mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VERITE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 août 2019 et le 7 décembre 2020, Mme A B, représentée par Me Vérité, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2019 par laquelle la déléguée à l'éducation routière de la Loire-Atlantique a prononcé à son encontre une interdiction de présence à tous les examens pendant une durée de deux mois, ainsi que la décision du 20 juin 2019 rejetant son recours contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la sanction administrative litigieuse est entachée d'un vice de procédure, faute d'avoir été précédée de la procédure contradictoire préalable prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences, notamment de ses difficultés d'organisation pour se faire remplacer aux examens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2020, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, gérante de l'auto-école du Centre, à Nantes, s'est vu infliger une interdiction de présence à tous les examens pendant une durée de 2 mois, du 15 mai au 15 juillet 2019, par une décision de la déléguée à l'éducation routière de la Loire-Atlantique, le 2 mai 2019. Par un courrier du 4 juin 2019, la requérante a formé un recours contre cette décision, rejeté par une décision du 20 juin 2019. Par sa requête, Mme B demande l'annulation des décisions du 2 mai et du 20 juin 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire, dans sa version en vigueur : " () Un représentant de l'établissement d'enseignement de la conduite et de la sécurité routière ou, dans le cas d'un candidat libre, une personne titulaire du permis de conduire de la catégorie du véhicule présentée et en cours de validité est obligatoirement présente durant l'épreuve pratique. () Rôle de l'accompagnateur : L'accompagnateur, qu'il soit professionnel ou non, doit contribuer au bon déroulement des épreuves. () L'accompagnateur est présent à proximité du candidat pendant le déroulement des épreuves et lors de l'annonce du résultat, le cas échéant. Il fait preuve d'une totale neutralité à l'égard de la prestation du candidat et des décisions de l'expert. Le service en charge localement de l'organisation des examens du permis de conduire veille au maintien de cette neutralité et prend toutes mesures adaptées, pour faire cesser un éventuel manquement à ce principe. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation des décisions attaquées, que la déléguée à l'éducation routière de Loire-Atlantique s'est fondée sur la circonstance que Mme B aurait tenu des propos injustifiés et diffamatoires à l'encontre d'inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière, remettant en cause leur professionnalisme et a, en conséquence, interdit à Mme B d'accompagner ses candidats aux examens, du 15 mai au 15 juillet 2019. Une telle mesure, motivée notamment par le souci de maintenir les conditions du bon déroulement des examens, rappelées par l'article 2 de l'arrêté du 20 avril 2012, constitue une mesure de police.
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ".
5. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". L'article L. 121-2 de ce code dispose : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables :
1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; / () ".
6. En l'espèce, il est constant que la mesure litigieuse n'a pas été précédée de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le préfet fait valoir que cette absence de procédure contradictoire était justifiée par l'urgence à garantir tant le bon déroulement et la continuité des examens du permis de conduire, que le respect de l'obligation de neutralité des accompagnateurs à l'examen du permis de conduire résultant des dispositions précitées de l'article 2 de l'arrêté du 20 avril 2012 visé ci-dessus, compte tenu des agissements récurrents de Mme B à l'encontre des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière. Toutefois, si les propos tenus par la requérante à l'encontre de trois inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière, tels qu'ils ressortent des rapports circonstanciés versés au dossier, présentent un caractère inapproprié, ils ne sauraient pour autant suffire à caractériser une situation d'urgence justifiant qu'il soit dérogé, par application des dispositions précitées de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration, au respect d'une procédure contradictoire préalable. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure.
7. Il résulte de ce qui précède que les décisions du 2 mai 2019 et du 20 juin 2019 doivent être annulées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 mai 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a prononcé à l'encontre de Mme B une interdiction de présence à tous les examens pendant une durée de deux mois, ainsi que la décision du 20 juin 2019 rejetant son recours contre cette décision sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressé au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
L. C
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026