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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1909234

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1909234

mercredi 28 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1909234
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSCP DELAFOND - LECHARTRE - GILET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête n° 1909281 enregistrée le 22 août 2019 et un mémoire en réplique enregistré le 7 juillet 2020, Mme C B, représentée par Me Lechartre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les fiches de notation pour les années 1997 à 2000 et 2015 ;

2°) d'annuler la décision du 27 juin 2019 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " a procédé à son licenciement pour insuffisance professionnelle ;

3°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les pièces 7 à 9 communiquées par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " La Varenne " doivent être écartées des débats dès lors qu'elles ont été produites plus de huit mois après la décision de licenciement attaquée ;

En ce qui concerne la décision portant licenciement :

- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision attaquée dès lors que Mme A, directrice de l'EHPAD, avait quitté ses fonctions à la date de la signature de cette décision ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est fondée sur des griefs relatifs, non à son insuffisance professionnelle, mais à des fautes professionnelles qu'elle aurait commises, griefs qui ont en outre déjà servi de fondement à des sanctions précédemment prononcées par l'EHPAD ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ; elle n'a pas fait de lien entre le suicide de deux agents et les conditions de travail de ces derniers ; elle n'a jamais tenu, sur un réseau social, les propos qui lui sont indument attribués ; la décision attaquée est fondée sur des fiches de notation illégales et illisibles ; elle a toujours eu à cœur de bien exercer ses fonctions ; elle a été reçue avec une moyenne de 13,05 à l'examen de recrutement d'agent des services hospitaliers ; elle a donné entière satisfaction auprès de ses employeurs privés ;

- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " dès lors qu'elle est mère de deux enfants qu'elle élève seule et qu'elle rencontre des difficultés financières ; l'EHPAD a refusé de lui verser les sommes qu'il lui doit à la suite de l'annulation, par le tribunal administratif, des sanctions d'exclusion de trois mois et de révocation ;

En ce qui concerne les fiches d'évaluation au titre des années 1997 à 2000 et 2015 :

- elles encourent l'annulation dès lors qu'elles ne comportent pas de critère d'évaluation, en méconnaissance des dispositions du décret du 30 décembre 1987 ;

- elles sont illisibles et donc inexploitables ;

- la fiche d'évaluation de 2015 a été signée par une autorité incompétente ;

- elle n'a pas signé la fiche d'évaluation de 2014.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 décembre 2019 et le 18 décembre 2020, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne ", représenté par Me Bouliou, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.

Les parties ont été informées, par courrier du 23 mai 2023 qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation des fiches de notation au titre des années 1997 à 2000 et au titre de l'année 2015.

Par un mémoire enregistré le 30 mai 2023, Mme B a formulé des observations en réponse au moyen relevé d'office.

Par un mémoire enregistré le 1er juin 2023, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne "a formulé des observations en réponse au moyen relevé d'office.

II - Par une requête n° 1909234, enregistrée le 22 août 2019, Mme C B, représentée par Me Lechartre doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) à titre principal, de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal administratif de Nantes relatif à sa requête n° 1909281 tendant à l'annulation de la décision du 27 juin 2019 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " l'a licenciée ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 27 juin 2019 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " a fixé son indemnité de licenciement au montant de 18 490,50 euros ;

3°) d'enjoindre à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " d'apporter toute précision sur la manière dont il a calculé son indemnité de licenciement.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision attaquée ;

- l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes n'apporte aucune précision sur le montant du dernier traitement retenu pour le calcul de son indemnité de licenciement.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 décembre 2019, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne ", représenté par Me Bouliou, demande au tribunal de statuer ce que de droit sur la demande de sursis à statuer formulée par Mme B, de rejeter la requête pour le surplus et, en tout état de cause, de mettre à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le juge de l'excès de pouvoir est incompétent pour connaitre des conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle l'indemnité de licenciement de Mme B a été fixée ;

- le montant de l'indemnité de licenciement versée à Mme B est conforme à la réglementation en vigueur.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;

- l'arrêté du 19 décembre 1983 relatif à l'indemnisation des agents des établissements d'hospitalisation publics et de certains établissements à caractère social licenciés pour insuffisance professionnelle ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Dubus, rapporteur publique.

