du 11 juillet 2019, dont l'intéressée demande au tribunal l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 11 juillet 019 a été signé par Mme D B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 2 avril 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°20 de la préfecture de la Loire-Atlantique le même jour, le préfet de ce département lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise, notamment, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 313-11 (7°) et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle rappelle le parcours migratoire de la requérante ainsi que les éléments tirés de sa situation personnelle et familiale. Elle indique qu'il n'est, en l'espèce, porté atteinte ni à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni à l'intérêt supérieur de ses enfants. La décision est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait.

4. En troisième lieu, cette motivation circonstanciée de la décision attaquée révèle, en outre, que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen particulier de la situation de la situation personnelle et familiale de la requérante. Mme E épouse C ne peut utilement soutenir que la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation familiale au motif que celle-ci aurait pour effet de la renvoyer dans son pays d'origine dès lors que le refus qui lui a été opposé n'a pas cet effet. La circonstance tirée de ce que la décision ne vise pas expressément les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est sans incidence sur sa légalité, le préfet ayant au demeurant examiné l'intérêt supérieur de ses enfants.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Peut être exclu du regroupement familial : () 3° Un membre de la famille résidant en France. ". Aux termes de l'article R. 411-6 du même code : " Le bénéfice du regroupement familial ne peut être refusé à un ou plusieurs membres de la famille résidant sur le territoire français dans le cas où l'étranger qui réside régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 411-1 et R. 411-2 contracte mariage avec une personne de nationalité étrangère régulièrement autorisée à séjourner sur le territoire national sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'un an. Le bénéfice du droit au regroupement familial est alors accordé sans recours à la procédure d'introduction. ".

6. Mme E épouse C soutient que le préfet de la Loire-Atlantique se serait cru à tort en situation de compétence liée au regard de ces dispositions pour rejeter sa demande de titre de séjour au motif qu'elle était présente irrégulièrement en France. Il ressort toutefois des termes de la décision attaquée, ainsi que cela a été exposé au point 4, que le préfet a procédé à l'examen de l'ensemble de la situation personnelle et familiale de Mme E épouse C. La requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que le préfet se serait cru placé en situation de compétence liée du fait du non-respect des conditions posées par l'article R.411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour lui refuser la délivrance du titre de séjour sollicité.

7. En cinquième lieu, Mme E épouse C étant éligible à la procédure de regroupement familial, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L.313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. " Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme E épouse C est entrée en France en 2016 et s'y est maintenue irrégulièrement après l'expiration de son visa de court séjour. Si elle fait valoir qu'elle est mariée avec un ressortissant turc, qu'elle a deux enfants mineurs avec ce dernier et qu'elle était enceinte à la date de la décision attaquée, il ressort cependant des pièces du dossier que Mme E épouse C est mariée depuis 2013 et que le couple a vécu séparé trois ans avant que Mme E épouse C ne vienne rendre visite à son époux en France. Si elle soutient que son époux est titulaire d'une carte de résident, qu'il est présent en France depuis une trentaine d'années et bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée, il ressort des pièces du dossier que M. C ne justifie d'une présence régulière en France que depuis 2008, qu'il était manifestement bénéficiaire du revenu de solidarité active à la date du 30 août 2017 et que la requérante ne produit pas le contrat de travail dont elle se prévaut. Les circonstances tirées de ce qu'elle aurait fait une fausse couche et qu'elle a deux enfants mineurs avec M. C, dont un est né sur le sol français en 2017, ne démontrent pas, par elles-mêmes, une intégration particulière en France alors que la requérante ne démontre pas être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où elle a vécu la majeure partie de sa vie. L'intéressée ne justifie d'aucune impossibilité de poursuite de la vie familiale en Turquie, pays dont est également originaire son époux. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait porté une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, la décision portant refus de titre de séjour ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En septième et dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

11. La décision attaquée n'a, par elle-même, ni pour objet ni même pour effet de séparer les enfants de la requérante de leurs parents. Il ressort des pièces du dossier que

M. C, de nationalité turque, conserve la possibilité de se rendre en Turquie et leurs enfants, qui disposent de documents de circulation pour étrangers mineurs valables jusqu'en 2024 leur permettant de quitter et d'accéder librement au territoire français, conservent la possibilité de rendre visite à leur père en France pendant l'instruction d'une nouvelle demande de regroupement familial. Les circonstances tirées de ce que la décision attaquée prive l'intéressée des allocations familiales et de la possibilité de travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants ne constituent pas une atteinte à l'intérêt supérieur de ces derniers. Dans ces conditions, le refus de titre de séjour litigieux ne méconnaît pas les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E épouse C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 juillet 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de regroupement familial. Ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que sa demande présentée sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E épouse C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E épouse C, à

Me Stéphanie Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Marowski, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

Le rapporteur,

Y. G

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions