mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 4 septembre 2019, 20 septembre 2019 et 16 avril 2022, Mme C Le Cardinal demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2019 par lequel le maire de Saint-Hilaire La Forêt a délivré au service départemental d'incendie et de secours de la Vendée un permis d'aménager portant sur l'aménagement d'un terrain, situé à La Rainière, pour la formation à la conduite des véhicules de secours tout-terrain ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire La Forêt et du service départemental d'incendie et de secours de la Vendée le versement d'une somme de 100 euros chacun en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande de permis d'aménager est irrégulière, sur le fondement de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme, dès lors qu'elle ne précise pas que le terrain d'assiette du projet est un terrain agricole ayant fait l'objet de travaux de terrassement en vertu d'une autorisation d'exploiter une carrière annulée par la juridiction administrative et qui n'a pas été remis en état ;
- la demande de permis d'aménager est irrégulière, sur le fondement de l'article R. 441-8-3 du code de l'urbanisme, en l'absence d'une étude attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain ont été prises en compte dans la conception du projet ;
- le permis d'aménager attaqué méconnaît les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Hilaire La Forêt ;
- le permis d'aménager est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne fait qu'aggraver la dégradation du site au détriment de la protection de cette zone agricole.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 mai 2020 et 16 juin 2022, le service départemental d'incendie et de secours de la Vendée, représenté par la SELARL Atlantic Juris, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante est dépourvue d'intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Saint-Hilaire La Forêt qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Mme Le Cardinal et celles de Me Capul, avocat du service départemental d'incendie et de secours de la Vendée.
Une note en délibéré, enregistrée le 21 septembre 2022, a été présentée par Mme Le Cardinal.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 juin 2019, le maire de la commune de Saint-Hilaire La Forêt a délivré au service départemental d'incendie et de secours un permis d'aménager portant sur l'aménagement d'un terrain, situé à La Rainière, pour la formation à la conduite des véhicules de secours tout-terrain. Mme Le Cardinal, voisine immédiate du projet, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article R. 441-1 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " La demande de permis d'aménager précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / b) La localisation et la superficie du ou des terrains à aménager ; / c) La nature des travaux ; / d) Les éléments, fixés par arrêté, nécessaires au calcul des impositions ; / e) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; / f) S'il y a lieu, que les travaux portent sur un projet soumis à autorisation environnementale en application de l'article L. 181-1 du code de l'environnement ; / g) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis. / La demande peut ne porter que sur une partie d'une unité foncière. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a indiqué dans le formulaire cerfa de demande de permis d'aménager que " ce terrain est situé dans une zone de taillis et friche d'une ancienne carrière à faible pente générale ". Si la requérante soutient que l'autorisation relative à cette carrière a été annulée, de sorte que la carrière en cause n'a jamais été exploitée, elle n'établit pas en quoi cette simple référence à " une ancienne carrière " aurait eu une influence sur l'appréciation portée par l'autorité délivrante sur le projet. Par ailleurs, à supposer que le terrain ait fait l'objet, comme le soutient la requérante sans le démontrer, de terrassements, durant la période située entre la délivrance de l'autorisation d'exploiter une carrière et l'annulation de cette autorisation, la mention de ces terrassements n'avait pas nécessairement à figurer dans la " courte description du projet " figurant dans le formulaire Cerfa de demande dès lors que le terrain était parfaitement identifiable et que figurent à l'appui de la demande de nombreuses photographies de ce terrain en l'état actuel. La requérante n'explique d'ailleurs pas en quoi cette mention de terrassements aurait pu influer sur l'appréciation portée par le maire sur la demande de permis d'aménager. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incomplétude de la demande de permis d'aménager doit être écarté.
