LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1912202

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1912202

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1912202
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantATLANTIC JURIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 novembre 2019 et le 18 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Tertrais, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2019 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Ouest l'a admis à la retraite d'office pour invalidité non imputable au service à compter du 1er septembre 2019 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de le réintégrer juridiquement, de reconstituer sa carrière, de régulariser sa situation administrative et financière et ce faisant, d'intégrer à compter du 23 septembre 2013 une période de droit à congé de longue durée, d'en tirer toutes les conséquences, notamment sociales, de lui verser l'intégralité des traitements qu'il aurait dû percevoir pendant cette période de congé de longue durée, majoré des intérêts légaux et de la capitalisation de ces intérêts, de statuer à nouveau sur sa situation à l'issue de ce congé de longue durée au regard de son droit au reclassement, de ses pathologies et de son taux d'invalidité s'il s'avère que son reclassement n'est pas possible ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée a été signée par une autorité compétente ;

- la décision attaquée, qui indique qu'il a épuisé la totalité de ses droits à congés de maladie, est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il aurait dû bénéficier du congé de longue durée prévu par l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- elle méconnaît l'obligation de reclassement prévue par les dispositions de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article 40 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 13 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, la commission de réforme n'ayant pas été saisie préalablement à cette décision ; en outre, la commission de réforme ne peut être considérée comme ayant valablement exprimé un avis le 2 mars 2017 sur la mise à la retraite d'office pour invalidité litigieuse ; ses droits devant cette commission ont été méconnus et sa composition était irrégulière ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 ; ses droits ont été méconnus et la composition du comité médical était irrégulière.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2020, le préfet délégué pour la défense et la sécurité Ouest conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 ;

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Frelaut,

- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,

- et les observations de Me Tertrais, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, fonctionnaire de police depuis le 1er décembre 2000, au grade de brigadier, était affecté à la circonscription de sécurité publique de la Roche-sur-Yon. Affecté d'une pathologie physique invalidante à la suite d'un accident domestique survenu pendant l'été 2013, qui lui a occasionné une rupture du tendon du biceps brachial, M. B a été en arrêt de travail à compter du 24 septembre 2013. Par un arrêté du 8 décembre 2016, après avis du comité médical interdépartemental du 1er décembre 2016, M. B a été placé en congé de longue maladie pour une première période d'un an, à plein traitement, du 24 septembre 2013 au 24 septembre 2014. L'article 3 de ce même arrêté a fixé une deuxième période de congé de longue maladie d'un an du 24 septembre 2014 au 23 septembre 2015 et l'article 4 une ultime période d'un an du 24 septembre 2015 au 23 septembre 2016, toutes deux à demi-traitement. Par ce même arrêté, M. B a enfin été placé en disponibilité d'office du 24 septembre au 31 décembre 2016. Par des arrêtés des 18 avril 2017, 30 juin 2017, 12 janvier 2018 et 3 mai 2018, le préfet délégué pour la défense et la sécurité Ouest a maintenu M. B en disponibilité d'office, du 1er janvier 2017 au 31 août 2018. Par un jugement n° 1705154, 1705265, 1708823, 1802763 et 1805932 du 23 juin 2020, le tribunal a annulé les arrêtés du préfet délégué pour la défense et la sécurité Ouest du 8 décembre 2016, du 18 avril 2017, du 30 juin 2017, du 12 janvier 2018 et du 3 mai 2018 en raison de l'illégalité de la décision de placement initial en disponibilité d'office, M. B n'ayant pas été invité à présenter une demande de reclassement préalablement à cette décision. Par un arrêté du 12 avril 2019, le préfet délégué pour la défense et la sécurité Ouest a maintenu M. B en disponibilité d'office pour une durée d'un an, comprise entre le 1er septembre 2018 et le 31 août 2019. Par un arrêté du 23 septembre 2019, la préfète de la zone de défense et de sécurité Ouest l'a admis à la retraite d'office pour invalidité non imputable au service, à compter du 1er septembre 2019. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant admission à la retraite d'office pour invalidité non imputable au service :

2. Aux termes de l'article 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ; dans ce dernier cas, la radiation des cadres est prononcée sans délai si l'inaptitude résulte d'une maladie ou d'une infirmité que son caractère définitif et stabilisé ne rend pas susceptible de traitement, ou à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si celle-ci a été prononcée en application du 2° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée ou à la fin du congé qui lui a été accordé en application des 3° et 4° du même article 34. L'intéressé a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° du I de l'article L. 24 du présent code, sous réserve que ses blessures ou maladies aient été contractées ou aggravées au cours d'une période durant laquelle il acquérait des droits à pension. Par dérogation à l'article L. 16 du même code, cette pension est revalorisée dans les conditions fixées à l'article L. 341-6 du code de la sécurité sociale. ".

3. Aux termes de l'article 13 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version en vigueur : " La commission de réforme est consultée notamment sur : () / 6. L'application des dispositions du code des pensions civiles et militaires de retraite. () ". Aux termes de l'article 19 de ce décret : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. / Les avis sont émis à la majorité des membres présents. / Lorsqu'un médecin spécialiste participe à la délibération conjointement avec les deux praticiens de médecine générale, l'un de ces deux derniers s'abstient en cas de vote. / La commission de réforme doit être saisie de tous témoignages rapports et constatations propres à éclairer son avis. / Elle peut faire procéder à toutes mesures d'instruction, enquêtes et expertises qu'elle estime nécessaires. / Le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. / La commission de réforme, si elle le juge utile, peut faire comparaître le fonctionnaire intéressé. Celui-ci peut se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par la commission de réforme. / L'avis formulé en application du premier alinéa de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite doit être accompagné de ses motifs. / Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix. / L'avis de la commission de réforme est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ; / Le secrétariat de la commission de réforme est informé des décisions qui ne sont pas conformes à l'avis de la commission de réforme. ".

4. Il résulte de ces dispositions que la commission de réforme doit être consultée préalablement à l'admission d'office d'un fonctionnaire à la retraite pour invalidité non imputable au service, prévue par les dispositions précitées de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, et que le fonctionnaire doit être informé, avant la tenue de cette commission, de la date à laquelle elle examinera son dossier, de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin et la personne de son choix.

5. Il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme s'est prononcée, lors de sa séance du 2 mars 2017, par un avis émis à la majorité de ses membres présents, favorablement à l'admission à la retraite d'office de M. B pour invalidité non imputable au service. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait, préalablement à cette commission, été informé de la date d'examen de son dossier, de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin et la personne de son choix. Compte tenu du caractère contradictoire de la procédure prévue par les dispositions précitées, cette irrégularité a été de nature à priver le requérant d'une garantie. Par suite, l'arrêté attaqué doit être annulé en raison de ce vice de procédure.

6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 23 septembre 2019 portant admission de M. B à la retraite d'office doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 23 septembre 2019 de la préfète de la zone de défense et de sécurité Ouest est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à l'administration de procéder au réexamen de la situation de M. B, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet délégué pour la défense et la sécurité Ouest.

Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Degommier, président,

Mme Frelaut, première conseillère,

Mme Martel, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

La rapporteure,

L. FRELAUT

Le président,

S. DEGOMMIERLa greffière,

F. ARLAIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions