mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1911801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LE VERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 octobre 2019 et 15 septembre 2022, Mme B D, représentée par Me Le Verger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 3 septembre 2019 portant rejet de son recours hiérarchique et confirmant le rejet de sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de prendre une nouvelle décision sur sa demande de naturalisation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision a été signée par une autorité dûment habilitée ;
- la décision est entachée d'une manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, née le 8 juin 1982, de nationalité congolaise, a sollicité l'acquisition de la nationalité française. Par une décision du 11 février 2019, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté cette demande. Saisi d'un recours, le ministre de l'intérieur a, confirmé ce rejet par une décision du 3 septembre 2019, dont l'intéressée demande au tribunal l'annulation.
2. En premier lieu, conformément aux dispositions de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, le directeur de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité dispose de la délégation pour signer, au nom du ministre chargé des naturalisations, l'ensemble des actes relatifs aux affaires des services placés sous son autorité, à l'exception des décrets. Par un décret du 28 septembre 2016, publié au journal officiel de la république française du 29 septembre 2016, Mme C a été nommée directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité. Par une décision du 30 août 2018, régulièrement publiée au journal officiel de la république française du 2 septembre 2018, Mme C a accordé à Mme H, chargée du traitement des recours administratifs préalables obligatoires du bureau des affaires juridiques, du
pré-contentieux et du contentieux et signataire de la décision attaquée, une délégation de signature à cet effet. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque ainsi en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 visé ci-dessus : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les incertitudes pouvant exister sur l'état civil exact du postulant.
4. Pour rejeter la demande de naturalisation présentée par Mme D, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que, lors de la constitution de son dossier, un acte de naissance s'est avéré être non authentique après vérifications auprès des autorités de son pays d'origine, la République du Congo, et qu'en conséquence, l'identité de la requérante ne pouvait être établie avec certitude.
5. En l'espèce, si Mme D soutient que les actes d'état civil qu'elle a produits à l'appui de sa demande de naturalisation sont authentiques, il ressort des pièces du dossier qu'elle a produit un acte de naissance délivré par le centre d'état civil de Ouenzé sous le numéro 1004/82. Lors de ses démarches auprès du bureau des étrangers dans le cadre de son droit au séjour, la requérante avait produit un acte d'acte de naissance délivré par le même centre d'état civil mais sous le numéro n°1944/82. La comparaison des deux actes laisse apparaître des divergences quant à la profession des parents. Suite à sa saisine par le référent fraude départemental, la direction de la coopération internationale du ministère de l'intérieur a procédé à des levées d'actes auprès des autorités congolaises. Il en ressort que les deux actes originaux n°1944/82 et n°1004/82 contenus dans les registres d'état civil de Ouenzé ne concernent pas la requérante, mais deux tiers différents. Si l'intéressée produit à l'appui de sa requête une attestation émanant du maire de la commune de Ouenzé l'authenticité de ce document n'est pas établie, alors notamment que cette attestation est signée par l'administrateur maire " M. A E ", tandis que l'acte de naissance n°1944/82 transmis simultanément est signé par l'administrateur maire " M. A E ". Il ressort de l'ensemble de ces éléments que Mme D a produit des actes apocryphes et que, par conséquent, le ministre de l'intérieur était fondé à estimer que son identité ne pouvait être établie de manière certaine à la date de la décision attaquée. Dès lors, le ministre de l'intérieur a pu, eu égard au large pouvoir dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder ou non la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, rejeter la demande de naturalisation de Mme D sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Enfin, les autres circonstances soulevées par la requérante, tirées notamment de son intégration socio-professionnelle en France et de la nationalité française de son époux et de ses enfants, sont incidence sur la légalité de la décision attaquée eu égard au motif qui la fonde.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.
Le rapporteur,
Y. F
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026