mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 août 2019 et le 20 juillet 2020, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2019 par laquelle le maire du Pellerin a exercé son droit de préemption urbain sur l'immeuble bâti situé sur la parcelle AA74 à la suite d'une déclaration d'intention d'aliéner ;
2°) de condamner la commune du Pellerin à lui verser la somme totale de 54 000 euros au titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Pellerin la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas exécutoire en raison de sa notification hors des délais légaux au vendeur et de l'absence d'affichage de cette décision ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne précise pas la nature du projet qui sous-tend la préemption et que n'est pas justifiée la réalité d'un projet d'action et notamment les moyens à mettre en œuvre par la commune, rendant ainsi impossible de vérifier le bilan coût/avantage du projet afin de déterminer le caractère d'intérêt général suffisant de ce dernier alors qu'un autre bâtiment en meilleur état aurait pu être acquis pour un moindre coût ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- il a subi des préjudices économique, financier et moral en raison de l'illégalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 juin 2020, la commune du Pellerin, représentée par Me Maudet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un courrier du 30 mai 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires faute d'avoir été précédées d'une demande indemnitaire préalable auprès de la commune du Pellerin de nature à lier le contentieux.
Par un mémoire enregistré le 2 juin 2022, M. B a indiqué au tribunal avoir adressé le même jour au maire du Pellerin une demande indemnitaire pour un montant de 54 000 euros.
Des notes en délibéré ont été enregistrées pour M. B le 4 juillet 2022 et pour la commune du Pellerin le 11 juillet 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Lellouch, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Rouzic, représentant la commune du Pellerin.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 5 avril 2019, le conseil métropolitain de Nantes métropole a institué un droit de préemption urbain sur l'ensemble des zones U et AU du plan local d'urbanisme métropolitain en application de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme. Par une délibération du 27 août 2018, le conseil municipal du Pellerin a délégué au maire l'exercice du droit de préemption. Par une décision du 24 mai 2019, la présidente de Nantes Métropole a délégué l'exercice du droit de préemption urbain à la commune du Pellerin pour l'immeuble bâti d'une superficie de 65 m² située sur la parcelle cadastrée AA74 classée en zone UMap du plan local d'urbanisme métropolitain. Le 28 mars 2019, la commune du Pellerin a reçu une déclaration d'intention d'aliéner ce bâtiment présentée par Me Allanic agissant au nom des consorts A, propriétaires de l'immeuble. Le 27 mai 2019, la commune du Pellerin a exercé son droit de visite. Par la décision du 25 juin 2019, le maire du Pellerin a préempté cet immeuble pour une somme de 24 000 euros. M. B, qui souhaitait acquérir ce bien, demande l'annulation de cette décision et l'indemnisation du préjudice subi en raison de l'illégalité de cette dernière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. Toutefois, lorsque le droit de préemption est exercé à des fins de réserves foncières dans le cadre d'une zone d'aménagement différé, la décision peut se référer aux motivations générales mentionnées dans l'acte créant la zone. () " Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'une opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant.
3. D'une part, la décision de préemption du 25 juin 2019 indique que l'acquisition du bien en cause est réalisée en vue de constituer une réserve foncière et répond à un intérêt général et à des objectifs de l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme en permettant le soutien et le développement des loisirs et du tourisme sur le territoire. Ce seul renvoi à l'un des objets d'une action ou d'une opération d'aménagement mentionnés par l'article L. 300-1 précité ne permet pas de déterminer la nature du projet envisagé par la commune du Pellerin.
4. D'autre part, la commune du Pellerin fait valoir dans son mémoire en défense que la commune a décidé de préempter le bien situé sur la parcelle AA74 située en bord de Loire pour permettre le stockage d'une embarcation de type baleinière appartenant au club d'aviron, ce dernier pouvant ainsi libérer de l'espace dans le local qu'il partage avec la section musculation de l'amicale laïque. Elle se borne toutefois à produire un lien renvoyant à un article de presse publié le 15 octobre 2019 indiquant que le garage implanté sur la parcelle AA74 a été acquis sur décision du maire par voie de préemption urbaine " dans le but d'y installer la baleinière du XV rameur, désormais à l'étroit dans le local que le club d'aviron partage à la Martinière avec la section musculation de l'amicale laïque ". Dans ces conditions, elle ne produit aucun document antérieur à la date de la décision attaquée attestant de la réalité de ce projet à la date à laquelle le maire de la commune a exercé son droit de préemption.
5. Par suite, la décision de préemption du 25 juin 2019 est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce de ce qui vient d'être dit et alors que pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible en l'état du dossier soumis au tribunal de fonder cette annulation, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2019 par laquelle le maire du Pellerin a exercé son droit de préemption urbain sur l'immeuble bâti situé sur la parcelle AA74.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
8. En l'absence au jour du présent jugement de toute décision de la commune du Pellerin rejetant la demande indemnitaire de M. B adressée le 2 juin 2022, les conclusions de ce dernier à fin d'indemnisation de ses préjudices économique, financier et moral doivent être rejetées comme étant irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune du Pellerin une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune du Pellerin une somme de 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 juin 2019 par laquelle le maire du Pellerin a exercé son droit de préemption urbain sur l'immeuble bâti situé sur la parcelle cadastrée AA74 est annulée.
Article 2 : La commune du Pellerin versera à M. B une somme de 200 (deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune du Pellerin présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune du Pellerin.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
H. D
La présidente,
H. ROULAND-BOYER
La greffière,
A.L. LE GOUALLEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026