jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1912081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SPE GAYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 novembre 2019 et 22 février 2023, la société civile d'exploitation agricole dénommée la S.C.A. de Beauchêne, représentée par Me Breton, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision tacite du 19 juillet 2019 par laquelle le préfet de la région Pays de la Loire a accordé, à M. K C de Bellegarde une autorisation administrative d'exploiter une surface de 40,3691 hectares de terres agricoles situées à Noyant-Villages (communes déléguées de Chigné et Genneteil) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'administration ne l'a pas informée de la décision d'autorisation d'exploiter accordée à M. K C de Bellegarde, alors qu'elle est preneur en place ; la publicité prévue à l'article R. 331-4 du code rural et de la pêche maritime ne saurait permettre de remplacer les obligations fixées aux articles R. 331-5 et R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen et méconnaît 1'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime, dès lors que le préfet n'a pas tenu compte de sa qualité de preneur en place, ayant fait l'objet d'un congé délivré par le bailleur, et dont l'opération litigieuse compromet la viabilité de l'exploitation ;
- l'administration a considéré à tort que sa demande était un agrandissement alors qu'elle est preneur en place, titulaire d'une autorisation d'exploiter.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet de la région Pays de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des autres moyens soulevés par la S.C.A. de Beauchêne n'est fondé.
M. K C de Bellegarde a été mis en cause en qualité d'observateur.
Par une ordonnance du 17 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée au 17 février 2023 à 12 heures.
La communication du mémoire du préfet de la région Pays de la Loire, postérieurement à la clôture initialement prononcée, vaut réouverture implicite de l'instruction.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Gave, rapporteur public,
- et les observations de Me Blanchard, substituant Me Breton, représentant la S.C.A. de Beauchêne.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte notarié du 25 octobre 1984, Mme G F de la Verrerie a conclu un bail rural au profit de M. B H pour une durée de 18 ans portant sur une surface de 40,3691 hectares (ha) de terres agricoles situées sur le territoire des communes de Genneteil et Chigné, communes devenues depuis le 15 décembre 2016 communes déléguées de la commune nouvelle de Noyant-Villages. En 1985, M. B H a mis à disposition de la S.C.A. de Beauchêne lesdites parcelles. Le 16 novembre 2015, dans le cadre du remplacement du seul associé exploitant de la S.C.A., M. J D, par M. E I, la S.C.A. de Beauchêne a déposé une demande d'autorisation d'exploiter une surface de 294,24 ha de terres agricoles prises à bail, laquelle autorisation lui a été délivrée le 29 février 2016 par le préfet de Maine et Loire, alors compétent en la matière. Le 30 avril 2018, les ayants-droit de Mme F de la Verrerie, regroupés au sein de l'indivision C de Bellegarde, ont fait signifier à la S.C.A. de Beauchêne, sur le fondement de l'article L. 411-58 du code rural, un congé pour reprise des 40,3691 ha de terres mentionnées ci-dessus, au 1er novembre 2019, au profit de M. K C de Bellegarde. Parallèlement, celui-ci a présenté une demande d'autorisation d'exploiter ces parcelles concernées par l'exercice du droit de reprise, en tant qu'exploitant agricole à titre individuel. Ce dossier a été enregistré complet le 19 mars 2019 et une mise en publicité foncière des parcelles sollicitées a été effectuée le 18 avril 2019. Le 15 juin 2019, la S.C.A. de Beauchêne a adressé un courrier à l'attention de la direction départementale des territoires (DDT) de Maine-et-Loire, faisant état de sa situation de preneur en place desdites parcelles, de sa contestation du congé délivré par le propriétaire aux fins de reprise ainsi que de la compromission, par cette reprise, de la viabilité économique de son exploitation. A la suite de la demande formulée par M. C de Bellegarde d'exploiter les parcelles litigieuses et à défaut d'une réponse expresse de l'autorité administrative dans le délai de quatre mois mentionné à l'article R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime, une autorisation tacite d'exploiter ces parcelles a été octroyée à l'intéressé le 19 juillet 2019 par le préfet de la région des Pays de la Loire. Par la présente requête, la S.C.A. de Beauchêne demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'existence de vices de procédure :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 331-5 du code rural et de la pêche maritime : " I.- La commission départementale d'orientation de l'agriculture mentionnée à l'article R. 313-1 peut être consultée sur les demandes d'autorisation d'exploiter auxquelles il est envisagé d'opposer un refus pour l'un des motifs prévus à l'article L. 331-3-1. () / Les candidats, les propriétaires et les preneurs en place sont informés de la date d'examen des dossiers les concernant par la commission par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre récépissé ".
