mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2019, Mme C C A D épouse B, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal:
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer le titre de séjour sollicité, sous quinze jours à compter de la décision juridictionnelle à venir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte;
3°) en tout état de cause, d'enjoindre au préfet de lui délivrer un récépissé valant autorisation de séjour et de travail le temps du réexamen de sa demande ou de la fabrication de son titre de séjour ;
4°) si l'aide juridictionnelle a été accordée au requérant à la date à laquelle le tribunal statue, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-648 relative à l'aide juridique ;
5°) s'il n'a pas été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle à la date à laquelle le tribunal statue ou si sa demande d'aide juridictionnelle a été rejetée, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros au requérant lui-même au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative;
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2020, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision inexistante ;
- les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du
14 juin 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Mme C C A D épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2019.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu le rapport de M. E au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Madame C A D épouse B, de nationalité espagnole, née le 1er janvier 1965 au Maroc, déclare être entrée en France, le 26 juin 2014, avec ses trois enfants mineurs. Par un courrier du 27 décembre 2017, réceptionné le 29 janvier 2018 par le préfet de la Loire-Atlantique, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 7 mars 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a invité la requérante à prendre rendez-vous auprès de ses services et l'a invitée à se munir de pièces afin de compléter l'instruction de sa demande. Une décision de rejet implicite, dont la requérante demande au tribunal l'annulation, a été opposé à sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, tout citoyen de l'Union européenne, tout ressortissant d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse a le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'il satisfait à l'une des conditions suivantes : 1° S'il exerce une activité professionnelle en France ; 2° S'il dispose pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 4° de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; 3° S'il est inscrit dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantit disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour lui et pour les membres de sa famille tels que visés au 5° afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; 4° S'il est un descendant direct âgé de moins de vingt et un ans ou à charge, ascendant direct à charge, conjoint, ascendant ou descendant direct à charge du conjoint, accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; 5° S'il est le conjoint ou un enfant à charge accompagnant ou rejoignant un ressortissant qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. "
3. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, doit être regardée comme travailleur, au sens du droit communautaire, toute personne qui exerce une activité réelle et effective, à l'exclusion d'activités tellement réduites qu'elles se présentent comme purement marginales et accessoires. La circonstance qu'une personne n'effectue qu'un nombre très réduit d'heures dans le cadre d'une relation de travail peut être un élément indiquant que les activités exercées ne sont que marginales et accessoires même si, indépendamment du niveau limité de la rémunération tirée d'une activité professionnelle et du nombre d'heures consacrées à celle-ci, il appartient au juge national de porter une appréciation globale sur la relation de travail en cause.
4. Mme C A D épouse B fait valoir qu'elle exerçait, à la date de la décision attaquée, une activité professionnelle en France, en qualité d'agent de service, et a produit à l'appui de sa demande de titre de séjour auprès de services préfectoraux seize pages de bulletins de salaire et fait valoir qu'elle était titulaire de contrats à durée indéterminée auprès des sociétés Onet et Netplus. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des bulletins de salaire qu'elle produit, qu'elle n'a exercé une activité salariée que pendant huit mois en 2016, sept mois en 2017 et 3 mois en 2018. Dès lors, elle ne peut être ainsi regardée comme établissant qu'elle exerçait une activité professionnelle, réelle et effective, en France à la date de la décision attaquée ni, par suite, qu'elle remplissait la condition prévue au 1° de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait méconnu ces dispositions.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit apporter une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. La requérante fait valoir qu'elle est mère de trois enfants scolarisés depuis leur arrivée en France en 2014 et soutient que le refus de titre de séjour est contraire à l'intérêt supérieur de ces derniers. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante est mariée mais que son époux ne réside pas sur le territoire français et qu'aucun obstacle ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale au Maroc ou en Espagne, pays dont l'intéressée et ses enfants ont la nationalité. Par ailleurs, il n'est pas établi que ses enfants ne pourraient poursuivre leur scolarité au Maroc ou en Espagne. La décision de refus de titre de séjour n'ayant dans ces conditions pas pour effet de séparer les enfants de leur mère, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait méconnu les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que Mme C A D épouse B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A D épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C C A D épouse B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Stéphanie Rodrigues Devesas.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le rapporteur,
Y. E
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026