LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1912396

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1912396

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1912396
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantLAMY-RABU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 novembre 2019, M. H I, représenté par Me Lamy-Rabu, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2019 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale ";

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité compétente ;

- la décision attaquée méconnaît l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2021, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Par une ordonnance du 18 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 septembre 2022.

Vu :

- le jugement n° 1810924 du 21 mars 2019 du Tribunal ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. I, ressortissant nigérian né le 1er février 1988, déclare être entré en France le 28 juillet 2012. Sa demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par une décision du 31 juillet 2013 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 3 septembre 2014 de la Cour nationale du droit d'asile. Il a, par la suite, obtenu un titre de séjour en qualité " d'étranger malade " qui a été renouvelé jusqu'au 25 octobre 2018. Par un arrêté du 18 octobre 2018, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler une nouvelle fois ce titre, a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel l'intéressé pourrait être reconduit d'office lorsque ce délai serait expiré ou tout autre pays pour lequel il établirait être admissible. Par jugement du 21 mars 2019, n° 1810924, le Tribunal a annulé cette décision au motif de l'atteinte portée à l'intérêt supérieur des enfants de M. I, nés en 2016 et 2018, qui se sont vu reconnaître le statut de réfugié, de même que leur mère, Mme B D alias F C. Dans le cadre de l'instruction de la demande de titre de séjour à laquelle il a procédé en vue de régulariser la situation du requérant, le préfet de Maine-et-Loire a relevé que le passeport produit était contrefait et que M. I ne justifiait pas de son identité comme l'exigent les dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par décision du 2 juillet 2019, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant a alors formé un recours gracieux le 30 août 2019, lequel a été rejeté par courrier du 13 septembre 2019. M. I demande au Tribunal d'annuler la décision du 2 juillet 2019.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. G E, attaché, chef du bureau de l'asile à la direction de l'immigration et des relations avec les usagers à la préfecture de Maine-et-Loire, lequel bénéficiait d'une délégation à cette fin, qui lui a été accordée par l'article 2 de l'arrêté SG/MPCC n°2019-119 du 27 juin 2019 du préfet de Maine-et-Loire publié dans le recueil des actes administratifs du département du 28 juin suivant. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque donc en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité et, le cas échéant, de ceux de son conjoint, de ses enfants et de ses ascendants. ". Aux termes de l'article L. 111-6 du même code : " () La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

4. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

5. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour, le préfet de Maine-et-Loire s'est notamment fondé sur un rapport d'analyse technique des services de la police aux frontières du 6 juin 2019, lequel conclut expressément à la falsification et à la contrefaçon du passeport présenté par M. I. Ce rapport d'investigation relève une page d'état civil contrefaite en mode impression toner, une puce électronique altérée volontairement qui est devenue inexploitable et une seconde ligne de la bande ZLA ne comportant aucune clef de sécurité valide. M. I qui s'est borné à déclarer, lors de son audition par les services de police, le 24 septembre 2019, consignée dans le procès-verbal du même jour, que les démarches faites auprès des autorités nigérianes ont été accomplies par son frère directement, sans justifier des documents fournis pour obtenir ce passeport ni de justificatifs des démarches accomplies, n'apporte aucune explication probante sur ces anomalies démontrant la fraude documentaire. En outre, contrairement à ce que soutient l'intéressé, l'attestation de nationalité établie par l'ambassade du Nigeria a Paris le 22 septembre 2015, se borne à confirmer sa nationalité mais ne constitue pas un document d'état civil probant, aucune information relative aux documents qui auraient été présentés pour obtenir cette attestation n'étant d'ailleurs apportée. Au surplus, il y est mentionné que le lieu de naissance du requérant est St-Saviour, à Benin City, ce qui ne correspond pas au lieu de naissance, indiqué dans les dossiers de l'OFPRA et de la CNDA, versés à l'instance par le préfet, de celui dont il est indiqué, sans que cela ne soit contesté par M. I, qu'il s'agit, selon les dires de celui-ci, de son frère jumeau, M. J I, qui déclare être né à Lagos, ville distante de Bénin City de 250 km. Enfin, alors même que M. I indiquait, lors de son audition par les services du commissariat de police de Cholet, être en mesure de fournir des preuves de son identité dans un délai de trois semaines, aucune pièce justifiant de son identité n'est versée à l'instance. Dès lors, c'est en faisant une exacte application des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de Maine-et-Loire a estimé que M. I ne pouvait pas légalement attester de son identité dans les conditions prévues par ces dispositions et a refusé pour ce motif de lui délivrer un titre de séjour.

6. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits de libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Si le requérant soutient que le centre de ses intérêts personnels et familiaux est fixé en France, dès lors notamment qu'il serait le père de deux enfants nés de son union avec une compatriote avec laquelle il vit, tous les trois ayant obtenu le statut de réfugié, il n'est pas fondé à se prévaloir de ces liens familiaux, alors qu'il n'est pas en mesure de justifier de son état civil et donc de son identité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté dès lors que le lien de filiation avec les deux enfants dont le requérant soutient être le père n'est pas établi, en l'absence de justificatif de l'identité de l'intéressé. Au demeurant, le refus de séjour du 2 juillet 2019 n'a pas d'incidence sur l'intérêt supérieur de ses enfants dans la mesure ou aucune mesure d'éloignement n'est prononcée à son encontre.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. I à fin d'annulation de la décision préfectorale du 2 juillet 2019 ne peuvent qu'être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction correspondantes et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. I est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H I, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Lamy-Rabu.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

M. Labouysse, premier conseiller,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

La rapporteure,

N. A

Le président,

L. MARTINLa greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

V. Malingre

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions