mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1912006 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BARBARY MORICE L'HELIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er novembre 2019, le 14 janvier 2021 et le 4 mai 2021, M. C B, représenté par Me l'Helias, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a implicitement refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'annuler la décision du 28 octobre 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ainsi que la décision implicite qui a précédé cette décision ;
3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à lui verser une somme de 9 102 euros équivalente au montant qu'il aurait dû normalement percevoir au titre de l'allocation de demandeur d'asile entre le 16 juillet 2019 et le 20 avril 2021 ;
4°) de condamner l'Etat à verser à Me l'Helias une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas pris en considération sa particulière vulnérabilité en méconnaissance de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et l'a placé dans une situation incompatible avec l'autonomie et la dignité qui doit être assurée pour les demandeurs d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2020, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
19 novembre 2019.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 23 avril 1998, est entré en France le 18 avril 2017. Il a déposé une demande d'asile enregistrée le 7 août 2017 et a accepté l'offre de prise en charge proposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le même jour. Ne s'étant pas présenté à une convocation fixée en vue de son transfert vers l'Italie, Etat responsable de sa demande d'asile, M. B a été déclaré en fuite par le préfet de la Mayenne le 7 novembre 2017. Le 12 janvier 2018, l'OFII lui a notifié son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil puis y a procédé. A l'expiration du délai de transfert vers l'Italie, M. B s'est de nouveau présenté en préfecture pour l'examen de sa demande d'asile en France. Sa demande a alors été instruite selon la procédure accélérée le 9 juillet 2019. Par courrier remis en mains propres le même jour, l'OFII lui a notifié son intention de " suspendre ses conditions matérielles d'accueil ". Par une décision du 28 octobre 2019, l'OFII a décidé de ne pas accorder à M. B le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que la décision implicite qui l'a précédée et de condamner l'OFII à lui verser une somme de 9 102 euros équivalente au montant qu'il aurait dû normalement percevoir au titre de l'allocation de demandeur d'asile entre le 16 juillet 2019 et le 20 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de l'OFII :
2. La décision du 28 octobre 2019 par laquelle l'OFII a expressément refusé d'accorder à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil s'est substituée à la décision implicite mentionnée ci-dessus. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision implicite doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 28 octobre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'OFII du 28 octobre 2019 :
3. En premier lieu, le moyen tiré du défaut de motivation dirigé contre la décision implicite à laquelle s'est substitué la décision mentionnée ci-dessus doit être écarté comme inopérant.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile code dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile: " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Lors de l'entretien, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. () ".
5. Il résulte des termes de la décision attaquée, laquelle énonce que l'évaluation de la situation personnelle et familiale du requérant ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'OFII a effectivement procédé à cet examen. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi invoqué doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
7. Dans le cas où les conditions matérielles d'accueil ont été suspendues sur le fondement de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015, le demandeur peut, notamment dans l'hypothèse où la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile, en demander le rétablissement. Il appartient alors à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, pour statuer sur une telle demande de rétablissement, d'apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été déclaré en fuite le 7 novembre 2017 et qu'il ne s'est pas rendu à la convocation en vue de l'exécution de son transfert vers l'Italie, pays initialement responsable de sa demande d'asile avant qu'il ne se soustraie à cette mesure. Si le requérant soutient qu'il souffre d'algies oculaires avec céphalées paraissant en rapport avec une importante baisse de l'acuité visuelle, le certificat médical qu'il présente, daté du 29 décembre 2019, ne permet à lui seul d'établir qu'il souffrait de ces troubles à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de son degré de vulnérabilité.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions pécuniaires et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me l'Helias et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
P-E. A
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026