3. La S.C.A. de Beauchêne se prévaut des dispositions citées au point précédent pour soutenir que l'administration a manqué à ses obligations en s'abstenant de l'informer, en sa qualité de preneur en place, du dépôt par M. C de Bellegarde d'une demande d'autorisation d'exploiter. Toutefois, il est constant que l'autorité administrative n'a pas soumis cette demande d'autorisation d'exploiter, qui ne faisait l'objet d'aucune demande concurrente, à la commission départementale d'orientation de l'agriculture. Dès lors, elle n'a pas fait application de l'article R. 331-5 du code rural et de la pêche maritime, relatif aux modalités de consultation de cette commission. La société requérante ne peut, par suite, utilement invoquer la méconnaissance de cet article.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime : " I. - Le préfet de région dispose d'un délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier complet mentionnée dans l'accusé de réception pour statuer sur la demande d'autorisation. / Il peut, par décision motivée, fixer ce délai à six mois à compter de cette date, notamment en cas de candidatures multiples soumises à l'avis de la commission départementale d'orientation de l'agriculture ou de consultation du préfet d'une autre région. Il en avise alors les intéressés dans les meilleurs délais par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé. () / III. - Le préfet de région notifie sa décision aux demandeurs, aux propriétaires et aux preneurs en place par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé. Cette décision fait l'objet d'un affichage à la mairie de la commune sur le territoire de laquelle sont situés les biens. Elle est publiée au recueil des actes administratifs. / A défaut de notification d'une décision dans le délai de quatre mois à compter de la date d'enregistrement du dossier ou, en cas de prorogation de ce délai, dans les six mois à compter de cette date, l'autorisation est réputée accordée. En cas d'autorisation tacite, une copie de l'accusé de réception mentionné à l'article R. 331-4 est affichée et publiée dans les mêmes conditions que l'autorisation expresse. ".
5. La S.C.A. de Beauchêne reproche au préfet de la région Pays de la Loire de ne pas l'avoir informée, en sa qualité de preneur en place, de sa décision d'autoriser M. C de Bellegarde à exploiter les 40 ha de terres en litige, en méconnaissance des dispositions, citées au point précédent, du III de l'article R. 331-6 du code rural et de la pêche maritime. Toutefois, comme il a été dit, la demande présentée par M. C de Bellegarde a fait l'objet d'une autorisation tacite. Or, l'obligation faite au préfet, par lesdites dispositions, de notifier sa décision au preneur en place ne concerne que les décisions d'autorisation explicites. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que le préfet aurait méconnu ces dispositions.
En ce qui concerne les moyens tirés d'erreurs de droit et d'appréciation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime : " I.-Sont soumises à autorisation préalable les opérations suivantes : / 1° Les installations, les agrandissements ou les réunions d'exploitations agricoles au bénéfice d'une exploitation agricole mise en valeur par une ou plusieurs personnes physiques ou morales, lorsque la surface totale qu'il est envisagé de mettre en valeur excède le seuil fixé par le schéma directeur régional des exploitations agricoles () ". Aux termes de l'article L. 331-3 du même code : " L'autorité administrative assure la publicité des demandes d'autorisation dont elle est saisie, selon des modalités définies par décret. / Elle vérifie, compte tenu des motifs de refus prévus à l'article L. 331-3-1, si les conditions de l'opération permettent de délivrer l'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 et se prononce sur la demande d'autorisation par une décision motivée ". Enfin, aux termes de l'article L. 331-3-1 de ce code : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ;/ 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place () ".