Considérant ce qui suit :

1. Madame C B est employée, depuis le 1er juillet 1996, au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " La Varenne " situé à Ambrières-les-Vallées (Mayenne), où elle exerce ses fonctions en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié (ASHQ). Par une décision du 27 juin 2019, la directrice de l'EHPAD l'a licenciée pour insuffisance professionnelle à compter de la date de notification de cette décision. Par la requête n° 1909281, Mme B demande au tribunal d'annuler, d'une part les fiches de notation pour les années 1997 à 2000 et 2015 et, d'autre part, la décision de licenciement du 27 juin 2019. Par la requête n° 1909234, Mme B demande au tribunal, à titre principal, de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal administratif de Nantes relatif à sa requête n° 1909281 et, à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 27 juin 2019 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " a fixé son indemnité de licenciement au montant de 18 490,50 euros.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 1909281 et n° 1909234 présentent à juger à titre principal de la légalité des décisions prises à l'encontre d'une même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur la requête n° 1909281:

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

S'agissant des conclusions dirigées à l'encontre des fiches de notation :

3. Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ".

4. Par ailleurs, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a eu connaissance des fiches de notation au titre des années 1997 à 2000 le jour au cours duquel elle les a signées soit, respectivement, en février 1998, en mars 1999 et en avril 2001. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de ces fiches de notation sont irrecevables du fait de leur tardiveté et doivent être rejetées. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'aucune fiche de notation n'a été réalisée au titre de l'année 2015, année au cours de laquelle l'intéressée avait fait l'objet d'une exclusion des fonctions.

S'agissant des conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 27 juin 2019 portant licenciement pour insuffisance professionnelle :

6. En premier lieu, si Mme B soutient que la directrice de l'EHPAD " La Varenne ", Mme D A, n'exerçait plus ses fonctions le jour de la signature de la décision attaquée, soit le 27 juin 2019, il ressort de l'arrêté du 3 juillet 2019 du centre national de gestion, produit par l'EHPAD, que cette dernière n'a été démise de ses fonctions de directrice de plusieurs EHPAD, dont celui de la Varenne, que le 3 juillet 2019 et a été, le même jour, détachée dans le corps des directeurs d'hôpital. Il s'en suit que le moyen tiré de la circonstance selon laquelle elle n'exerçait plus ses fonctions en qualité de directrice de l'EHPAD " La Varenne " lorsqu'elle a signé la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Hormis le cas d'abandon de poste et les cas prévus aux articles 62 et 93, les fonctionnaires ne peuvent être licenciés que pour insuffisance professionnelle. Le fonctionnaire qui fait preuve d'insuffisance professionnelle peut soit être admis à faire valoir ses droits à la retraite, soit être licencié. La décision est prise par l'autorité investie du pouvoir de nomination après observation de la procédure prévue en matière disciplinaire. / Le fonctionnaire licencié pour insuffisance professionnelle peut recevoir une indemnité dans les conditions qui sont fixées par décret. ".

8. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé ou correspondant à son grade et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions. Toutefois, une telle mesure ne saurait être subordonnée à ce que l'insuffisance professionnelle ait été constatée à plusieurs reprises au cours de la carrière de l'agent ni qu'elle ait persisté après qu'il ait été invité à remédier aux insuffisances constatées. Par suite, une évaluation portant sur la manière dont l'agent a exercé ses fonctions durant une période suffisante et révélant son inaptitude à un exercice normal de ses fonctions est de nature à justifier légalement son licenciement.

9. Par ailleurs, aux termes de l'article 4 du décret du 3 août 2007 portant statut particulier du corps des aides-soignants et des agents des services hospitaliers qualifiés de la fonction publique hospitalière, alors en vigueur : " () Les agents des services hospitaliers qualifiés sont chargés de l'entretien et de l'hygiène des locaux de soins et participent aux tâches permettant d'assurer le confort des malades. Ils effectuent également les travaux que nécessite la prophylaxie des maladies contagieuses et assurent, à ce titre, la désinfection des locaux, des vêtements et du matériel et concourent au maintien de l'hygiène hospitalière. ".

10. Comme cela ressort des termes de la décision attaquée, pour prononcer le licenciement de Mme B, la directrice de l'EHPAD " La Varenne " s'est fondée sur une insuffisance liée, d'une part, à son incapacité à respecter un cadre de travail, des règles d'hygiène, une organisation et des consignes de travail et, d'autre part, à se remettre en question et à adopter un comportement adéquat avec ses collègues, ses supérieurs hiérarchiques et les résidents.

