mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BOIDIN |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le numéro 1909978, par une requête enregistrée le 12 septembre 2019, M. A D, représenté par Me Boidin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a muté M. C B sur le poste de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Saint-Brieuc ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission administrative paritaire nationale du 25 juin 2019 était régulièrement composée, ni que sa situation y a été examinée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des critères définis par la circulaire n° INTC17289576C du 3 avril 2018 pour l'examen des demandes de mutation, dès lors qu'il a plus d'ancienneté que M. B et que ce dernier n'a jamais été, contrairement à lui, affecté en secteur difficile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.
II. Sous le numéro 1909980, par une requête enregistrée le 12 septembre 2019, M. A D, représenté par Me Boidin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de mutation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande de mutation en l'affectant à la CSP de Saint-Brieuc, ou à défaut de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission administrative paritaire nationale du 25 juin 2019 était régulièrement composée, ni que sa situation y a été examinée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des critères définis par la circulaire n° INTC17289576C du 3 avril 2018 pour l'examen des demandes de mutation, dès lors qu'il a plus d'ancienneté que M. B et que ce dernier n'a jamais été, contrairement à lui, affecté en secteur difficile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;
- la circulaire du ministre de l'intérieur du 3 avril 2018 relative aux mouvements de mutation des agents du corps d'encadrement et d'application de la police nationale (NOR : INTC1729576C) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Boidin, avocate de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, fonctionnaire de police au grade de brigadier, a été affecté à la circonscription de sécurité publique (CSP) du Mans à compter du 1er septembre 2004. Le 7 mai 2019, il a demandé sa mutation sur des postes situés en Bretagne, notamment, en deuxième choix, à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Saint-Brieuc. L'administration a implicitement rejeté la demande du requérant, le nom de ce dernier ne figurant pas sur le " télégramme des mutations ", daté du 12 juillet 2019. Par ses requêtes, M. D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les décisions implicites par lesquelles l'administration a rejeté sa demande de mutation, et a muté M. C B à la CSP de Saint-Brieuc.
2. Les requêtes n° 1909978 et 1909980 ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 6 du décret du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le nombre des représentants du personnel est défini comme suit : () / 4° Lorsque le nombre de fonctionnaires d'un même grade est supérieur ou égal à cinq mille ou lorsqu'il s'agit d'un corps à grade unique dont l'effectif est supérieur ou égal à mille, le nombre de représentants du personnel est de quatre membres titulaires et de quatre membres suppléants. () ". Aux termes de l'article 34 de ce décret : " Les commissions administratives siègent en formation restreinte lorsqu'elles sont saisies de questions résultant de l'application des articles 55, 58, 67, 45, 48, 60, 70, 72 de la loi du 11 janvier 1984 ainsi que des décisions refusant l'autorisation d'assurer un service à temps partiel et des décisions refusant le bénéfice des congés prévus aux 7° et 7° bis de l'article 34 de cette même loi. Dans les autres cas, elles siègent en assemblée plénière. ". Aux termes de l'article 35 de ce décret : " Lorsque les commissions administratives paritaires siègent en formation restreinte, seuls les membres titulaires et, éventuellement, leurs suppléants représentant le grade auquel appartient le fonctionnaire intéressé et les membres titulaires ou suppléants représentant le grade immédiatement supérieur ainsi qu'un nombre égal de représentants de l'administration sont appelés à délibérer. ". Aux termes de l'article 41 du même décret : " Les commissions administratives ne délibèrent valablement qu'à la condition d'observer les règles de constitution et de fonctionnement édictées par la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat et par le présent décret, ainsi que par le règlement intérieur. / En outre, les trois quarts au moins de leurs membres doivent être présents lors de l'ouverture de la réunion. Lorsque ce quorum n'est pas atteint, une nouvelle convocation est envoyée dans le délai de huit jours aux membres de la commission qui siège alors valablement si la moitié de ses membres sont présents. () ".
4. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de la commission administrative paritaire nationale compétente à l'égard du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa séance du 25 juin 2019, d'une part, que pour examiner les demandes de mutation des brigadiers de police, quatre représentants du personnel du grade de brigadier, auquel appartient M. D, quatre représentants du personnel du grade immédiatement supérieur, soit le grade de brigadier-chef, ainsi que huit représentants de l'administration ont pris part au vote, d'autre part, que les membres de cette commission ont eu communication de l'ensemble des candidatures des agents à la mutation, enfin, que les mouvements des agents du corps d'encadrement des agents du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dont relève le grade de brigadier, ont été débattus par les membres de cette commission. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que les décisions litigieuses sont entachées d'un vice de procédure.
5. En second lieu, aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version en vigueur : " L'autorité compétente procède aux mouvements des fonctionnaires après avis des commissions administratives paritaires. / Dans les administrations ou services où sont dressés des tableaux périodiques de mutations, l'avis des commissions est donné au moment de l'établissement de ces tableaux. () / Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les affectations prononcées doivent tenir compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée aux fonctionnaires séparés de leur conjoint pour des raisons professionnelles, aux fonctionnaires séparés pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de solidarité lorsqu'ils produisent la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts, aux fonctionnaires handicapés relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail et aux fonctionnaires qui exercent leurs fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles, ainsi qu'aux fonctionnaires qui justifient du centre de leurs intérêts matériels et moraux dans une des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ainsi qu'en Nouvelle-Calédonie. () ".
6. Il résulte des dispositions précitées de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 que lorsque, dans le cadre d'un mouvement de mutation, un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre de ce mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service et d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. Ces dispositions ne subordonnent, toutefois, la légalité des mutations prononcées lors de ces mouvements ni au respect absolu d'un régime de priorité, ni à l'observation d'un barème de mutation, lequel est purement indicatif.
7. Il ressort des termes du mémoire en défense que pour rejeter la demande de mutation de M. D et muter M. B à la CSP de Saint-Brieuc, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, du meilleur niveau de notation de M. B, d'autre part, de l'intérêt du service, la demande de mutation de M. D n'étant pas compatible avec le bon fonctionnement de son service d'affectation. A cet égard, le ministre fait valoir que la mutation de M. D était conditionnée à un remplacement concomitant, à défaut duquel sa demande de mobilité n'était pas compatible avec le bon fonctionnement de son service d'affectation, la CSP du Mans. Le requérant, qui n'a pas produit de mémoire en réplique, ne conteste pas cette allégation, de sorte que les décisions litigieuses doivent être regardées comme ayant été prises dans l'intérêt du service. Dans ces conditions, en dépit de la circonstance, à la supposer établie, que M. D aurait, par application des critères et du barème fixés dans la circulaire du 3 avril 2018 visée ci-dessus, obtenu un nombre de points supérieur à celui de M. B, affecté dans une autre CSP que la sienne, les décisions attaquées ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par M. D ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme que demande le requérant au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 1909978 et 1909980 de M. D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à M. C B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
L. FRELAUT
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 1909980
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026