4. Aux termes de l'article R. 441-8-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés sont situés sur un terrain ayant accueilli une installation classée mise à l'arrêt définitif, dans le cas prévu par l'article L. 556-1 du code de l'environnement, la demande de permis d'aménager est complétée par un document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain ont été prises en compte dans la conception du projet. / Cette pièce est fournie sous l'entière responsabilité du demandeur.".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 13 juin 1994, le préfet de la Vendée a autorisé une société à exploiter à ciel ouvert, notamment sur le terrain d'assiette du projet, une carrière de granit. Toutefois, cet arrêté a été annulé par un jugement du 26 janvier 1995 de ce tribunal, jugement confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 12 novembre 1997, la requérante indiquant elle-même que " la carrière n'a jamais été exploitée ". Par suite, en l'absence de mise en service, puis de mise à l'arrêt d'une installation classée sur le terrain d'assiette du projet, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la demande de permis d'aménager aurait dû comprendre le document mentionné à l'article R. 441-8-3 du code de l'urbanisme. Si la requérante évoque un " décapage des terres végétales " et le stationnement d'engins sur le terrain d'assiette entre la délivrance de l'arrêté du 13 juin 1994 et l'annulation de celui-ci, elle ne démontre pas, par ces seules allégations, que de tels agissements nécessitaient des mesures de dépollution. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 441-8-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. Aux termes de l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Hilaire-La-Forêt : " Les constructions et installations de toute nature sont interdites, à l'exception de celles vises à l'article A2. ". Aux termes de l'article A2 du même règlement : " () f) Les affouillements et exhaussements de sol liés et nécessaires à une exploitation agricole et aux opérations autorisées dans la zone ; () h) Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif (transformateur EDF, pompe de relèvement, producteur d'énergie à partir des énergies renouvelables, ), aux exploitations agricoles et aux équipements d'intérêt général. Les bâtiments et ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des services publics sont autorisés même si ces installations ne respectent pas le corps de règle de la zone concernée. / (). ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste en la réalisation d'exhaussements et d'affouillements du sol, sur une surface de 1 300 m², afin d'aménager une aire de manœuvre aux fins de formation et de pratique de la conduite tout terrain des engins de secours du SDIS, le terrain ainsi aménagé devant être utilisé à cette seule fin à raison de deux jours par semaine cinq ou six semaines par an. Le SDIS fait valoir que l'apprentissage de ce type de conduite relève du référentiel de formation des sapeurs-pompiers. Si une note d'information du ministère de l'intérieur précise que cette formation n'est pas un complément obligatoire du permis de conduire, cette même note préconise d'optimiser l'emploi des engins de secours, dans le respect des possibilités techniques de ces engins et des mesures de sécurité, dans le souci de pouvoir accéder au plus près de la zone sinistrée ou des victimes. Dans ces conditions, l'aménagement du terrain apparaît comme une installation nécessaire, quand bien même ne serait-elle pas indispensable, aux missions de service public et d'intérêt collectif assurées par le service départemental d'incendie et de secours, de sorte que les affouillements et exhaussements du sol en lien avec cette opération, sont autorisés par les dispositions combinées des points f) et h) de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Hilaire-La-Forêt.
8. La requérante soutient que le permis d'aménager est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne fait qu'aggraver la dégradation du site au détriment de la protection de cette zone agricole, dont le règlement du plan local d'urbanisme dispose qu'il s'agit d'une zone " à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Toutefois, le classement d'un terrain en zone agricole n'entraîne pas l'inconstructibilité de celui-ci mais limite, par le règlement applicable à cette zone, les possibilités de constructions ou d'installations. Par suite, dès lors que la requérante n'établit pas que le projet en cause méconnaît le règlement de la zone agricole du plan local d'urbanisme de la commune et, au demeurant, compte tenu du caractère limité du projet, elle ne démontre pas davantage que l'arrêté du 10 juin 2019 serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme Le Cardinal n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2019.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Hilaire-La-Forêt et du service départemental d'incendie et de secours de la Vendée, qui ne sont pas, dans la présente instance, parties perdantes, la somme que la requérante, qui au demeurant ne justifie pas avoir exposé de frais, demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la requérante le versement de la somme de 800 euros au service départemental d'incendie et de secours de la Vendée, au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Le Cardinal est rejetée.
Article 2 : Mme Le Cardinal versera la somme de 800 euros au service départemental d'incendie et de secours de la Vendée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C Le Cardinal, à la commune de Saint-Hilaire-La-Forêt et au service départemental d'incendie et de secours de la Vendée.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
A. A DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au préfet de la Vendée en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026