11. Il ressort des pièces du dossier, notamment des fiches de notation de Mme B au titre des années 1997 à 2014, qui sont lisibles et exploitables, d'une part, que l'intéressée, de manière répétée, a eu du mal à respecter les consignes qui lui étaient données, notamment les règles d'hygiène et que le travail qu'elle a fourni était régulièrement de mauvaise qualité, d'autre part, qu'elle a fait montre d'un comportement inadapté avec sa hiérarchie, ses collègues et les résidents, notamment en faisant preuve, en présence de ces derniers, d'un manque de discrétion sur sa vie privée et, enfin, qu'en dépit de rappels à l'ordre répétés, elle n'a fait que très peu d'efforts d'amélioration, tant en ce qui concerne la qualité de son travail que le respect des consignes ou l'adaptation de son comportement. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, et notamment d'un échange de courriers, en décembre 2014, entre la directrice de l'EHPAD et la fille d'une résidente mais également de plusieurs messages électroniques d'alerte envoyés entre le mois de novembre 2014 et celui de février 2015 par les membres de l'équipe travaillant avec Mme B, et il n'est pas sérieusement contesté par la requérante, que cette dernière ne réalisait pas correctement ses tâches de nettoyage et d'approvisionnement, ni dans les chambres des résidents ni dans les sanitaires du personnel et qu'elle laissait régulièrement l'auto laveuse dans les couloirs, au risque d'entraîner des chutes. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'au cours d'une réunion extraordinaire du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'EHPAD, le 27 septembre 2018, les représentants du personnel, membres du comité, ont souligné le risque, pour les conditions de travail des agents, d'une réintégration de Mme B au sein de l'établissement, cette dernière ne respectant ni les organisations ni les personnels avec lesquelles elle travaillait. Il ressort enfin des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'avis du conseil de discipline s'étant réuni le 19 juin 2019, que les membres de cette instance se sont prononcés à l'unanimité en faveur du licenciement pour insuffisance professionnelle de Mme B, l'avis soulignant notamment le fait que l'intéressée avait fait preuve d'insuffisances professionnelles ne lui permettant pas d'avoir le profil requis d'un agent devant travailler en équipe auprès de personnes fragiles. Enfin, la circonstance que la requérante aurait été reçue à son examen de recrutement en qualité d'ASH avec une moyenne de 13,05 ou qu'elle n'aurait pas personnellement rédigé des commentaires dénigrant publiquement l'EHPAD sur un réseau social sont sans incidence sur le constat de son insuffisance professionnelle.

12. Il résulte de l'ensemble de ces circonstances et de l'inaptitude de Mme B à exercer normalement les fonctions correspondant à son grade d'agent des services hospitaliers pendant de nombreuses années que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

13. En troisième lieu, la circonstance que certains des faits retenus pour justifier un licenciement pour insuffisance professionnelle seraient susceptibles de recevoir une qualification disciplinaire, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher cette mesure d'illégalité dès lors que l'administration se fonde sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent au regard des exigences de capacité qu'elle est en droit d'attendre d'un fonctionnaire de son grade. Si la requérante soutient que l'administration lui reproche des faits susceptibles d'être qualifiés de fautes disciplinaires et ayant notamment fondé des sanctions prises à son encontre, il ressort des pièces du dossier, comme cela a été dit au point 11 du présent jugement, que si certains des motifs énoncés dans la décision de licenciement évoquent des faits susceptibles d'être constitutifs de fautes de nature à justifier une sanction disciplinaire, ladite décision se fonde sur un ensemble d'autres éléments, tels que son incapacité à remplir ses missions de nettoyage et son comportement inadapté avec ses collègues et les résidents de l'EHPAD, qui étaient suffisants pour établir l'existence d'une insuffisance professionnelle justifiant un licenciement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

14. En dernier lieu, si Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " dès lors qu'elle est mère de deux enfants qu'elle élève seule, qu'elle rencontre des difficultés financières et que l'EHPAD a refusé de lui verser les sommes qu'il lui doit à la suite de l'annulation, par le tribunal administratif de Nantes, des sanctions d'exclusion de trois mois et de révocation prononcées à son encontre, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit, en tout état de cause, être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur la requête n° 1909234 :

En ce qui concerne les conclusions à fin de sursis à statuer :

17. Mme B soutient qu'il doit être sursis à statuer dans l'attente du jugement du tribunal administratif dans le cadre de la requête n°1909234. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que cette dernière requête, tendant notamment à l'annulation de la décision du 27 juin 2019 par laquelle l'intéressée a été licenciée, est rejetée par le présent jugement.

