mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1911313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CHAUVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2019, M. C A, représenté par Me Chauvière, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 août 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de réexaminer sa situation et de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'OFII n'a pas procédé à un examen individuel de sa situation ;
- la décision attaquée méconnaît la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- l'OFII n'établit pas qu'il n'aurait pas respecté une quelconque exigence des autorités chargées de l'asile ;
- méconnaît l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une lettre du 13 octobre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai de 15 jours.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
3 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant soudanais né le 1er janvier 1992, est entré irrégulièrement en France le 1er juillet 2018. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture de la Loire-Atlantique le 24 juillet 2018. Le préfet de la Vendée, après avoir considéré que les autorités italiennes étaient responsables de l'instruction de sa demande d'asile et obtenu leur accord pour sa prise en charge sur le fondement du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, a pris, le 21 décembre 2018, un arrêté de transfert de M. A aux autorités italiennes. Par un jugement n° 1901919 du 11 mars 2019, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête en annulation dirigée par M. A contre cet arrêté de transfert. Cet arrêté a été exécuté le 27 mai 2019, l'intéressé ayant été transféré de manière effective aux autorités italiennes à cette date. Le 30 mai 2019, soit trois jours plus tard selon ses propres déclarations, M. A est de nouveau entré sur le territoire français où il a déposé, le 15 juillet 2019, une nouvelle demande d'asile. Ayant considéré, après l'examen du dossier de l'intéressé, que les autorités italiennes étaient responsables de l'instruction de sa demande d'asile, le préfet de Maine-et-Loire a, en qualité d'autorité administrative compétente désignée par l'arrêté du 10 mai 2019 désignant les préfets compétents pour enregistrer les demandes d'asile et déterminer l'Etat responsable de leur traitement, saisi les autorités italiennes, le 16 juillet 2019, d'une demande de prise en charge de M. A sur le fondement de
l'article 13.1 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en sollicitant une réponse urgente pour le 1er août 2019 sur le fondement de l'article 21.2 du même règlement. Après l'accord implicite de ces autorités survenu à l'expiration du délai prévu à l'article 22.7 du même règlement, dont il a pris acte le 1er août 2019, par un message du même jour adressé aux autorités italiennes sur le fondement de l'article 10 du règlement (CE) n° 1560/2003 du 2 septembre 2003, le préfet de Maine-et-Loire a, par deux arrêtés du 20 septembre 2019, décidé de transférer l'intéressé aux autorités italiennes et de l'assigner à résidence dans le département de la
Loire-Atlantique. Par un jugement n° 1910384 du 1er octobre 2019, le magistrat désigné du tribunal administratif de Nantes a rejeté le recours formé par M. A contre ces deux arrêtés.
2. M. A a sollicité le 15 juillet 2019 le rétablissement des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Par une ordonnance n° 1911311 du 2 octobre 2019, le juge des référés du tribunal, saisi par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de la décision du 8 août 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision du 8 août 2019.
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A, en particulier au regard de sa vulnérabilité.
5. En troisième lieu, par sa décision n° 428530,428564 du 31 juillet 2019, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé les 12° et 14° de l'article 1er du décret du 28 décembre 2018 relatif aux conditions matérielles d'accueil au motif que, en créant des cas de refus et de retrait de plein droit des conditions matérielles d'accueil sans appréciation des circonstances particulières et en excluant, en cas de retrait, toute possibilité de rétablissement de ces conditions, les dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, sont incompatibles avec les objectifs de l'article 20 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale. Nonobstant l'annulation, avec effet immédiat, des dispositions du décret du
28 décembre 2018 codifiées aux articles D. 744-37-1 et D. 744-39 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il reste possible à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
6. Si M. A soutient qu'il n'a fait l'objet d'aucune prise en charge en Italie, il n'établit ni même n'allègue avoir effectué des démarches pour obtenir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil auprès des autorités italiennes. Le requérant, qui a fait le choix de revenir en France, malgré son transfert en Italie, a ainsi tenté délibérément de faire obstacle à la décision de transfert en revenant aussitôt en France. Par suite, l'OFII a pu légalement prendre la décision attaquée, sans entacher cette décision ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation, au motif que l'intéressé n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à
Me Chauvière et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le rapporteur,
E. B
La présidente,
C. LOIRAT La greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026