jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1912180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 novembre 2019 et 10 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2019 par laquelle la directrice territoriale de l'Office de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil et ce, dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son avocat, Me Kaddouri, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il a respecté les exigences des autorités chargées de l'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation tirée du défaut de reprise en charge effective par l'Etat membre désigné responsable ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son état de vulnérabilité n'a pas été pris en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2022, le directeur général de l'Office de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé au rétablissement rétroactif du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du requérant à compter du 1er octobre 2019.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 novembre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée au 16 mai 2022.
Vu :
- l'ordonnance n°1912176, du 13 novembre 2019, du juge des référés du Tribunal ;
- l'ordonnance n°1913436, du 10 décembre 2019, du juge des référés du Tribunal ;
- l'ordonnance n°2000393, du 24 janvier 2020, du juge des référés du Tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né en 1999, a sollicité, le 3 juillet 2019, son admission au séjour au titre de l'asile auprès de la préfecture de Maine-et-Loire. Le relevé de ses empreintes digitales a révélé que l'intéressé avait, le 12 janvier 2017, demandé l'asile auprès des autorités italiennes. Par deux arrêtés du 19 juillet 2019, le préfet de Maine-et-Loire a en conséquence, d'une part, ordonné la remise de M. B aux autorités italiennes et, d'autre part, prescrit l'assignation à résidence de ce dernier, pour une durée maximale de quarante-cinq jours renouvelable. Le 24 septembre 2019, le préfet a déclaré l'intéressé comme étant en fuite. Par lettre du 25 septembre 2019, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé M. B de son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de 15 jours. Par décision du 25 octobre 2019, cette même directrice a prononcé la suspension des conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. B, à compter du même jour. Par une ordonnance n° 1912176 du 13 novembre 2019, le juge des référés du tribunal a enjoint au directeur de l'OFII de rétablir le versement à M. B de l'allocation pour demandeur d'asile dans un délai de 48 heures à compter de la notification de cette ordonnance. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal l'annulation de la décision du 25 octobre 2019.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Postérieurement à l'introduction de la requête, le directeur général de l'OFII a rétabli M. B dans son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à titre rétroactif, et a procédé au versement des sommes dues au titre de l'allocation pour demandeur d'asile sur les périodes au cours desquelles le requérant avait été titulaire d'une attestation de demande d'asile, soit de juillet 2019 à juillet 2020, puis de février à septembre 2021, ainsi qu'en attestent les pièces non contestées versées à l'instance. Dans ce cadre, par paiement exceptionnel, en février 2020, l'OFII a versé la somme de 1718,20 euros à M. B, ce versement comprenant, à titre rétroactif, l'allocation pour demandeur d'asile due pour la période comprise entre le 1er octobre et le 31 décembre 2019. Par suite, la décision attaquée du 25 octobre 2019 a été implicitement mais nécessairement retirée. En outre, l'intéressé a bénéficié desdites conditions jusqu'à la notification de la décision prise le 27 septembre 2021 par la Cour nationale du droit d'asile de rejet de sa demande d'asile. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision litigieuse ainsi qu'aux fins d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C B, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Martin, président,
M. Labouysse, premier conseiller,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
N. A
Le président,
L. MARTINLa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026