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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1909950

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1909950

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1909950
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantROULLEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 septembre 2019, Mme B C, représentée par Me Roulleau, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé qu'elle se maintienne sur le territoire français au titre de l'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, moyennant la renonciation dudit avocat à percevoir la contribution versée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse méconnaît les dispositions de l'article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2020, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la décision contestée ne revêt en elle-même aucun caractère décisoire et n'est pas susceptible de faire l'objet de conclusions tendant à son annulation indépendamment de l'obligation de quitter le territoire français qui en procède ;

- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une décision du 19 octobre 2020, le bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes (section administrative) a admis Mme B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée le 29 avril 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C, ressortissante kosovare née le 24 mai 1965 à Dyz (ex-Yougoslavie), déclare être entrée irrégulièrement sur le territoire français, le 16 octobre 2016. Elle a sollicité l'asile le 18 octobre 2016. Sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 19 octobre 2018, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 3 décembre suivant. Le préfet de Maine-et-Loire a alors édicté à son encontre un arrêté portant refus de maintien sur le territoire français au titre de l'asile, le 10 juillet 2019. La requérante demande au Tribunal l'annulation de cet acte.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la notification de la décision de l'office ou, si un recours a été formé, jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. ".

3. La seule constatation par le préfet de ce que l'étranger, qui s'est vu refuser le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire, ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français, ne traduit que l'appréciation de la réunion des conditions prévues par les dispositions applicables pour décider une obligation de quitter le territoire français. Ainsi, une telle constatation ne revêt en elle-même aucun caractère décisoire et n'est pas susceptible de faire l'objet de conclusions tendant à son annulation indépendamment de l'obligation de quitter le territoire français qui en procède. Il appartient, par suite, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées contre un tel arrêté préfectoral se bornant à formaliser une telle constatation, de les déclarer irrecevables.

4. Il ne résulte, ni des termes de l'acte litigieux, ni des pièces du dossier, que l'arrêté contesté ferait suite à une demande d'admission au séjour présentée par Mme C. Par suite, et comme cela résulte de ce qui est dit au point précédent, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant refus de maintien sur le territoire au titre de l'asile, qui se borne à constater que Mme C ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français à la suite des refus de la demande d'asile de l'intéressée par l'OFPRA puis la CNDA, sont irrecevables et doivent, en tant que telles, être rejetées.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et sa demande présentée au titre des dispositions des articles R. 761-1, L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Roulleau.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

M. Labouysse, premier conseiller,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.

La rapporteure,

N. A

Le président,

L. MARTINLa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

V. Malingre

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