mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DENIS - MESCHIN - LE TAILLANTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2019, M. D B, représenté par Me Meschin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 18 juin 2019 par laquelle le jury académique ne l'a pas déclaré admis au certificat d'aptitude au professorat du second degré de l'enseignement privé dans la discipline des sciences physiques et chimiques ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'avis émis par le membre du corps d'inspection sur sa titularisation est irrégulier, dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de l'avis de son tuteur ;
- le jury s'est fondé sur un avis irrégulier et a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation;
- l'inspecteur ayant émis une appréciation défavorable à sa titularisation a participé au jury académique, ce qui met en doute l'impartialité du jury.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 mai 2020 et 11 juin 2020, la Recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que M. B est réputé s'être désisté de sa requête, dès lors qu'il n'a pas expressément indiqué la maintenir après que par ordonnance de référé du 23 septembre 2019, le juge des référés a rejeté sa demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative pour défaut de moyen sérieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation de certains personnels enseignants et d'éducation de l'enseignement du second degré ;
- l'arrêté du 22 décembre 2014 fixant les modalités d'accomplissement et d'évaluation du stage des maîtres contractuels et agréés à titre provisoire des établissement d'enseignement privés sous contrat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Trebous substituant Me Meschin, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été admis à la session 2017 du concours du certificat d'aptitude au professorat du second degré de l'enseignement privé, dans la discipline sciences physiques et chimiques. Il a été affecté pour l'année scolaire 2017-2018, en qualité de maître contractuel à titre provisoire, dans l'académie de Nantes, au collège Jeanne d'Arc de Verrières-en-Anjou. Il a été autorisé à accomplir une deuxième et dernière année de stage dans le même établissement pour l'année scolaire 2018-2019. Par délibération du 18 juin 2019, le jury académique a émis un avis défavorable à la titularisation de l'intéressé. Par sa requête, M. B sollicite l'annulation de la délibération du jury.
Sur le maintien de la requête :
2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. () "
3. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'ordonnance de référé du 23 septembre 2019 par laquelle le juge des référés a rejeté sa demande de suspension de la délibération du jury académique du 18 juin 2019 au motif qu'il n'était pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, M. B a, le 8 octobre 2019, confirmé le maintien de sa requête à fin d'annulation de cette décision. Par suite, contrairement à ce que soutient le recteur de l'académie de Nantes en défense, M. B ne peut être réputé s'être désisté de sa requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 5, alors en vigueur, de l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation de certains personnels enseignants et d'éducation de l'enseignement du second degré, applicable aux maîtres contractuels et agréés à titre provisoire conformément aux dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 22 décembre 2014 fixant les modalités d'accomplissement et d'évaluation du stage des maîtres contractuels et agréés à titre provisoire des établissement d'enseignement privés sous contrat : " Le jury se prononce sur le fondement du référentiel de compétences prévu par l'arrêté du 1er juillet 2013 susvisé, après avoir pris connaissance des avis suivants : / I. - Pour les stagiaires qui effectuent leur stage dans les établissements publics d'enseignement du second degré : / 1° L'avis d'un membre des corps d'inspection de la discipline désigné par le recteur, établi sur la base d'une grille d'évaluation et après consultation du rapport du tuteur désigné par le recteur, pour accompagner le fonctionnaire stagiaire pendant sa période de mise en situation professionnelle. L'avis peut également résulter, notamment à la demande du chef d'établissement, d'une inspection ; / 2° L'avis du chef de l'établissement dans lequel le fonctionnaire stagiaire a été affecté pour effectuer son stage établi sur la base d'une grille d'évaluation ; / 3° L'avis de l'autorité en charge de la formation du stagiaire () ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'avis d'un membre des corps d'inspection de la discipline est émis soit après consultation du rapport du tuteur désigné par le recteur, soit après inspection. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été inspecté le 29 avril 2019 par un inspecteur de sa discipline. Dès lors, l'avis émis le 17 mai 2019 par un membre du corps d'inspection résulte de ce rapport d'inspection, et n'avait pas à être rédigé au vu du rapport du tuteur de M. B. En outre, l'avis étant émis au vu de l'inspection du 29 avril 2019, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il ne pouvait reprendre les termes de ce rapport. Par suite, les moyens soulevés par M. B doivent être écartés comme inopérants.
6. En second lieu, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 22 août 2014 fixant les modalités de stage, d'évaluation et de titularisation de certains personnels enseignants et d'éducation de l'enseignement du second degré stagiaire, applicable aux maîtres contractuels et agréés à titre provisoire conformément aux dispositions de l'article 1 de l'arrêté du 22 décembre 2014 précité : " Il est constitué un jury académique par corps d'accès de cinq à huit membres nommés par le recteur. / Le recteur ou son représentant préside le jury. / () Le vice-président et les autres membres du jury sont choisis parmi les membres des corps d'inspection, les chefs d'établissement, les enseignants-chercheurs, les professeurs des écoles et les formateurs académiques. / Le jury académique est composé de membres qui ne sont pas affectés dans l'établissement d'enseignement supérieur chargé d'assurer la formation des stagiaires de l'académie () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A, inspecteur de l'éducation nationale dans la spécialité " sciences physiques et chimiques ", membre du jury académique, a procédé à l'inspection de M. B le 29 avril 2019, sa visite ayant donné lieu à un rapport sur ses aptitudes professionnelles exprimant un avis défavorable à la titularisation. Il ne résulte ni des termes de ce rapport ni d'aucune autre pièce versée au dossier que M. A ait fait preuve de partialité, d'animosité personnelle ou de parti pris à l'occasion de ses appréciations sur les mérites professionnels de M. B. Ainsi, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la présence de M. A dans le jury académique a été de nature à entacher d'irrégularité la composition dudit jury au regard du principe d'impartialité.
8. En dernier lieu, le jury se prononce sur la titularisation à l'issue d'une période de formation et de stage. S'agissant non d'un concours ou d'un examen mais d'une procédure tendant à l'appréciation de la manière de servir qui doit être faite en fin de stage, cette appréciation est contrôlée par le juge de l'excès de pouvoir et peut être censurée en cas d'erreur manifeste.
9. M. B se prévaut du rapport de son tuteur pédagogique et de l'avis favorable de son chef d'établissement, lequel a émis un avis favorable à sa titularisation, observant sa progression au cours de l'année dans ses pratiques ; cet avis ne se prononce cependant pas sur les compétences pédagogiques de l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de l'inspecteur de l'éducation nationale, que si M. B a démontré des qualités relationnelles et sait organiser le travail des élèves lors des mises en activité, sa maîtrise des connaissances disciplinaires dans le champ de la physique est cependant insuffisante. Ces réserves font suite à l'observation d'une séance au cours de laquelle l'inspecteur a relevé un manque de maîtrise des lois de l'électricité, faiblesses confirmées lors de l'entretien, et ce, malgré une seconde année de stage. De même, le directeur de l'institut supérieur de formation de l'enseignement catholique (ISFEC) relève que si M. B a une relative maîtrise didactique et pédagogique des sciences physiques, notamment en chimie, des fragilités demeurent en physique. Si le rapport du tuteur de M. B émet des remarques positives sur sa progression, il ne suffit pas à remettre en cause les appréciations portées tant par l'inspecteur de l'éducation nationale le 29 avril 2019, que l'évaluation précitée du directeur de l'ISFEC émettant des réserves sur la bonne maîtrise par l'intéressé des connaissances scientifiques en physique. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'avis du jury serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La rapporteure,
C. C
Le président,
S. DEGOMMIER La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026