vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AH-FAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 août 2019 et le 20 septembre 2019, Mme C A B, représentée par Me Ah-Fah, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juin 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les frais exposés dans le cadre de l'instance, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision méconnaît l'article 21-27 du code civil ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle justifie de son intégration personnelle et professionnelle sur le territoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 octobre 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A B a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet de l'Aisne, qui l'a rejetée par une décision du 7 janvier 2019. Mme A B a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur, qui a confirmé le rejet de sa demande de naturalisation par une décision du 26 juin 2019. Par sa requête, Mme A B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". En outre, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
3. Le ministre de l'intérieur a rejeté la demande de naturalisation de Mme A B au motif que celle-ci a été l'auteure de faits de dénonciation mensongère et violences volontaires avec usage ou menace d'une arme avec interruption temporaire de travail de moins de 8 jours commis le 25 et le 26 avril 2013, et qu'elle a fait l'objet d'une procédure pour dénonciation mensongère le 20 février 2012 et d'une procédure pour violence sur un mineur de quinze ans suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours le 24 septembre 2004, ayant toutes deux donné lieu à des rappels à la loi.
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du courrier du procureur de la République près la Cour d'appel de Paris du 7 décembre 2018 adressé au préfet de police de Paris dans le cadre de l'enquête administrative menée pour l'examen de la demande de naturalisation de Mme A B, que l'intéressée a fait l'objet de deux rappels à la loi pour les faits de violence sur un mineur de quinze ans suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours commis en 2004 et de dénonciation mensongère commis en 2012, et qu'elle a été reconnue coupable des faits de dénonciation mensongères et violences volontaires avec usage ou menace d'une arme avec interruption temporaire de travail de moins de 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, commis le 25 et le 26 avril 2013, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris le 27 juin 2013 la condamnant à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. Mme A B ne peut, dans ces conditions, utilement contester la matérialité des faits retenus à son encontre. Compte tenu de la nature de ces faits, encore récents à la date de la décision attaquée, et eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose quant à l'opportunité d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de naturalisation de Mme A B pour le motif susmentionné.
5. En deuxième lieu, compte tenu du motif de la décision attaquée, prise en application des seules dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, Mme A B ne peut utilement soutenir que cette décision méconnaîtrait l'article 21-27 du code civil.
6. En troisième et dernier lieu, si Mme A B entend se prévaloir de son intégration personnelle et professionnelle sur le territoire français, une telle intégration est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, compte tenu du motif sur lequel elle se fonde.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A B doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2022.
La rapporteure,
V. D
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026