18. Il résulte de ce qui précède que doivent être rejetées comme dépourvues de portée utile dans le présent litige, les conclusions présentées par Mme B et tendant à ce que le tribunal sursoie à statuer dans l'attente du jugement sur la requête n° 1909234.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

19. En premier lieu, si Mme B soutient que la directrice de l'EHPAD " La Varenne ", Mme D A, n'exerçait plus ses fonctions le jour de la signature de la décision attaquée, soit le 27 juin 2019, il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que ce moyen manque en fait et doit être écarté.

20. En dernier lieu, si le décret auquel renvoient les dispositions de l'article 88 de la loi du 16 janvier 1986, susmentionnées, n'est pas intervenu, les conditions d'application des dispositions dont elles reprennent les termes ont été définies par l'arrêté du 19 décembre 1983 relatif à l'indemnisation des agents des établissements d'hospitalisation publics et de certains établissements à caractère social licenciés pour insuffisance professionnelle. Le versement de l'indemnité constitue un droit pour le fonctionnaire hospitalier qui remplit les conditions prévues par cet arrêté. Par ailleurs, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 19 décembre 1983 : " Les agents titulaires des établissements mentionnés à l'article L. 792 du code de la santé publique qui, ne satisfaisant pas aux conditions requises pour être admis à la retraite avec jouissance immédiate d'une pension, sont licenciés par application des dispositions de l'article L. 888 du même code, peuvent percevoir, dans la limite des versements prévus aux troisième et quatrième alinéas du présent article, une indemnité égale aux trois quarts des émoluments afférents au dernier mois d'activité multipliés par le nombre d'années de services validées pour la retraite sans que le nombre des années retenues pour ce calcul puisse être supérieur à quinze. Le calcul est opéré sur les échelles de traitement en vigueur au moment du licenciement majoré du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. ".

21. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a exercé ses fonctions en qualité d'agent des services hospitaliers, au sein de l'EHPAD " La Varenne ", à compter du 1er juillet 1996 et jusqu'à la date de son licenciement. L'EHPAD soutient par ailleurs, sans être contesté, que Mme B se trouvait au 7ème échelon du grade d'ASHQ lorsqu'elle a été licenciée. Il s'ensuit que le traitement indiciaire brut mensuel de Mme B était de 1 569,81 euros à la date de son licenciement, le supplément familial de traitement s'élevant quant à lui à 73,79 euros. Il ne ressort par ailleurs pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué par la requérante, qu'elle aurait été bénéficiaire de l'indemnité de résidence. Il résulte de ce qui précède que l'EHPAD a pu, à bon droit, en application des dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 19 décembre 1983 susmentionné, prendre en compte le maximum de quinze années de services pour le calcul de l'indemnité de licenciement et fixer cette dernière à la somme totale de 18 490,50 euros.

22. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'EHPAD " La Varenne ", que les conclusions présentées par Mme B dans le cadre de sa requête n° 1909234 doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'injonction :

23. Mme B demande au tribunal à ce qu'il soit enjoint à l'EHPAD d'apporter toute précision sur la manière dont il a calculé son indemnité de licenciement. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement que l'EHPAD a fourni le détail de ce calcul, lequel est dépourvu d'erreur. Il s'en suit, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par Mme B, aux termes de sa requête n°1909281, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'EHPAD " La Varenne ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par l'EHPAD sur le fondement de ces mêmes dispositions et dans le cadre des instances n° 1909281et n° 1909234.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n° 1909281 et n° 1909281 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes° 1909281et n° 1909281 de Mme B sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans le cadre des deux instances sont rejetées.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " La Varenne ".

Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2023.

La rapporteure,

A. BAUFUMÉ

La présidente,

M. BERIA-GUILLAUMIE

La greffière

B. GAUTIER

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention

en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 1909281, 1909234

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