7. La S.C.A. de Beauchêne soutient que le préfet, en délivrant l'autorisation d'exploiter demandée par M. C de Bellegarde, a méconnu les dispositions, citées ci-dessus, de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime, dès lors qu'il n'a pas tenu compte de sa qualité de preneur en place et de la mise en péril de son exploitation, réduite des 40 ha de terres repris par le susnommé. La société requérante qui, comme il a été dit, avait été autorisée en février 2016 à exploiter 294 ha de terres, expose qu'au 15 juin 2019, date de son courrier à la DDT faisant état de son opposition à la reprise des 40 ha envisagée par M. C de Bellegarde, l'indivision C de Bellegarde avait déjà récupéré la jouissance de 163 de ses 294 ha, suite à l'exécution d'un autre congé de bail rural notifié par exploit d'huissier le 28 avril 2015. Elle fait valoir que le projet de M. C de Bellegarde de reprendre 40 ha supplémentaires aboutissait ainsi à amputer son exploitation de 203 ha (163 + 40), ce qui risquait d'entrainer sa disparition. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, par un arrêt du 9 juillet 2019 devenu définitif, la cour d'appel d'Angers a annulé le congé de bail rural portant sur les 163 ha et a ordonné la réintégration immédiate de la S.C.A. de Beauchêne sur les parcelles concernées que la société avait restituées à leurs propriétaires. Par suite, la décision attaquée n'a eu pour effet que de ramener la surface exploitée par la S.C.A. de Beauchêne de 294 ha à 254 ha. Dans ces circonstances, il ne ressort pas de l'étude comptable produite par la société requérante, qui portait sur les conséquences d'une réduction de son exploitation de 200 ha, que la perte de 40 hectares, si elle devait induire une diminution du chiffre d'affaires, était de nature à compromettre la viabilité économique de son exploitation. Dans ces conditions, alors que la dimension économique de la S.C.A., après reprise des 40 ha litigieux, demeure, de surcroît, ainsi que le soutient le préfet en défense sans être sérieusement contredit, au-dessus du seuil de viabilité économique fixé par le schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA) des Pays de la Loire au coefficient économique par actif de 1,5, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait, en délivrant l'autorisation attaquée, méconnu les dispositions précitées de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime.
8. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 312-1 du code rural et de la pêche maritime : " () II.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe, compte tenu des orientations mentionnées au I du présent article, le seuil de surface au-delà duquel l'autorisation d'exploiter est requise en application de l'article L. 331-2.() III.-Le schéma directeur régional des exploitations agricoles établit, pour répondre à l'ensemble des objectifs et orientations mentionnés au I du présent article, l'ordre des priorités entre les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2, en prenant en compte l'intérêt économique et environnemental de l'opération. Les différents types d'opérations concernées par une demande d'autorisation sont l'installation d'agriculteurs, l'agrandissement ou la réunion d'exploitations agricoles et le maintien ou la consolidation d'exploitations agricoles existantes.() IV.- Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe les critères servant à l'appréciation de la dimension économique et de la viabilité des exploitations concernées par la demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2.().V.- Pour l'application du présent article, sont considérées comme concernées par la demande d'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 les exploitations agricoles du demandeur, des autres candidats à la reprise et celle du preneur en place ()".
9. D'autre part, l'article 3 du SDREA de la région des Pays de la Loire prévoit dix rangs de priorité au nombre desquels figurent notamment, en rang 4, l'" agrandissement pour confortation d'une exploitation () dont le coefficient économique par actif avant reprise est inférieur à 0,7, dans la limite d'un coefficient économique par actif après reprise de 1 et dans le cas d'une distance entre siège et parcelle à reprendre inférieure à 10 km ", en rang 9, " agrandissement d'une exploitation, ou réinstallation ou reconstitution d'une exploitation impactée à plus de 10 % et moins de 25% de la SAU totale initiale sur les 5 dernières années dont le coefficient économique par actif avant reprise est supérieur à 1 " et en rang 10 les " autres projets d'installation et autres cas ".
10. Aux termes de l'article L. 331-1-1 du code rural et de la pêche maritime : " Pour l'application du présent chapitre : / 1° Est qualifié d'exploitation agricole l'ensemble des unités de production mises en valeur, directement ou indirectement, par la même personne, quels qu'en soient le statut, la forme ou le mode d'organisation juridique, dont les activités sont mentionnées à l'article L. 311-1 ; / 2° Est qualifié d'agrandissement d'exploitation ou de réunion d'exploitations au bénéfice d'une personne le fait, pour celle-ci, mettant en valeur une exploitation agricole à titre individuel ou dans le cadre d'une personne morale, d'accroître la superficie de cette exploitation ; la mise à disposition de biens d'un associé exploitant lors de son entrée dans une personne morale est également considérée comme un agrandissement ou une réunion d'exploitations au bénéfice de cette personne morale () ".
