mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 27 septembre 2019,
M. C B, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire;
2°) d'annuler la décision implicite du 28 août 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de procéder au versement rétroactif de l'allocation pour demandeurs d'asile (ADA), à compter du mois de janvier 2018 et de poursuivre ces versements pendant tout le temps de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au calcul de l'ADA depuis sa demande d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision, de procéder au versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile depuis janvier 2018 et d'en reprendre le versement immédiatement pour l'avenir, dans un délai de 10 jours ouvrés à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard;
4°) A titre subsidiaire, d'enjoindre à l'OFII de réexaminer ses droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai de dix jours ouvrés à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'une violation de la loi et d'une erreur de droit : l'OFII ne pouvait pas lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il était titulaire d'une protection en Roumanie ; à l'issue de l'expiration du délai de transfert prévu par le règlement Dublin A, la France est devenue responsable de sa demande d'asile sans qu'aucune déclaration de fuite n'intervienne ; l'OFII était donc tenu de lui verser l'ADA ;
- la décision est entachée d'une seconde erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : l'OFII ne pouvait pas retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait obtenu la protection internationale en Roumanie alors que l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne se réfère qu'aux déclarations mensongères relatives à la situation familiale ;
- la décision est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation : il ignorait avoir obtenu une protection en Roumanie.;
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du
16 septembre 2022, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du
13 septembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la directive 2003/9/UE du Conseil du 27 janvier 2003;
- le règlement UE 604/2013 du 26 juin 2013 dit " E A "
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1984, de nationalité érythréenne, déclare être entré en France le 18 septembre 2017. Le 31 octobre 2017, il s'est présenté au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Rhône, où il a déposé une demande d'asile, enregistrée en procédure dite " Dublin ". Lors de son entretien en préfecture, l'intéressé a déclaré avoir obtenu une protection internationale en Roumanie. Le même jour, l'intéressé a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Le 7 décembre 2017, les autorités roumaines ont confirmé aux services de la préfecture de l'obtention par M. B d'une protection internationale dans leur pays, et ont refusé la reprise en charge de M. B. L'OFII a alors retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B à compter de janvier 2018. L'intéressé a continué à bénéficier d'un hébergement jusqu'au 20 janvier 2021. Le 29 octobre 2018, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure normale. Par ordonnance du 14 mai 2019 n° 1906323, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B par laquelle il demandait au tribunal d'enjoindre à l'OFII de procéder au versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile (ADA) depuis janvier 2017 et de reprendre les versements pour l'avenir. Par courrier du 27 juin 2019, réceptionné par les services de l'OFII le 28 juin 2019, M. B, par l'intermédiaire de son conseil, a sollicité de l'OFII le versement rétroactif du bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile depuis janvier 2018. Une réponse implicite de rejet de l'OFII est intervenue le 28 août 2019, dont le requérant demande au tribunal l'annulation. Par ordonnance du 23 septembre 2019 n° 1909810, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant sur les fondements de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B en ce qu'il demandait au tribunal la suspension de l'exécution de la décision par laquelle l'OFII lui avait suspendu le versement de l'allocation pour demandeur d'asile et avait refusé le versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile depuis janvier 2018. Par décision du 8 avril 2020 notifiée le 12 juin 2020, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a accordé le statut de réfugié à M. B.
Sur les conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par décision du 13 septembre 2019 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à ce que le requérant soit provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation:
3. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; 2° Retiré si le demandeur d'asile a dissimulé ses ressources financières ou a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ou en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ; 3° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du A de l'article L. 723-2.() ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du A de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
4. Aux termes de l'article L. 723-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure, y compris lorsque le demandeur avait explicitement retiré sa demande antérieure, lorsque l'office a pris une décision définitive de clôture en application de l'article L. 723-13 ou lorsque le demandeur a quitté le territoire, même pour rejoindre son pays d'origine. Ces dispositions s'appliquent sans préjudice du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride. Si des éléments nouveaux sont présentés par le demandeur d'asile alors que la procédure concernant sa demande est en cours, ils sont examinés, dans le cadre de cette procédure, par l'office si celui-ci n'a pas encore statué ou par la Cour nationale du droit d'asile si celle-ci est saisie. ".
5. En l'espèce, il est constant que M. B a obtenu une protection internationale en Roumanie le 29 novembre 2016 et a sollicité l'asile en octobre 2017 en France où sa demande a été placé en " procédure Dublin ". Le 7 décembre 2017, les autorités roumaines ont confirmé aux services de la préfecture l'obtention par l'intéressé d'une protection internationale dans leur pays et refusé la reprise en charge de M. B. Dans ces conditions, la demande d'asile présentée en France par M. B en octobre 2017 ne pouvait être regardée que comme une demande de réexamen de sa demande d'asile. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'OFII a commis une erreur de droit, une erreur de fait ou une erreur manifeste d'appréciation en refusant à l'intéressé les conditions matérielles d'accueil pour ce motif.
6. Il résulte tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de décision rejetant implicitement sa demande tendant au versement rétroactif des conditions matérielles d'accueil.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Stéphanie Rodrigues Devesas et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe 9 novembre 2022.
Le rapporteur,
Y. D
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1909830
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026