jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1910015 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2019, Mme D B, représentée par Me Kaddouri, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 25 juin 2019 contre la décision du 11 juin 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de rétablir le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 800 euros à son conseil, lequel s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation tirée du défaut de reprise en charge effective par l'Etat membre désigné responsable ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de vulnérabilité n'a pas été pris en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement à son rejet comme mal fondée.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté, dès lors que la requête a été introduite plus de deux mois après la notification en recommandé avec accusé de réception du 6 juillet 2019 de la décision explicite du 4 juillet 2019 ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 20 octobre 2020, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme B.
Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée au 16 mai 2022.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Vu :
- le jugement n°1904625, du 14 mai 2019, de la magistrate désignée du Tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie ;
- la décision du Conseil d'État statuant au contentieux, Association CIMADE et autres, n° s 428530, 428564 du 31 juillet 2019, notamment son point 18 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, née le 18 août 1997 à Boke (Guinée), de nationalité guinéenne, alias E, née le 1er janvier 1998, est entrée irrégulièrement en France le 30 décembre 2018. Sa demande d'asile a été enregistrée au guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Maine-et-Loire le 20 février 2019 et placée en procédure Dublin. Le même jour, Mme B a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par décisions du 23 avril 2019, le préfet a ordonné son transfert vers l'Espagne et, dans cette attente, l'a assignée à résidence. La légalité de la décision de transfert a été confirmée par un jugement n° 1904625 du 14 mai 2019 de la magistrate désignée du Tribunal. N'ayant respecté aucune des dates de pointage dans le cadre de son assignation à résidence, Mme B a été déclarée en fuite le 24 mai 2019. Par décision du 11 juin 2019, l'OFII a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de la requérante au motif de la non-présentation aux autorités. Par courrier du 25 juin 2019, l'intéressée a formé, par l'intermédiaire de son avocat, un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Par décision explicite du 4 juillet 2019, l'OFII a rejeté ce recours. Le 23 septembre 2019, Mme B a donné naissance à sa fille C B, de père naturalisé français, M. N'Famady B, né le 28 juillet 1965, avec lequel elle vit en concubinage. A l'expiration du délai de transfert, Mme B s'est présentée de nouveau en préfecture, en faisant valoir que la France était devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Celle-ci a été placée en procédure accélérée le 2 décembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande au Tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'OFII a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 25 juin 2019 contre la décision du 11 juin 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que le recours administratif formé par Mme B le 25 juin 2019 et notifié le 2 juillet suivant a fait l'objet d'une décision explicite de rejet le 4 juillet 2019 de la part des services de l'OFII. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être regardées comme étant dirigées contre la décision explicite du 4 juillet 2019.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991, lorsqu'une action en justice doit être intentée avant l'expiration d'un délai devant une juridiction du premier degré, " l'action est réputée avoir été intentée dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice est introduite dans un nouveau délai de même durée à compter : / a) De la notification de la décision d'admission provisoire ; / b) De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / c) De la date à laquelle la décision d'admission ou de rejet de la demande est devenue définitive ; / d) Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. ". Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision devant faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, issue notamment des articles 5 et 7 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière, le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
5. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant la décision litigieuse en date du 4 juillet 2019, expédiée à l'adresse déclarée par Mme B, 2 square Gaston Allard 49 000 Angers, a été retourné à l'administration, avec la mention " pli avisé et non réclamé " à la date du 6 juillet 2019. L'enveloppe du pli recommandé est en outre revêtue du motif de non-distribution, " pli avisé et non réclamé ". Compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes, la décision du 4 juillet 2019, qui comportait la mention des voies et délais de recours, doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à Mme B le 6 juillet 2019. Il s'ensuit que le délai durant lequel devait être formé le recours contentieux selon les modalités de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, a couru à compter de cette date et expirait deux mois plus tard. En outre, il résulte de l'instruction que la demande d'aide juridictionnelle n'a été formée par la requérante que le 14 septembre 2019, soit plus de deux mois après la notification régulière de la décision attaquée.
6. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B dans sa requête enregistrée le 14 septembre 2019 sont tardives. Il s'ensuit que ces conclusions sont irrecevables et que la fin de non-recevoir soulevée en défense par l'OFII doit être accueillie.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction qu'elle contient ainsi que la demande tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au profit du conseil de Mme B sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
M. Labouysse, premier conseiller,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La rapporteure,
N. A
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026