11. Il résulte de ces dispositions que le préfet, saisi d'une demande d'autorisation d'exploiter des terres déjà mises en valeur par un autre agriculteur, doit, pour statuer sur cette demande, d'une part, observer l'ordre des priorités établi par le schéma directeur régional des structures agricoles entre la situation du demandeur et celle du preneur en place, alors même que celui-ci n'a déposé aucune demande en ce sens et, d'autre part, le cas échant, mettre en œuvre les critères de départage en cas d'égalité. Lorsque plusieurs personnes, au regard de ces critères, sont autorisées à exploiter les mêmes terres, la législation sur le contrôle des structures des exploitations agricoles est sans incidence sur la liberté du propriétaire des terres de choisir la personne avec laquelle il conclura un bail.
12. Il résulte des dispositions mentionnées ci-dessus que la comparaison des rangs de priorité entre deux exploitations agricoles n'est pas circonscrite aux seuls cas d'agrandissement mais s'applique également à la réunion d'exploitations agricoles et au maintien ou à la consolidation d'exploitations agricoles existantes impactées par une reprise, ce qui est le cas en l'espèce. Dans ce cadre, en application des dispositions du 1° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime, citées au point 6, l'autorisation d'exploiter peut-être refusée lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 du même code. Le préfet n'a donc commis aucune erreur de droit en procédant à la comparaison des rangs de priorité respectifs de M. C de Bellegarde et de la S.C.A. de Beauchêne.
13. En troisième lieu, contrairement à ce qui est soutenu par la S.C.A. de Beauchêne, cette détermination des rangs de priorité révèle que l'autorité administrative a bien procédé à un examen complet du dossier, alors même qu'elle n'a pas répondu au courrier de la S.C.A. du 15 juin 2019. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la déclaration 2022 effectuée par la société requérante au titre de la politique agricole commune, que cette dernière s'est vu reconnaître seulement une priorité de rang 9 dès lors que, exploitant, après la perte des 40 ha litigieux, une surface agricole utile de 255,44 ha en cultures dites de vente et ne comprenant qu'un seul associé exploitant, le coefficient économique par actif a été estimé à 2,43 pour une surface de 255,44 ha et de 2,82 pour une surface de 286,8091 ha. Par suite, sa situation n'était pas prioritaire par rapport à la demande de M. C de Bellegarde qui s'est vu reconnaître une priorité de rang 4, dès lors qu'après la restitution des 163,8649 ha à la S.C.A., la surface agricole utile exploitée par l'intéressé à titre individuel était ramenée à zéro avant reprise et à 40,3691 ha après reprise et que le coefficient économique par actif était nul avant reprise et s'élevait à 0,38 par actif après reprise. En tenant compte du fait que M. C de Bellegarde mettait en valeur, avant de reprendre les 40 ha litigieux, une surface agricole utile de 44,6665 ha en sa qualité d'associé unique de l'EARL Belle Garde, la dimension économique de l'ensemble des unités de production mises en valeur par l'intéressé était estimée à 0,35 avant reprise et à 0,73 après reprise. Il suit de là que le préfet, qui, dans le cadre de l'instruction de la demande d'autorisation d'exploiter sollicitée par M. C de Bellegarde, a bien analysé l'ensemble des possibilités de refus d'accorder cette autorisation au regard de la situation du preneur en place, n'a commis aucune erreur de droit ou d'appréciation en accordant tacitement cette autorisation d'exploiter.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la S.C.A. de Beauchêne n'est pas fondée à demander l'annulation de l'autorisation tacite d'exploiter accordée à M. C de Bellegarde.
Sur les frais liés au litige :
15. D'une part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la S.C.A. de Beauchêne au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
17. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'État peut être condamné aux dépens ".
18. En l'absence de dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, dans la présente instance, les conclusions de la S.C.A. de Beauchêne tendant à ce que ceux-ci soient mis à la charge de l'Etat ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la S.C.A. de Beauchêne est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la S.C.A. de Beauchêne, à M. K C de Bellegarde et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée au préfet de la région Pays de la Loire.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
M. Labouysse, premier conseiller,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
N. A
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
No 1912081
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026