mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : Mme BAUFUME - R. 222-13 |
| Avocat requérant | MOREAU TALBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 19 août, 13 et 23 septembre, 9 octobre et 5 novembre 2019, le 22 décembre 2020 et le 19 novembre 2021, Mme C B, représentée en dernier lieu par Me Moreau Talbot, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder une remise totale de sa dette relative à des trop perçus d'allocation personnalisée au logement, d'allocation adulte handicapé et de majoration pour la vie autonome ;
2°) de condamner la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire à lui verser la somme de 23 307 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis ;
3°) de débouter la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire de toutes ses demandes, fins et prétentions ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de notification d'indu est insuffisamment motivée et est entachée d'une méconnaissance du droit à l'information ;
- la directrice de la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant qu'une remise de dette partielle ; elle vit dans une situation de grande précarité ; la somme que lui réclame la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire a de lourdes conséquences sur sa vie privée, elle ne dispose plus que de 200 euros par mois ; son conjoint doit assurer seul les dépenses du foyer ; cette situation a pour seule origine une erreur de la part de la caisse d'allocations familiales ; les retenues qui ont été opérées sont excessives et paraissent inadaptées à sa situation. ;
- les erreurs commises par la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire sont à l'origine des dettes qu'elle subit aujourd'hui.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2020, la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande de remise de dette au titre des indus d'allocation adulte handicapé et de majoration pour la vie autonome est irrecevable en ce qu'elle est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%) par une décision du 25 mars 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Baufumé, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a, sur sa proposition, dispensé la rapporteure publique de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 28 janvier 2019, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Maine-et-Loire a demandé à Mme C B le remboursement d'un trop-perçu d'allocation personnalisée au logement, pour un montant total de 3 033,97 euros, au titre de la période comprise entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018, ainsi que le remboursement d'un trop perçu au titre de l'allocation adulte handicapé et de la majoration pour la vie autonome. A la suite de la demande de remise totale de dette formulée par Mme B et par décision du 27 février 2019, la CAF de Maine-et-Loire lui a accordé une remise de dette à hauteur de 2 015,42 euros, au titre de l'indu d'allocation personnalisée au logement. Par courrier du 1er mars 2019, Mme B a adressé une nouvelle demande de remise totale de dette à la CAF. Elle a également, par courrier du 18 mars 2019, saisi le défenseur des droits qui, après étude du dossier de Mme B et échanges avec la CAF, a clôturé la médiation préalable obligatoire le 3 juillet 2019. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une remise totale de dette au titre des indus d'allocation personnalisée au logement, d'allocation adulte handicapé et de majoration pour la vie autonome.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire :
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; / 2° Au contentieux de l'admission à l'aide sociale défini à l'article L. 142-3 ". Aux termes de l'article L. 821-5 du même code : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. () Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux de la sécurité sociale. (°). " Aux termes de l'article L.821-1-2 du code précité : " Une majoration pour la vie autonome dont le montant est fixé par décret est versée aux bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés au titre de l'article L.821-1 qui : disposent d'un logement indépendant pour lequel ils reçoivent une aide personnelle au logement ; perçoivent l'allocation aux adultes handicapés à taux plein ou en complément d'un avantage de vieillesse ou d'invalidité ou d'une rente d'accident du travail ; ne perçoivent pas de revenu d'activité à caractère professionnel propre. () ". Enfin, l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire dispose que : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : / 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 ". Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs à l'allocation adulte handicapé et à la majoration de vie autonome relèvent de la compétence du tribunal judiciaire. Dans ces conditions, et à supposer que Mme B ait entendu demander une remise de dette totale concernant l'indu versé au titre de ces allocation et majoration, la fin de non-recevoir soulevée par la CAF de Maine-et-Loire doit être accueillie. Par suite, les conclusions de Mme B tendant à une telle remise totale de dette ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions tendant à la remise de dette au titre de l'indu d'allocation personnalisée au logement :
3. En premier lieu, si la requérante soutient que la décision de notification de l'indu d'APL est insuffisamment motivée et méconnait le droit à l'information, elle ne peut utilement soulever de tels moyens dans le cadre de sa requête, qui tend à obtenir, non l'annulation de la décision de notification d'indu, dont elle n'a au demeurant jamais contesté le bien fondé, mais une remise de dette totale. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et de la violation du droit à l'information doivent, dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, être écartés.
4. En second lieu, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 351-11 du code de la construction et de l'habitation, alors applicable, le montant de l'indu d'aide personnalisée au logement peut être réduit ou remis en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations.
5. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que si Mme B a présenté une demande de remise gracieuse auprès de la CAF de Maine-et-Loire, elle n'a pas entendu contester le bien-fondé de l'indu d'APL. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et il n'est pas contesté, que le trop-perçu d'APL au titre de l'année 2018 a pour origine une inversion, par l'administration fiscale, des revenus dont ont bénéficié, au cours de l'année 2016, année de référence pour le calcul de leurs droits en 2018, Mme B et son partenaire de pacte civil et de solidarité. Il en résulte également que, par décision susmentionnée du 27 février 2019, Mme B a bénéficié d'une remise de dette à hauteur de 2 015,42 euros soit de plus de 66% du montant total de son indu d'APL, la décision de la directrice de la CAF ayant été motivée par l'origine de l'indu, provenant d'une telle erreur, et par le statut de Mme B, allocataire de l'allocation adulte handicapé. Enfin, si Mme B soutient que la directrice de la CAF a commis une " erreur manifeste d'appréciation " en lui refusant une remise de dette totale en ce qu'elle vit dans une situation de grande précarité, elle ne fournit aucun élément récent permettant d'établir qu'elle serait dans l'incapacité de rembourser le solde de sa dette, qui s'élève à 471,80 euros, alors qu'elle vit en couple depuis le 4 avril 2013 et que son partenaire de pacte civil et de solidarité, qui est salarié, a bénéficié d'un revenu annuel de 19 771 euros au titre des revenus de l'année 2016. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la remise gracieuse totale de sa dette concernant son indu d'allocation personnalisée au logement.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Si Mme B soutient que les erreurs commises par la CAF de Maine-et-Loire dans la retranscription de ses revenus et de ceux de son conjoint sont à l'origine de son endettement actuel, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que l'incident technique à l'issue duquel une inversion desdits revenus a été opérée soit le fait des services de la CAF. D'autre part, et au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que les difficultés financières dont se prévaut Mme B, qui, en tout état de cause, a perçu, au titre de l'APL, une somme supérieure à celle à laquelle elle avait droit, sont en lien direct avec cet incident technique. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme B, en tant qu'elles portent sur des indus d'allocation adulte handicapé et de majoration de vie autonome sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la caisse d'allocations familiales de Maine-et-Loire et à Me Moreau Talbot.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2022.
La magistrate désignée,
A. A
La greffière,
B. GAUTIER
La République mande et ordonne ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026